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ROMAN - Le "Journal d’une femme adultère" chez les juifs maroco-américains

Par Parler Darija | Publié le 27/09/2007 à 02:00 | Mis à jour le 13/11/2012 à 11:09
Une des plus importantes communautés juives d'origine marocaine est installée aux Etats-Unis. C'est ce milieu juif américain en général, et dans toute sa complexité, qui sert de cadre au dernier roman de Curt Leviant, "Journal d'une femme adultère"

Comme le rappelait le petitjournal.com de Casablanca de fin août dans une série de deux reportages, la présence juive au Maroc remonte bien avant l'occupation romaine et a fortement influencé la culture locale. Les Marocains juifs ne sont plus aujourd'hui que quelques milliers, essentiellement concentrés sur la ville de Casablanca. Nombre d'entre eux ont quitté leur pays pour constituer une des diasporas les plus importantes du monde.
Des villes anciennes comme Essaouira, Fès ou Tanger ont su conserver leur mellah, quartier juif que l'on peut encore visiter et l'artisanat marocain regorge de détails d'origine juive qui ont été préservés, en particulier dans les motifs ornementaux des tapis. Personne n'ignore que feu S.M. Mohammed V a protégé ses sujets juifs en refusant d'appliquer les lois antisémites du régime de Vichy et les personnes que cela intéresse peuvent lire dans l'hebdomadaire marocain Telquel (exemplaire paru au mois de juin) un article de Hassan Hamdani fort bien documenté sur le sujet.
Beaucoup de personnalités brillantes et variées ont des origines juives marocaines : André Azoulay, Abraham Serfaty, Elie Moyal, bien sûr mais aussi, Richard Anconina, Gad El Maleh, David Guetta, Roger Karoutchi? pour ne citer qu'eux. Il suffit de prononcer le mot dafina pour faire venir la larme à l'?il et l'eau à la bouche de tout juif marocain dans le monde entier.

Un vaudeville passionnant
De juifs d'origine marocaine et même de dafina, il en est question dans le roman de Curt Leviant, même si c'est en termes caricaturaux, pour les besoins de la cause. Personnage de ce vaudeville passionnant, le mari jaloux et brutal de la belle Aviva, "l'Arabe", possède une compagnie de taxis à New York et a beaucoup de difficultés à concilier intégration et tradition. Professeur de violoncelle, Aviva parait trente-neuf ans. Elle séduit tous les hommes qui l'approchent et recherche l'amour plus que le plaisir. Guido et Charlie, amis d'enfance, succomberont tour à tour à ce charme, l'un envieux de la relation amoureuse et charnelle que l'autre lui décrit.
Tout pour être heureuse direz-vous ? Pas si simple ! A trop vouloir approcher la lumière, le papillon se brûle les ailes. Maniant érotisme, humour et émotion, ce roman magnifique n'est pas sans en rappeler un autre, publié dans la même maison, "Eloge des femmes mûres"de Stephen Mizinczey, qui a eu un succès retentissant. La petite et éclectique maison d'édition littéraire Anatolia nous habitue à des romans élégants et racés qui nous ravissent. Loin des batailles pour les grands prix littéraires, "Journal d'une femme adultère", traduit de l'américain, se lit facilement et dépeint de belles vérités sur le sentiment amoureux qui fait tourner la planète.
Isabelle GIRAUDET. (www.lepetitjournal.com - Casablanca) jeudi 27 septembre 2007
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