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HISTOIRE D'UN LIEU – Le Palais CEC, bijou architectural sur Victoriei

Par Bucarest/Centenaire | Publié le 06/06/2019 à 00:00 | Mis à jour le 06/06/2019 à 00:00
Le Palais CEC bucarest centenaire roumanie

Présenté comme l'un des symboles de l'influence française sur l'architecture roumaine du début du XXème siècle, le Palais CEC est l'un des bâtiments les plus remarquables de Bucarest.

 

 

L’institution en soi a été fondée pendant l’époque d’Alexandru Ioan Cuza, par un décret législatif, ayant un siège modeste, dans trois chambres mises à la disposition par le Ministère des Finances. Pourtant, le succès de ses opérations impose la construction d’un nouvel immeuble.  C'est sur les ruines de l'église "Sfântul Ioan cel Mare", dans l’Avenue de la Victoire, qu'a été construit le premier Palais CEC, d'après les plans de l'ingénieur français Jean Alfred Gottereau. La nouvelle institution reçoit le nom de CEC - Caisse des dépôts et des envois.

Cependant, ce n'est que le 8 juin 1897, que la première pierre du palais que nous connaissons aujourd'hui, est posée, en présence du roi Carol Ier et de la reine Elizabeth. Ce palais semble devenir une affaire de famille, étant construit d'après les plans du fils de Jean Alfred Gottereau, l’architecte français Paul Gottereau. Celui-ci s'est fait connaître pour son implication dans la construction du Palais Royal et de la Bibliothèque Centrale Universitaire Carol I, mais aussi pour avoir réalisé les plans du Palais Cotroceni. 

Le travail monumental sera supervisé par l'architecte roumain Ion Socolescu et durera 3 ans ; la première séance du Conseil d’Administration aura lieu le 15 juin 1900. Le bâtiment en lui-même est construit dans un style éclectique, qui rappelle les formes du Petit Palais de Paris construit pour l'Exposition universelle de 1900. Sa haute entrée en arc est symétriquement soutenue par des colonnes en ordre composite ; les petites coupoles inspirées par la Renaissance, couvrent les quatre sections de coin de l’édifice. Elles sont couronnées par un véritable dôme en verre et en acier, qui abrite le couloir central de l’institution.        

Au-dessus des marches donnant sur la porte d'entrée, les représentations d'Hermès et de Déméter, symboles du commerce et de l’abondance, encadrent une large horloge ; au-dessous de celui-ci, il reste inscrit - Caisse des Dépôts, des Envois et des Économies. Les sculptures décoratives en pierre massive et en marbre de Dobrogea, sont attribuées au sculpteur roumain Athanasie Constantinescu. Les peintures intérieures, quant à elles, sont l'œuvre des artistes roumains Costin Petrescu et Mihail Simonidy ; le dernier est notamment reconnu pour l’allégorie de la déesse Fortuna, distribuant les biens aux Roumains, après la Guerre d'indépendance (1877-1887). Son homologue somptueux a gagné en 1900, à l'Exposition universelle de Paris, la médaille d’argent. 

D'autres tableaux malheureusement n'ont pas eu la chance d'avoir été conservés. En effet, les peintures murales des souverains roumains furent couvertes par du vernis lors du régime communiste pour tenter de les effacer de la mémoire collectif. Aujourd'hui, on peut y voir les reproductions de l'artiste roumain contemporain, Valentin Tanase.

Le bâtiment héberge à présent l’activité de la CEC Bank et à partir de 2005, il devient l'emplacement du Musée CEC. Parmi ses collections, les visiteurs peuvent admirer des documents administratifs conservés de ses premières années de fonctionnement, des coffres forts de la période de l'entre-deux-guerres et quelques matériels de promotion de l’institution datant d'un siècle.

 

Ana-Maria Roşca  

 

Article réalisé dans le cadre du Programme Culturel București - Centenar avec le soutien de Primăriei Municipiului București à travers Administrația Monumentelor și Patrimoniului Turistic 

 

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Sources: Bucurestiivechisinoi.ro, Bookhub.ro

    

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