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EXPATRIATION - A Buenos Aires, la vie n’est pas rose tous les jours

Par Lepetitjournal Buenos Aires | Publié le 04/09/2012 à 00:00 | Mis à jour le 21/11/2012 à 11:37

 

"Nuestra Señora Santa Maria del Buen Ayre" ou "Notre-Dame Sainte-Marie du Bon Vent", une étymologie qui donne à Buenos Aires une consonance plutôt rassurante. Méfiance, la capitale porteña garde son lot de petits tracas quotidiens et peut même, pour certains, s'avérer un cauchemar

Le "ras le bol" des grèves de métros et des queues qui n'en finissent plus
Pendant les jours de grèves du Subte, les critiques fusaient contre le trafic porteño. Tout comme Gaspar, ce jeune étudiant en droit de 22 ans, nombreux sont les expatriés français habitués à bénéficier du service minimum, et pour qui voyager dans une capitale sans métro est "un enfer". Les colectivos restent l'unique transport en commun permettant de circuler dans la ville et d'arriver à destination. Il nécessite cependant de faire parfois plusieurs heures de queue avant de voyager serré contre les autres usagers, dans un trafic fortement ralenti. "J'admire la patiente des porteños qui restent d'un calme déconcertant", confie Nicolas, professeur d'anglais, fortement touché par la grève puisque forcé de se rendre chaque jour dans le micro centro pour son travail.

L'administration argentine fait également l'objet de nombreuses critiques : "ras le bol de cette lourdeur administrative, il faut faire une heure de queue juste pour obtenir une carte Sube !", râle l'étudiant en droit. Encore une chose dont les expatriés sont peu habitués : faire la queue, parfois durant une heure ou deux, pour obtenir un simple papier administratif, envoyer un colis ou payer une facture de gaz.

Une inflation estimée à 30% depuis 2007
Fait plus grave, l'inflation dont souffre le pays : entre 25% et 30% depuis 2007 selon l´article paru dans le petitjournal.com de Buenos Aires Inflation : le mensonge argentin. Cette hausse des prix fulgurante est omniprésente dans les discussions. Elle impressionne et pour quelques-uns c'est un phénomène totalement inconnu qui effraie. "Cela fait deux ans que nous vivons ici, c'est hallucinant, nous avons vu le prix de certains produits doubler depuis notre arrivée", raconte Stéphanie, mère de famille expatriée. Gaspar, quant à lui, ne s'attendait pas à vivre dans un pays où le coût de la vie est si cher. Sans bourse d'étude et avec un loyer de 2.000 pesos à sa charge, il devra se mettre au rythme étudiant argentin et travailler pour pouvoir réaliser son échange universitaire. Pour certains étrangers ayant décidé de rester, le coût de la vie, en comparaison aux bas salaires, signifie faire un sacrifice familial : "ça va bientôt faire trois ans que je n'ai pas revu ma famille", confie Jean,"c'est très difficile d'épargner, je n'ai pas les moyens de m'offrir un billet d'avion pour rentrer en France". Dans quelques semaines, ce jeune professionnel du cinéma sera papa de son premier enfant. Un événement qu'il ne pourra partager avec ses frères et ses parents restés en France.

Un sentiment d'insécurité permanent
Le site du Ministère des Affaires étrangères met en garde : "la violence routière est la première source d'insécurité en Argentine qui connait un des niveaux de mortalité routière les plus élevés au monde en raison d'une faible formation initiale, d'un réseau routier inadapté, d'un parc automobile en mauvais état et des politiques de sécurité routière inexistantes". Les expatriés ont peur de prendre leur voiture. Solange, une mère de famille expatriée, conduit dans Buenos Aires "tout en sachant qu'il y a un risque. En France aussi bien sûr, mais ici on entend parler de graves accidents mortels tous les jours et cela n'est pas rassurant". Le risque est également présent à bord des trains dont le réseau tombe en décrépitude. On se rappelle surtout de la tragédie du 22 février dernier qui fit 50 morts et près de 700 blessés en gare d'Once.

Certains se sentent en insécurité jusque chez eux. Peu habitués à avoir un gardien à chaque coin de rue, des grilles à leurs fenêtres ni aux nombreuses mises en garde de Porteños bienveillants. "J'avoue ne pas dormir certaines nuits à cause des simples craquements dans la maison", confie une expatriée. Interrogé, sur l'insécurité Gaspar raconte : "cela fait deux semaines que je suis ici et déjà un Français de ma fac s'est fait entailler la main lors d'une attaque au couteau".

Les reportages, comme celui d'Enquête Exclusive - le miracle Argentin entre rêve et cauchemar de Bernard de La Villardière - ne rassurent pas les expatriés, bien au contraire. Ils présentent la capitale comme une ville dangereuse où l'on n'est nulle part à l'abri de la violence.

On pourrait être amenés à se demander si les inconvénients que l'on attribue à Buenos Aires et les risques qu'elle présente, pourraient avoir un lien avec l'essoufflement de l'expatriation française en Argentine ces dernières années. Car même si la communauté française a connu une croissance de l'ordre de 20% depuis 2001, cette tendance est à la baisse. Au 31 décembre 2011, 14.390 Français étaient inscrits aux registres des français en Argentine, seulement 1% de plus qu'en 2010. Ce chiffre est loin de suivre la tendance générale qui enregistre, sur cette même période, une augmentation de 6% d'expatriés français dans le monde (source : la MFE, Statistiques Mondiales et France Diplomatie)

Daphné de Vautibault (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mardi 4 septembre 2012

D'autres articles à consulter:

Classement Mercer: Fait-il bon vivre à Buenos Aires?

Inflation : le mensonge argentin

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