Vendredi 24 mai 2019
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

COMMUNAUTE – Un vendeur de crêpes au marché de nuit

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 02/12/2011 à 00:00 | Mis à jour le 05/01/2018 à 08:30

Philippe a installé son stand au marché de nuit il y a maintenant 4 mois. Il y vend des crêpes sucrées. Rencontre avec ce Français qui fait découvrir le patrimoine culinaire français aux khmers, trois soirées par semaine

Philippe installe son stand à l'entrée du marché de nuit et déballe les crêpes qu'il n'a plus qu'à faire réchauffer. (crédit photo : Laure Delacloche)


Nous sommes dimanche soir, la nuit n'est pas encore tombée et déjà Philippe a installé son stand : sur une nappe rayée trônent une plaque de cuisson et une crêpière Tefal. Depuis la fin du mois de juillet, il vend environ 60 crêpes par soirée. Celles-ci sont toutes préparées à l'avance pour des questions... d'odeur : les commerçants aux alentours ont craint que l'odeur de la crêpe n'imprègne les tissus qu'ils vendent.
Philippe est venu au Cambodge pour des raisons pratiques : résident en Thaïlande depuis un an, il avait besoin de faire renouveler son visa tous les trois mois. Il a alors pris l'habitude de venir à Phnom Penh, où il a rencontré la communauté expatriée.

C'est lors de ses séjours qu'il repère le marché de nuit et que l'idée d'un commerce de crêpes lui vient : "Il n'était pas question d'ouvrir une crêperie. Depuis, des investisseurs m'ont contacté mais je préfère être indépendant". En Thaïlande, il lui aurait été interdit d'exercer un tel métier, même si les essais qu'il avait conduit sur place étaient concluant. Ici, il s'est arrangé avec les autorités du marché de nuit et eux "se débrouillent".

A clientèle khmère, recettes particulières ?

Si d'un soir à l'autre la structure des visiteurs du marché évolue, la plupart de ses clients sont khmers. Pour certains, c'est la première fois qu'ils goûtent à ce fleuron de la cuisine française. Cette habitude alimentaire a, elle aussi, son histoire : "Avant Pol Pot, les intellos mangeaient des crêpes dans les restaurants". Une habitude que Philippe est bien décidé à faire revivre. Afin d'atteindre son objectif, il a dû quelque peu revoir sa carte : la crème de marron et la compote de pomme n'ayant remporté qu'un succès mitigé, il les a retiré de son affichette au profit ... du lait concentré sucré, à la demande de certains cambodgiens. Hérésie à nos yeux français, compensée cependant par une constante (sur tous les continents ?) : "La crêpe au Nutella, c'est celle qui part le mieux pourtant c'est la plus chère : elle est à 1,50 dollars. Mais le pot, je l'achète 4,80 dollars, alors... Enfin, j'en mets beaucoup", se justifie ce français qui n'a rien d'un breton. En effet, il a grandi à Paris, où sa mère était crêpière dans un jardin public : "Elle avait des balançoires, elle vendait des bonbons aussi... C'est elle qui m'a appris à faire les crêpes". D'une famille modeste donc, il quitte tôt les bancs de l'école et sera autodidacte. Il vend des télévisions, de la hi-fi, etc. pendant toute sa carrière. Au total, il a déjà passé 2 ou 3 ans en Asie. Quand il cherche une activité pour se lancer, il lui paraît alors naturel de choisir dans la crêpe : " Autant faire ce qu'on sait bien faire. La crêpe, je la fais bien".

Développer la crêpe au Cambodge
Philippe souligne cependant : "Ca marche bien, mais je n'en vis pas". Le principal obstacle ? "Le marché est limité : les gens n'ont pas d'argent. La plupart viennent au marché de nuit pour le show. Sur 100 clients, un ou deux achètent". Il aurait voulu s'installer sur le quai Sisowath, où le succès de son entreprise n'aurait fait, selon lui, aucun doute. Qu'importe, Philippe a un plan : "Je voudrais développer la vente mobile, aménager ma moto avec une plateforme à l'arrière pour aller là où les khmers roulent en Lexus, à la sortie des universités, etc.". En attendant, il espère embaucher une khmère pour s'occuper du stand au marché de nuit.

Laure Delacloche (
www.lepetitjournal.com/cambodge) Vendredi 2 décembre 2011

0 Commentaire (s)Réagir

Expat Mag

La miraculée des cimes Elisabeth Revol signe un double exploit dans l'Himalaya

Un an et demi après avoir échappé à la mort dans l'Himalaya, la Française Élisabeth Revol a gravi coup sur coup deux sommets mythiques, l'Everest et le Lhotse, un exploit pour cette miraculée des ...

Sur le même sujet