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VIKTOR ORBAN- Un danger pour la démocratie

Par Vincent Villemer | Publié le 30/06/2017 à 14:29 | Mis à jour le 07/01/2018 à 07:02

 

 Le Premier ministre hongrois fait beaucoup parler de lui ces derniers temps.

Sous le feu des critiques pour son côté sulfureux et ses positions antipopulistes, Orban ne devrait pas améliorer sa réputation avec sa dernière cible en date, George Soros et l'Université d'Europe Centrale qu'il veut dissoudre.

 

 

Viktor Orban, mai 2017.

 

Au pouvoir depuis 2010, le premier ministre hongrois est perçu comme une réelle menace. Surnommé le « mini-erdogan » ou encore « mini-trump » par les médias occidentaux, Orban se veut être un dirigeant antimondialiste, antilibéral et notamment contre l'accueil de réfugiés.

Une idéologie opposée aux valeurs démocratiques, qui porte même un nouveau nom : l'illibéralisme?

 Symbole de ce « mouvement » Viktor Orban a de nouveau attisé la polémique ces dernières semaines en s'attaquant à l'Université d'Europe Centrale, fondée par le milliardaire George Soros.

Cette institution est la meilleure du pays et l'une des plus prestigieuses d'Europe. Symbole de réussite de la jeunesse et de l'éducation hongroise, elle pourrait être fermée définitivement.

En effet, Orban cherche à chasser cette université du pays.

 

Bien plus qu'une attaque à l'éducation

 

Derrière cette opposition, c'est une vraie guerre idéologique qui s'est déclenchée entre Soros, qui veut sauver la démocratie, et Orban qui lui, veut l'abattre.

Et c'est ce dernier qui a visiblement voulu la peau du premier cité.

L'élément déclencheur survient en avril dernier, lorsque le Premier ministre hongrois décide d'adopter une loi qui prévoit de priver de licence les instituts d'enseignement non européens qui ne disposent pas de campus dans leur pays d'origine.

Une mesure qui touche directement l'Université d'Europe Centrale,  et qui vise clairement à atténuer les flux migratoires.

 

Quel est son objectif final ?

 

Orban n'en est pas à son premier coup. Avant de s'attaquer à l'université, le Premier ministre a visé la Cour constitutionnelle, la banque centrale et les médias.

Et pour justifier sa dérive autoritaire, le représentant de la démocratie « illibérale »utilise une tactique bien personnelle en mettant en avant ses ennemis qui interfèrent dans les affaires du pays, au service d'intérêts étrangers.

 

 

 

Viktor Orban (à gauche), George Soros (à droite)

 

 

 Et George Soros dans tout ça ?

 

Au début du mois de juin, le milliardaire américain avait appelé les citoyens hongrois et l'Union européenne à résister au gouvernement de Viktor Orban et à l'"Etat mafieux" mis en place.

D'après lui, le Premier ministre se présente comme "un défenseur de la souveraineté hongroise" mais fait passer Soros pour un "spéculateur qui se sert de son argent afin d'inonder l'Europe et la Hongrie, avec des migrants illégaux dans le cadre d'un vague complot" s'est insurgé l'homme d'affaires.

 

Quelles conséquences à court terme pour l'Université ?

 

Cible d'Orban, l'Université Soros espère rester en Hongrie la saison prochaine.

Une tendance qui pourrait se confirmer malgré les menaces du Premier ministre.

Le gouvernement nationaliste a finalement accepté de négocier avec l'autorité du prestigieux établissement, et ce, après de multiples manifestations ainsi qu'un coup de sang de la Commission Européenne pour mettre pression sur Orban.

Forcé à négocier, a-t-il revu ses positions ? Ou se met-il en retrait afin de faire partir l'université elle-même ?

Difficile de cerner le Premier ministre, néanmoins, chasser la CEU du pays pour continuer à récolter des voix extrémistes conforterait Orban dans l'assurance de remporter les législatives l'an prochain.

Mais cela accentuerait aussi le conflit avec Bruxelles, et permettrait aux nationalistes de brandir le risque d'une sortie de l'Union européenne, alors que la majorité des Hongrois (67 %) veulent rester au sein de l'U.E.

La situation est très complexe en Hongrie, difficile d'imaginer quel visage aura la nation malgré les dernières élections présidentielles au mois de mars.

Les prochaines législatives seront tout simplement cruciales pour l'avenir de la Hongrie.

 

Viktor Orban est né le 31 mai 1963 à Székesfehérvàr en Hongrie. Ancien juriste, il est président de la Fidesz-Union civique hongroise (parti d'extrême droite) et Premier ministre depuis 2010.

Il fait polémique pour ses prises de position contre le système libéral économique et l'émigration.

Il avait notamment choqué le monde entier en déclarant, après les attentats de Charlie Hebdo survenus en France en 2015, que « tous les musulmans » formaient un danger pour la civilisation européenne

 

 

 Vincent VILLEMER www.lepetitjournal.com/budapest Vendredi 30 juin 2017

 

 

 

 

 

  

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