LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 09/08/2011 à 10:12 | Mis à jour le 14/11/2012 à 13:33
2.465 associations et organisations non-gouvernementales enregistrées au Cambodge

Avec près de 2.500 associations et organisations dont plus de 1.500 organisations non-gouvernementales, 300 d'entre elles étant internationales, le Cambodge est le pays avec la plus forte concentration d'ONG proportionnellement à sa population. Se considérant elles-mêmes comme "le facteur-clef du développement du Cambodge d'un pays déchiré par la guerre à un pays paisible et développé ", elles sont principalement installées à Phnom Penh, qu'il s'agisse de leur siège social ou des actions qu'elles entreprennent. Malheureusement, 80% des Cambodgiens vivent en zone rurale. Un frein certain à l'efficacité des ONG qu'une réglementaton plus stricte ne saurait que renforcer.

Jusqu'à présent, aucune loi n'a été suffisamment contraignante pour empêcher une association ou une ONG de s'implanter. C'est d'ailleurs une des raisons qui explique la croissance sans cesse plus importante de leur nombre depuis la signature des accords de Paris mettant fin à l'occupation vietnamienne en 1991. De 1992 à 1993, leur nombre est passé d'une vingtaine à 150 et depuis, elles sont toujours plus nombreuses, tentant de combler le vide que certaines institutions auraient pu laisser au cours de ces années de "transition".

Aujourd'hui pourtant, les associations et différentes ONG, qui ne s'entendent pourtant pas sur tous les points, cherchent l'alliance face au nouveau projet de loi dont elles rejettent la troisième version. Elles évoquent des éléments fondamentaux de leur bon fonctionnement : " 1. L'enregistrement est complexe et obligatoire plutôt que volontaire et simple. 2. Rien n'assure l'enregistrement des démentis ou que les dissolutions involontaires soient imposées objectivement. 3. La loi n'inclut pas de période pour un processus d'appel pour tout démenti d'enregistrement. 4. Les termes clefs ne sont pas définis et de nombreuses sections sont vagues " Quatre points contenus dans le projet défini comme " inacceptable ".

On l'aura compris, cette loi n'est pas la bienvenue, bien que le Cambodge soit le dernier pays asiatique à n'avoir encore voté aucune loi concernant les ONG qui voient en cette législation un affront à la démocratie. Elles écrivent : "Cette troisième version de la loi donne aux autorités gouvernementales la possibilité de contrôler le droit des citoyens de s'organiser et de s'exprimer " en référence à plusieurs articles de la Constitution sur la liberté des individus ainsi qu'aux "traités internationaux que le Cambodge a signés tels que la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. "

Tous ne sont pas d'accord pour autant. Des intérêts, des besoins différents, Pierre-Yves Devroute de France Volontaire trouve tout de même qu'il est important d'être reconnu légalement "Cette présence auprès des autorités permet de fonctionner sans problème. On accède plus facilement à certaines choses comme les visas [?] Cela permet une coopération plus facile pour aider les volontaires. "

Qu'elles veuillent engager des discussions pour améliorer la loi, en changer quelques parties ou qu'elles n'en veuillent pas du tout "ces associations ont conservé le dialogue, respectant les perspectives les unes des autres. Voilà ce qu'est une démocratie."

Emilie TÔN (www.lepetitjournal.com) Mercredi 10 août 2011

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