Mercredi 12 août 2020

PROFESSEUR DE FLE - Entre langue française et "envies d'ailleurs"

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 02/10/2011 à 04:51 | Mis à jour le 14/11/2012 à 14:30

Mêler le goût du voyage à celui de la pédagogie et de la langue française, c'est ce que propose le diplôme de professeur en Français de Langue Etrangère. Au terme d'un cursus universitaire (classique ou par correspondance), les jeunes diplômés peuvent choisir d'enseigner en France ou à l'étranger

Le lycée français René Descartes de Phnom Penh a lui aussi besoin des compétences des professeurs de FLE (Crédit photo : Laure Delacloche)

Etudier en France ...
Les professeurs de Français Langue Etrangère (FLE) exercent en France auprès d'étrangers, ou à l'étranger dans des structures proposant des cours de français. Certains, après une licence en langue, sont également en mesure d'enseigner une langue étrangère à des Français. C'est le cas de Marion Chasserio, étudiante à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales en japonais. Celle-ci détaille son parcours : elle possède une licence en japonais doublée d'une option en FLE. Durant deux ans, elle a suivi un cursus complet mêlant la linguistique à la pédagogie : les différentes méthodes d'enseignement n'ont plus de secret pour elle et elle est également capable d'animer un cours à l'aide des nouvelles technologies. La jeune femme a également suivi des leçons d'histoire et de culture car le professeur de FLE doit également être un vecteur de connaissances culturelles. Ce métier attire fréquemment des jeunes personnes en quête de voyage, même si la profession est réputée pour la faiblesse de ses salaires et sa précarité : rares sont les contrats à durée indéterminée. Cependant, les options FLE se multiplient et les facultés françaises sont désormais nombreuses à la proposer.

... et exercer à l'étranger
Thomas Armand, 25 ans, enseigne le FLE au lycée français René Descartes de Phnom Penh. Après une licence d'histoire, il se dirige vers le CAPES mais le jeune homme a "des envies d'ailleurs". Il entend parler du diplôme de professeur de FLE par bouche à oreille et s'inscrit à la faculté de Nanterre en master de diffusion du français. Ce dernier enjeu l'attire. Sa faculté lui propose alors d'effectuer un stage pour le ministère des Affaires Etrangères : parmi la liste de destinations proposées, Thomas Armand hésite entre l'Afghanistan et le Cambodge. C'est ce dernier qui l'emporte finalement. En juin dernier, il termine son stage de coordinateur pédagogique au service de la coopération militaire. Puis, il propose ses services à l'Institut Français et est ensuite contacté par le lycée René Descartes. Aujourd'hui, il prend en charge certains élèves du collège et du lycée qui ont besoin d'améliorer leur langue française : "le but, c'est qu'ils sachent faire des dissertations, etc." Car si certains élèves sont complètement bilingues, "certains ont de légers problèmes de syntaxe". Pour pouvoir mieux aider les élèves, le jeune professeur reconnaît qu'une connaissance du khmer lui est utile. Ainsi, il peut traduire certains mots et établir un meilleur contact avec les élèves. Il est également conscient des difficultés précises que rencontrent les apprenants cambodgiens : "la phonétique pose problème, la différence entre le son "che" et le son "je" par exemple..."

Entre précarité et liberté
Les besoins en FLE sont variés et nombreux au Cambodge car le nombre d'apprenants est élevé. Les professeurs de FLE peuvent ainsi être embauchés par l'Institut Français, par des organisations non gouvernementales (ONG) ou même par contrats locaux. Cependant, le travail proposé est souvent à temps partiel et se présente sous forme de vacations, induisant une certaine précarité. "Tu ne sais pas trop où tu vas", reconnaît le jeune homme, en relativisant tout de même : "tu peux aller où tu veux !". Le professeur a du mal à recenser les inconvénients de son métier, si ce n'est celui de l'instabilité dû à la mobilité : "les salaires ne sont pas toujours énormes et fixes". Ici, son salaire s'élève à 750 dollars pour un mi-temps. Il travaille donc également à l'Institut Français et à l'Université Royale de Droit et Sciences Economiques. Le jeune homme évoque également la difficulté de construire une vie de famille.  Quand il évoque l'avenir, il se projette donc davantage comme coordinateur pédagogique, ou, à plus-long terme, comme directeur d'une institution. Il conclut par un conseil : "Il ne faut pas faire ce métier par défaut, il faut avoir envie de bouger."

Laure Delacloche (www.lepetitjournal.com/cambodge) lundi 3 octobre 2011

www.fle.fr

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