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BUCAREST CENTENAIRE - Tristan Tzara, un révolutionnaire infatigable

Par Bucarest/Centenaire | Publié le 11/09/2018 à 00:00 | Mis à jour le 13/09/2018 à 08:28
Photo : wikipedia
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On pourrait dire que, pour le peuple roumain, l’année 1916 était prédestinée aux grands débuts : sur le front de l’Est de la Première Guerre mondiale, l’armée des Principautés Unies commençait la lutte pour l’union de la patrie. De l’autre côté du continent, la tranquillité de l’oasis suisse était secouée par la parution du fameux Manifeste Dada ; l’écrivain juif d’expression roumaine et française, Tristan Tzara, aux côtés d’autres grands noms de l’avant-garde littéraire, s’opposait à la Grande Guerre, souhaitant la constitution d’un univers socioculturel authentique, spontané et vif.

 

L’homme de lettres voit la lumière du jour à la fin du XIXe siècle, au printemps de l’année 1896, à Moinesti. Descendant d’une famille juive aisée, son père travaillant dans le domaine de l’exploitation pétrolière ; il a eu la possibilité de commencer sa formation dans un institut privé, et a appris le français depuis sa plus tendre enfance. Guidé par une curiosité infatigable, le jeune Tzara s’est révélé être un enfant prodige. Après des débuts prometteurs, il suit les cours du Lycée Saint Sava, et son goût particulier pour le symbolisme français se concrétise à l’âge de seize ans, à travers la publication de la revue Le Symbole (Simbolul). Cette démarche est soutenue par le poète Alexandru Macedonski et parmi ses premiers collaborateurs, on retrouve le poète symboliste Ion Vinea et le peintre Marcel Janco.

 

Après avoir jonglé avec plusieurs noms de plume, le jeune Samuel Rosenstock (son nom réel) décide de garder celui qu’on connaît tous aujourd’hui: Tristan Tzara. Ce dernier pseudonyme devient officiellement son nom d'artiste en 1925, dix ans après son installation en Suisse ; sa signification trahit son caractère mélancolique, le poète étant triste dans le pays (trist in tara), se sentant étranger à la société bourgeoise qui l'entourait.

 

Arrivé à Zurich en 1915, Tzara se rallie au groupe de jeunes intellectuels bohèmes, dont le siège devient le fameux Cabaret Voltaire. Selon les déclarations de son fondateur, l’écrivain allemand Hugo Ball, cet endroit était destiné à la culture : même si le lieu avait une capacité relativement restreinte (ne pouvant accueillir que 35 à 50 personnes), la petite salle abritait de véritables spectacles-conférences durant lesquelles les artistes choquaient leur public et encourageaient les interventions, à travers des présentations d'œuvres littéraires ou artistiques d'une audace sans précédent. Un an plus tard, l'apparition du mouvement dadaïste fera du Cabaret Voltaire un haut-lieu de la scène artistique.

 

Étant le théoricien, mais aussi le promoteur du dadaïsme, Tristan Tzara dévoile peu à peu ses états d'âme et sa conception du monde. Il considérait que la société tue ses propres valeurs, en les intégrant dans un système préétabli dominé par la mystification de la culture, l'hypocrisie de la morale, la superficialité, l’art conventionnel et la stérilité du langage. Selon lui, le but du mouvement Dada est de créer de nouvelles valeurs, renverser les valeurs existantes et pour les renverser il fallait tout d'abord détruire les valeurs académiques […] et on ne peut pas construire si on ne détruit pas auparavant ce qui existe déjà. Ses œuvres littéraires, dont La Première Aventure céleste de Mr Antipyrine, Vingt-cinq poèmes ou L’Homme approximatif restent les preuves incontestables de sa démarche avant-gardiste. Le même goût pour le nihilisme et pour la spontanéité qui l’avait engagé à affirmer que dada ne signifie rien, rien et tout à la fois, lui attirent de nombreuses critiques de la part de ses contemporains et de ses collaborateurs qui se désolidarisent de lui.

 

Après la fin de la Première Guerre mondiale, Tristan Tzara s’établit définitivement à Paris. Il rejoint le groupe dirigé par André Breton, même si, au début, le poète ne partageait pas vraiment les principes mis en avant par le courant Surréaliste ; vers la fin de sa vie, ses poèmes acquièrent des résonances plutôt lyriques.

 

L’écrivain meurt en 1963, il est inhumé dans le célèbre cimetière de Montparnasse où de nombreux visiteurs viennent lui adresser un dernier hommage.

 

Souces: Fresques.ina.fr, Francearchives.fr, Le-dadaisme.com

 

Ana-Maria Roșca

 

 

Article réalisé dans le cadre du Programme Culturel București - Centenar avec le soutien de Primăriei Municipiului București à travers Administrația Monumentelor și Patrimoniului Turistic 

 

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