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Une fête musicale pour rendre hommage à l'ange du rock'n'roll khmer

Par Thibault BOURRU | Publié le 08/05/2018 à 20:00 | Mis à jour le 08/05/2018 à 20:00
channthy-hommage-soirée-mémoire-fête

Une soirée en l'hommage de la chanteuse Kak Channthy, décédée le 20 mars dernier, était organisée vendredi soir dans la célèbre rue festive de Bassac Lane. Les bars de la 308, le Boutier, Underground, Krama, et le Red Bar, à l'initiative de cette soirée, ont invité nombre d'artistes proches de l'étoile du rock'n'roll khmer. Tous les bénéfices de cette soirée ont été reversés aux « Fonds commémoratif Kak Channthy. »

L'ange contemplait assurément cette fine rue de Bassac Lane, vendredi soir, où plus de 1200 personnes sont venues lui rendre hommage. Dès le départ, l'ambiance est de mise face à l'habituelle scène, montée dans la rue 308. Ce jour-là c'est très spécial. Le fils de Channthy, 13 ans, est présent à côté de l'estrade. « C'est très dur pour lui, il s'est retrouvé seul. Nous l'avons recueilli, pas pour lui apprendre le métier mais simplement par amour », explique Seth Ym, gérant du Boutier et grand ami de l'artiste disparue. 

21:00 - Le show bat son plein dans la rue 308, entre pop, rock'n'roll, ou encore variété cambodgienne, les styles sont variés. Dans les bars le rush se fait sentir. Seth Ym s'occupe de confectionner les cocktails pour les clients. Leurs sourires teintés de quelques larmes sont communicatifs. Il échange quelques mots avec ceux venus témoigner leur soutien et leur force. « Elle a été la première à exporter notre culture musicale. C'est une grosse perte pour le Cambodge. En plus d'être une artiste exceptionnelle, elle avait un grand cœur, elle n'était pas du tout superficielle, exprime-t-il ému. À cette soirée, on veut véhiculer ses valeurs de partage. Nous sommes ici pour nous souvenir de ce qu'elle a fait. » 

L'accès d'un bout à l'autre de la rue est difficile tant la foule, nombreuse, se prend de passion pour la musique proposée sur scène. Sur le côté, un établi est installé. Une vendeuse affiche des vêtements et disques à l'effigie de Channthy et de son groupe : le Cambodian Space Project. Les lanternes multicolores, installées à quelques mètres du sol, se réverbèrent sur les pochettes d'album.

 

pochette d'album

 

Sur la scène, une artiste ambiance particulièrement la rue. Des « mwuj tiet, mwuj tiet, mwuj tiet ! » retentissent de la foule. La rappeuse khmère Lisha était particulièrement proche de Channthy, « elle était comme ma sœur », explique-t-elle.

Au détour d'un restaurant de la 308, humant particulièrement les grillades, Lisha propose de s'écarter. Les enceintes pourraient nuire à la compréhension. Elle et Channthy sont des pionnières, chacune dans leur domaine musical. Le rap pour Lisha, le rock'n'roll pour sa « sœur. » À fond sur scène, elle apparaît ici très affectée, le regard triste, parfois vide. « Nous avons passé toute notre vie ensemble. Nous parlions tous les jours, nous nous voyions pour discuter de nos projets, notre musique. Elle était contente pour moi à chaque fois que j'avançais. Elle ne m'a jamais jugée. Nous étions connectées. Je ne sais pas si je réalise ce qu'il s'est passé. Le lendemain de sa mort beaucoup de gens sont venus nous voir. Pour pleurer simplement. Les mots ne sortaient pas. »

Cette soirée était pour tous, proches de Channthy, une nécessité pour ne pas oublier. Elle est partie trop tôt, comme beaucoup. Son engagement pour son pays restera dans les mémoires de ses proches et de ceux qu'elle a côtoyés. « Les fonds seront reversés à sont fils, conclut Lisha. Elle a toujours voulu le meilleur pour lui comme pour tous ses proches. Nous ne le laisserons pas seul. »

 

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