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Les Cambodgiens appelés aux urnes dimanche 29 juillet

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 26/07/2018 à 20:10 | Mis à jour le 26/07/2018 à 20:10
Photo : Des soutiens du Parti du peuple cambodgien, le 7 juillet 2018 à Phnom Penh. Crédits : Juliette Buchez
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Les électeurs cambodgiens sont appelés aux urnes dimanche 29 juillet pour élire leurs députés. Le Parti du peuple cambodgien, au pouvoir depuis les accords de Paris de 1993, est le grand favori en l’absence du principal parti d’opposition, dissous en novembre dernier.

Véhicules parés d’autocollants, drapeaux, affiches, polos, casquettes… depuis le lancement de la campagne électorale samedi 7 juillet, le logo du Parti du peuple cambodgien (CPP) est devenu omniprésent à Phnom Penh. Alors que la campagne s’achève vendredi 27 juillet à minuit au terme d'une journée marquée par un rassemblement du CPP qui doit rassembler plus de 250 000 personnes dans le capitale, le parti du premier ministre est le grand favori du scrutin.

Le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), qui était le principal parti d’opposition, a été dissous en novembre dernier, accusé de trahison en collusion avec des puissances étrangères. Lors des dernières élections législatives, le CNRP avait réuni 44,34 % des voix, contre 49,36% pour le parti du premier ministre. Hun Sen, au pouvoir depuis 33 ans, a déclaré qu’il souhaitait gouverner dix ans de plus.

Stabilité et développement ont été les deux grands mots d’ordre du CPP durant cette campagne. Le parti au pouvoir a régulièrement souligné son bilan en matière de croissance économique soutenue, tout en avançant qu’il était le seul parti à même de garantir la paix dans le pays et d’empêcher un retour de la guerre civile.

La France appelle ses ressortissants à éviter les rassemblements

Mercredi 25 juillet, le ministère français des affaires étrangères a publié sur son site une déclaration recommandant de se tenir à distance des manifestations, réunions publiques et autres rassemblements.

Selon des propos rapportés par le Khmer Times, un porte-parole du ministère de l’Intérieur a déclaré que « depuis que le CNRP a été dissous, il n’y a aucun problème. Nous savons qu’il n’y aura aucun problème ». 5000 policiers seront chargés d’assurer l’ordre et la sécurité dans la capitale dimanche 29 juillet. Au total, le gouvernement va déployer environ 80 000 forces de sécurité pour ces élections.

Les autorités cambodgiennes ont annoncé mardi la présence de 220 observateurs internationaux provenant de 52 pays. L’Union européenne et les Etats-Unis avaient annoncé l’arrêt de leur soutien au Comité électoral national et leur refus d’envoyer des observateurs en novembre 2017, à la suite de la dissolution du CNRP. Le Japon, qui continue de fournir un soutien à l’organisation des élections, a quant à lui annoncé mercredi qu’il n’enverra pas d’observateurs.

Le gouvernement vent debout contre l’abstention

Le gouvernement cambodgien incite depuis plusieurs mois les électeurs à voter durant les prochaines élections. Les salariés et étudiants vont notamment pouvoir bénéficier de trois jours de congés afin de pouvoir se rendre dans les bureaux de vote où ils sont enregistrés. Les appels au boycott d’anciens membres de l’opposition ont été qualifiés de trahison par le Parti du peuple cambodgien au pouvoir. Plusieurs personnes accusées d'avoir appelé à ne pas voter ont fait l’objet de poursuites judiciaires ces derniers jours.

Le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Cambodge, Rhona Smith, a exprimé vendredi 20 juillet son inquiétude face à des signalements de représentants du gouvernement indiquant que l’abstention était illégale, et de membres des autorités locales menaçant de priver de services publics ceux qui ne voteront pas pour le CPP. Un porte-parole du ministère cambodgien des Affaires étrangères a fermement rejeté ces accusations, estimant que « cet appel soutient une campagne menée par Sam Rainsy et des membres de son parti CNRP (...) qui cherchent à saboter la compétition démocratique au Cambodge ».

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Rassemblement en faveur du parti au pouvoir, le 7 juillet 2018 à Phnom Penh. Crédits : Juliette Buchez

Une vingtaine de partis en lice

Le gouvernement insiste sur le nombre important de partis en lice pour justifier le caractère démocratique de ces élections. Les partis suivants présentent des candidats aux législatives : le Parti du peuple cambodgien, le parti royaliste Funcinpec, le Parti de la jeunesse cambodgienne, le Parti de la nationalité cambodgienne, le Parti de l’unité nationale khmère, le Parti Khmer Tèmuoy (Parti uni khmer), le Parti de la démocratie de base, le Parti Ponleu Thmey (nouvelle lumière), le Parti abeille pour une société démocratique, la Ligue pour la démocratie, le Parti khmer anti-pauvreté, le Parti dharmacratie, le Parti démocratique républicain, le Parti Meatophoum Yoeung (notre patrie), le Parti Khmer Krok, le Parti khmer du développement économique, le Parti de la volonté khmère, le Parti républicain khmer, le Parti Reaksmey Khemra et le Parti de la démocratie des populations indigènes du Cambodge. Quelque 8,38 millions d’électeurs cambodgiens seront appelés aux urnes dimanche 29 juillet pour élire les 125 parlementaires de la 6e législature.

 

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