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5 légendes de la musique roumaine (1)

Par Grégory Rateau | Publié le 14/02/2019 à 00:00 | Mis à jour le 14/02/2019 à 00:00
Photo : Unsplash / Dolo Iglesias
5 légendes musique roumaine (1)

Pour cette fin de semaine nous vous présentons l'histoire de 5 légendes de la musique roumaine. Ils ou elles ont marqué la culture de leur pays, ont voyagé à travers le monde pour y mêler leurs influences, chacun d'entre eux est devenu un mythe. Dès que l'on prononce leurs noms une immense fierté s'allume dans le cœur des Roumains, ce sont avant tout de grands artistes et des ambassadeurs de tout premier plan. Voici notre première partie...

 

 

 

Gheorghe Zamfir (1941)


Reconnu comme le «roi de la flûte de pan», Gheorghe Zamfir est un mythe de son vivant, avec plus de 40 millions d'enregistrements et cinq décennies de performances à travers le monde. Zamfir a collaboré aux bandes originales de nombreux chefs-d'oeuvre du cinéma : Le Grand Blond avec une chaussure noire d'Yves Robert, Pique-nique à Hanging Rock de Peter Weir, Il était une fois en Amérique de Sergio Leone, ou encore Kill Bill de Quentin Tarantino. Il a également sorti plus d'une vingtaine d'albums incontournables, dans lesquels on peut entendre, entre autres, des musiques de films jouées à la flûte de Pan telles que dans Titanic ou Le Grand Bleu. Gheorghe Zamfir a réussi le tour de force de transformer un instrument mineur pour le mettre au premier plan. Son répertoire nous fait littéralement voyager en passant par des influences gitanes, par le folklore roumain et, bien sûr, par la musique classique.

 

 

 

Maria Tanase (1913-1963)


Connue comme étant l'Edith Piaf roumaine, Maria Tanase reste à ce jour une figure emblématique de la Roumanie comme notre Edith nationale. Elle est née à Bucarest, passionnée très tôt par les chansons populaires que ses parents lui font découvrir, elle se représente pour la première fois pour la fête de fin d'année de l'école primaire où elle fera déjà un véritable carton. La chanteuse à la voix inimitable vient de naître pour la seconde fois. Dans les années 30, elle acquiert une renommée et une reconnaissance nationale et devient une vedette, sa voix faisant d'elle une légende vivante. Aimée pour ses chansons dramatiques, des centaines de milliers de spectateurs ont envahi les rues de Bucarest lors de ses funérailles en 1963.

 

 

 

George Enescu (1881-1955)

 

Violoniste, pianiste et chef d’orchestre, son génie aurait pu ne jamais voir le jour, car il est le seul survivant de sa fratrie. Cette chance sera comme un moteur dans la vie de George qui ne cessera d’essayer de s’en montrer digne. A quatre ans il reçoit un autre présage, un violon, dont il fera l’incroyable usage que ses admirateurs lui connaissent aujourd'hui. Son apprentissage débute à l’âge de 5 ans avec ses parents et un virtuose tzigane de son village, et en seulement un an, l’enfant prodige est fin prêt pour se produire devant un public. Puis c’est au tour du compositeur Eduard Caudella de remarquer ce musicien précoce et de l’aider à rentrer au Conservatoire. A l’âge de sept ans seulement et alors que le règlement l'interdisait, George se rend à Vienne pour y parfaire son éducation musicale. L’enfant y rencontre son idole, Brahms et donne un concert privé devant la cour de Vienne, en présence de l’Empereur François Joseph, ce qui n’est pas sans rappeler l’enfant Mozart, reçu en son temps par l’impératrice ou par Louis XV au palais de Versailles. George sillonne ensuite les routes de l'Europe en tant que concertiste, se produisant jusqu’en Russie et en Amérique. Il est le mentor de nombreux violonistes comme Christian Ferras ou Yehudi Menuhin. À la mémoire de l’artiste, le festival George Enescu est organisé chaque année depuis 1958 à Bucarest et il attire des artistes et des spectateur venus du monde entier.

 

 

 


Johnny Raducanu (1931-2011)


Contrebassiste, pianiste et compositeur de jazz de renommée internationale, cet enfant prodige est né dans une famille de Rroms. Son talent précoce en impose auprès de ses pairs et il réussit à sortir plusieurs albums durant la période communiste en Roumanie. Il s'embarque ensuite dans une longue tournée à travers les États-Unis, un rêve pour tout amateur de jazz. Jusqu'à la fin de sa vie, Raducanu restera comme l’une des dernières légendes des bars de jazz de Bucarest. Les passionnés se souviendront toujours de ses interprétations enflammées d'Ellington ou encore de Mingus, en passant par ses propres arrangements inspirés du folklore roumain.

 

 


Sergiu Celibidache (1912-1996)

Il est l'un des chefs d'orchestre roumains les plus célèbres de sa génération. Sergiu a commencé très tôt à jouer du piano étudiant en parallèle la philosophie et les mathématiques à Bucarest, puis à Paris, avant d'entrer à la Hochschule für Musik à Berlin de 1939 à 1945, travaillant auprès de Fritz Stein, Kurt Thomas et d'autres grands noms de la musique classique. L'histoire est en marche et le jeune virtuose est pris dans les méandres de la terrible seconde Guerre mondiale. Embarqué sur les routes de l'Europe il dirigera plus de 400 concerts avec l'Orchestre Philharmonique de Berlin, puis avec l'Orchestre Scala de Milan, l'Orchestre Radio de Stuttgart, l'Orchestre National de Paris, l'Orchestre Philharmonique de Londres et de nombreuses collaborations en Suède et au Danemark. Sa carrière itinérante lui vaudra de nombreuses récompenses européennes.

 

 

La suite au prochain numéro...

grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef du site lepetitjournal.com/Bucarest, chroniqueur à Radio Roumanie Internationale et écrivain
1 Commentaire (s)Réagir
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Luminita ven 15/02/2019 - 08:04

Un très beau et interresent article. Petite précision, Gheorghe Zamfir et Maria Tanase provient eux aussi des familles des rroms : ).

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