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PORTRAIT – A dos de moto

Par Lepetitjournal Buenos Aires | Publié le 01/03/2011 à 00:00 | Mis à jour le 08/02/2018 à 13:03

 

Il est soit sur sa moto, soit le casque à la main. Laurent Bertin, "Français de Belgique" installé depuis plus de trois ans en Argentine, est un fou de longs périples sur sa 1.000 cm3: il a déjà parcouru 35.000 km dans la région. Son parcours, ses projets et bien sûr, ses conseils aux motoqueros

(Laguna del Maule, Chili, à la sortie du Paso Pehuenche - Photo: Laurent Bertin)

Ce n'est pas parce qu'il adore son "deux-roues" motorisé qu'il prône un recours systématique à ce mode de locomotion: "Il faut être fou pour rouler à Buenos Aires en moto! J'estime que ton espérance de vie dans ce cas ne dépasse pas cinq minutes?", rigole-t-il. Conduite anarchique, bandes de circulation non respectées? "Si vraiment tu dois conduire dans Capital, choisis les petites rues", insiste ce Français trentenaire, qui a vécu à Bruxelles jusqu'à son installation à Buenos Aires, il y a plus de trois ans.

35.000 km à moto
C'est sur la route que Laurent Bertin aime chevaucher son Scrambler de marque Voxan (une petite entreprise française qui a fait faillite, il y a peu). Il a déjà parcouru 35.000 km dans la région, une distance pas très éloignée de la longueur de l'Equateur (40.000 km)? Seul, il a "fait" la partie sud de la mythique Route 40 (Ushuaia-Salta), affronté les conditions extrêmes de la Patagonie: "la pluie, le froid, des cailloux qui trouent le moteur, pas un chat durant 250 km et pour ne rien arranger, des rafales de vent de 70 à 100km/h qui t'empêchent d'avancer à plus de 30km/h". Heureusement, à chaque fois qu'il est tombé en panne au milieu de nulle part, il a eu la chance inouïe de trouver une âme charitable à quelques dizaines de mètres? "Pas mal pour quelqu'un dont le surnom est La Poisse, vu mon manque de bol habituel?".
Comment cet informaticien de métier, de nationalité française mais ayant passé toute sa vie en Belgique, est-il arrivé à Buenos Aires? Pur hasard, ou presque: "Saturé de travail, j'avais décidé de prendre des vacances fin 1999. Le premier pays qui m'est passé par la tête, c'est l'Argentine. Et puis, je n'ai jamais oublié comment Maradona avait éliminé l'équipe belge en demi-finale du Mondial. J'avais 11 ans à l'époque". Ce premier voyage est épique: problèmes techniques sur l'avion, carte Visa et American Express inutilisables, correspondances loupées, bagages égarés? Laurent débarque, pour finir, dans un camping de Salta. Une famille installée dans une caravane, avec un père vétéran des Malouines, l'invite à manger matin, midi et soir durant cinq jours: "C'est comme ça que je suis tombé amoureux de l'Argentine".

(Autoportrait au casque. Photo: Laurent Bertin)

Portes ouvertes
Tels sont en effet, ici, "les plaisirs motards": "La moto ouvre les portes, permet de rencontrer des gens et de découvrir des endroits extraordinaires, qui ne sont répertoriés dans aucun guide touristique".
Ses conseils aux amants des grosses cylindrées? D'abord, "si vous louez votre moto, ne le faites pas à Capital, car pour que la route devienne intéressante, il faut au moins parcourir 800 km, jusqu'à Córdoba par exemple". Laurent recommande les périples le long de la Cordillère, ou dans les provinces d'Entre Ríos, Misiones ou Córdoba. Mais veillez à "toujours ravitailler avant que cela soit nécessaire, des fois que la pompe soit à sec, notamment sur les petites routes du sud du pays". Laurent déconseille par ailleurs de "rouler la nuit en province", car "les animaux dorment sur la route vu qu'elle a accumulé la chaleur durant le jour"... et on ne les voit pas toujours à temps!
Vous vous installez à Buenos Aires? La meilleure solution est, selon lui, "l'importation temporaire" de son propre véhicule, surtout pour les grosses cylindrées, très fortement taxées à l'importation sur le marché argentin. C'est ce qu'a fait Laurent, lorsque qu'il s'est installé ici, fin 2007. Un emménagement préparé par un travail d'arrache-pied, depuis son premier séjour outre-Atlantique, afin d'économiser et d'acheter un appartement.

(Petite pause, Laguna del Maule, Chili, à la sortie du Paso Pehuenche - Photo: Laurent Bertin)

Bambous et circuit
Aujourd'hui, il déborde d'idées, explore des projets hétérodoxes. Il a songé à installer une bambouseraie: "Le bambou, on peut en faire plus de 500 usages différents, construction, nourriture, énergie, mobilier, vêtements, médecine, plastique, tissus, papier, filtre, ustensiles". Puis écarté l'idée, rebuté par la difficulté de traiter ce type de bois localement et une réglementation défavorable. Il a ensuite rêvé d'un circuit moto "enduro" (circuit technique en pleine nature), à Córdoba. Mais l'investissement est colossal et la viabilité économique du projet, aléatoire. En attendant un nouveau projet, Laurent effectue des missions informatiques, travaille avec Patrick Ravilly sur la mise en place du portail Internet de location immobilière BedinBa? et bien sûr, peaufine ses prochains voyages en moto.

Barbara VIGNAUX (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mardi 1er mars 2011

Pour en savoir plus, visitez le blog de Laurent Bertin

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