COMMUNAUTÉ - Grandir au Cambodge : une histoire d’amour

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 24/04/2010 à 00:00 | Mis à jour le 25/04/2010 à 13:33

Il n'est pas toujours facile, lorsque l'on est de ces familles expatriées, de s'adapter tous les deux ans à un nouveau pays étranger, ou d'être arraché à ses habitudes françaises pour voguer vers des horizons inconnus. Le Cambodge cependant, remporte tous les suffrages pour élever ses enfants

La belle vie et juste une pincée d'ennui
"Mes enfants ne voulaient pas quitter la France", nous confie cette maman installée au Cambodge avec ses trois jeunes enfants depuis la rentrée, "mais une fois arrivés... le temps d'adaptation: 24 heures !" Un sentiment que partage la majorité des parents expatriés, quelle que soit l'âge de leurs enfants. Les groupes d'amis se forment facilement, des soirées pour les ?nouveaux' sont organisées dès la rentrée à la demande des ?anciens', l'ambiance est joyeuse. Mieux, les enfants jouissent d'une liberté plus importante qu'en France, liberté qui vient compenser le manque de diversité dans les activités possibles au Cambodge. "Mes ?grands' vont boire des coups dans les bars à filles", nous dit une autre mère, résignée à faire ce constat, "ça peut choquer mais il faut dire les choses comme elles sont. Il n' y a que là qu'ils peuvent se retrouver". De fait, les adolescents de plus de 15 ans fréquentent déjà les boîtes de nuit, une permission que certaines mères n'auraient pas donnée ailleurs. Seule mesure obligatoire, se faire ramener en voiture le soir, ou appeler son tuk tuk de confiance.

Les enfants et le rugby
Pas facile de pratiquer un sport à Phnom Penh, même le foot. Ici, la ville ne bat que pour le rugby. Une nouvelle qui nous fait penser que les enfants doivent être bien frustrés de ne pas avoir l'embarras du choix. Il n'en est rien : "Ils s'y mettent tous. Même les filles !", s'exclame un parent d'élève. Cyril Ferron, Conseiller Principal d'Education et Proviseur Adjoint du lycée français Descartes, nous explique que l'association rugby est très bien organisée et propose des rencontres sportives stimulantes. Outre la bonne ambiance qui règne entre les membres, cette activité permet de rencontrer des joueurs d'autres lycées et crée le sentiment d'une meilleure intégration. Les équipes masculine et féminine ont d'ailleurs remporté en mars dernier le tournoi inter-lycées de Hanoi! Des événements qui mettent en liesse tout ce petit monde.

Les enfants et l'école
L'école joue un rôle important dans la bonne intégration des enfants. Avec 400 élèves en primaire et 200 en secondaire, tous peuvent bénéficier d'une prise en charge adaptée. Selon Cyril Ferron, de "tous les connaître par leur prénom rend le contact moins impersonnel, plus rassurant". Cette ambiance familiale présente jusqu'au sein du lycée permet aux enfants expatriés en rupture scolaire de revenir à un niveau correct. "Le Cambodge a une bonne influence sur les enfants", note encore Cyril Ferron, "ils y trouvent un certain équilibre du fait du bon encadrement dispensé au lycée".

A titre d'exemple, les élèves directement arrivés de France ont souvent un niveau d'anglais moins bon que les autres. Pour eux, des cours de soutien sont organisés afin qu'ils puissent rapidement rattrapé le niveau de leurs camarades. Le niveau des classes est ainsi relativement homogène, ce qui permet une meilleure cohésion entre les enfants, et donc, une meilleure intégration.

La grande lacune du Cambodge vient de la difficulté pour les élèves à trouver des informations concernant leur future orientation. Un manque qui peut être assez handicapant pour les enfants arrivant dans le pays en année de Première ou Terminale, même si le personnel éducatif tente de combler cette carence par l'organisation de ?carrefours des métiers'.

Finalement, il a été constaté qu'il est beaucoup plus facile pour les enfants de s'intégrer au Cambodge que de se réadapter à la France. En ayant grandi librement dans une communauté privilégiée et attentive à leur bon épanouissement, beaucoup se sont en effet sentis dépassés lorsque, jeunes étudiants, il a fallu se presser dans les amphis bondés.

Elodie LLanusa (www.lepetitjournal.com/cambodge.html) lundi 26 avril 2010

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Raphael Ferry

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