Jeudi 1 octobre 2020

INTERVIEW - Cyril OUACHAM, nouveau proviseur du lycée Anna de Noailles

Par Grégory Rateau | Publié le 14/09/2020 à 00:00 | Mis à jour le 14/09/2020 à 09:23
Photo : Cyril OUACHAM, proviseur du lycée Anna de Noailles
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Pour ce lundi 14 septembre, jour officiel de cette rentrée un peu particulière où la plupart des élèves seront enfin autorisés à se rendre en classe avec leurs professeurs, nous sommes allés à la rencontre du nouveau proviseur du Lycée français Anna de Noailles, Monsieur Cyril Ouacham.

 

Grégory RATEAU : Vous êtes le nouveau proviseur du Lycée français Anna de Noailles. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Cyril Ouacham. Je travaille dans le secteur éducatif depuis près de 25 ans. J’ai enseigné les sciences économiques et sociales pendant environ 12 ans et j’effectue ma 12ème rentrée comme Personnel de direction. Ce parcours, accompli dans des lieux à la sociologie très différente (France métropolitaine, Ile de la Réunion, Lycée français de Singapour) m’a conféré une expérience que je vais mettre au service du Lycée français Anna de Noailles.

 

Cette rentrée sera un peu particulière avec la pandémie. Quelles seront les mesures sanitaires en vigueur ?

Nous devons nous confronter à une rentrée inédite et à propos de laquelle nous ne maîtrisons pas tout l’environnement. Nous devons donc nous adapter. C’est pourquoi nous communiquons beaucoup avec nos équipes pour envisager les conditions d’enseignement selon les divers scénarios décidés par les autorités roumaines.
Nous allons mettre en œuvre les protocoles officiels dans notre établissement afin de respecter les textes en vigueur et répondre à notre préoccupation prioritaire en cette rentrée : la sécurité des élèves et du personnel.

 

Pensez-vous que vos élèves ainsi que vos professeurs vont réussir à se réadapter rapidement après une longue période de confinement et de cours à distance?

J’ai tout à fait confiance dans les équipes pédagogiques qui sont composées de professionnels qui souhaitent le meilleur pour leurs élèves. Les élèves pour leur part sont à un âge où ils s’adaptent très rapidement aux nouvelles situations. Je crois que ce sont souvent nous les adultes (car je suis parent également) qui projetons sur eux nos angoisses. Nous devons donc rassurer nos enfants, avoir confiance en eux et en leur plasticité et communiquer de manière fluide et transparente avec les enseignants pour créer un cadre serein, propice à des apprentissages réussis.

 

Pensez-vous que cette pandémie est aussi un bon moyen pour faire preuve de plus de créativité dans le secteur de l'éducation?

Il est certain que cette situation entraîne une obligation de vigilance et de formation renforcées. La « boîte à outils des enseignants » doit se doter de nouveaux dispositifs d’enseignement et d’évaluation à distance. Mais je reste prudent et mesuré en ce qui concerne les effets de la technologie sur l’enseignement. Cela  n’est qu’un médium et le cœur du métier pour moi demeure la relation pédagogique qui se construit entre les enseignants et les élèves. C’est ce qui garantit un cheminement pédagogique réussi.

 

Vous avez fêté cette année le centenaire du lycée. Que pouvez-vous nous dire sur cet établissement à nos lecteurs qui ne le connaîtraient pas encore ?

Le Lycée Anna de Noailles est bien implanté dans le paysage éducatif de Bucarest. Il permet à nos familles françaises, roumaines et d’autres nationalités (23 en tout) de bénéficier d’un enseignement sur les programmes français et donc de passer des examens reconnus qui permettent d’augmenter le champ des possibles en matière d’orientation. Le lycée Anna de Noailles développe l’ouverture culturelle au pays d’accueil (le roumain y est enseigné dès le plus jeune âge), conformément aux directives de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger avec qui il est conventionné, ainsi qu’une ouverture internationale (une section internationale américaine qui prépare à l’Option Internationale du Baccalauréat français est en cours de développement). Le lycée Anna de Noailles, c’est aussi la richesse de la diversité des personnes qui y étudient avec la francophonie comme dénominateur commun !

C’est un bel outil de travail au service des élèves qui obtiennent de très bons résultats (près de 100% de réussite aux examens du DNB et du Baccalauréat). Ces réussites sont permises par des conditions de travail favorables pour tous notamment grâce à l’écoute bienveillante et à l’appui de la Fondation, composée de parents bénévoles, qui le gèrent avec rigueur et la volonté de donner les moyens de la réussite à chacun.

 

Des projets, des rendez-vous à nous annoncer pour cette rentrée?

En matière de projets pédagogiques d’envergure, j’ai déjà évoqué la création d’une option internationale américaine au baccalauréat français. Nous développons également un pôle d’inclusion scolaire pour améliorer notre prise en charge des élèves à besoins éducatifs spécifiques (dys, hauts potentiels…). De même nous renforçons le pôle français langue de scolarisation pour mieux accompagner les locuteurs natifs ou étrangers. Enfin, le contexte actuel nous contraint dans nos possibilités mais nous sommes déterminés à fêter le centenaire de façon officielle et festive ! Les projets pédagogiques, quel que soit le format, ne manqueront pas et j’ai toute confiance dans nos équipes pour en développer ! Pour vous tenir informés, rendez-vous sur notre site : https://lyceefrancais.ro/

 

grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef du site lepetitjournal.com/Bucarest, chroniqueur à Radio Roumanie Internationale et écrivain
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