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FRANCOPHONIE - Interview du ministre des AE, Teodor Melescanu

Par Sarah Taher & Grégory Rateau | Publié le 30/10/2017 à 00:00 | Mis à jour le 30/10/2017 à 15:53
Photo : Ministre des Affaires Etrangères, M. Teodor Meleşcanu
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LePetitJournal.com est allé à la rencontre du ministre des affaires étrangères, M. Teodor Melescanu, pour s'entretenir avec lui sur la représentation des femmes dans notre société en prévision de la Conférence des Femmes de la Francophonie qui se tiendra à Bucarest, les 1er et 2 novembre 2017, organisé par la Roumanie avec l’Organisation Internationale de la Francophonie.

 

 

LePetitJournal.com de Bucarest : La Roumanie compte parmi les pays avec le plus faible écart de salaire entre les femmes et les hommes (5%) en Europe, alors que la moyenne européenne est de 16,3%. Comment expliquez-vous cet acquis?

 

Teodor Meleşcanu: Parmi les priorités constantes des autorités roumaines, au niveau central et local, il convient de mentionner la mise en pratique du principe de la rémunération égale pour le travail égal qui est consacré dans la Constitution de Roumanie, dans le Code du travail et dans la Loi spéciale (Loi no.202 /2002) sur l’égalité de chances entre femmes et hommes. Les politiques publiques promues au cours des dernières années ont également visé l’encouragement de l’entrepreneuriat féminin et la promotion d’un équilibre dans la participation des femmes et des hommes à la prise de décision, ce qui a favorisé le renforcement de l’autonomisation économique des femmes et la réduction de l’écart des salaires entre les genres.

C’est aussi une préoccupation centrale de la société civile et des ONG de profil qui exercent une pression permanente sur les institutions gouvernementales en faveur du respect effectif de l’égalité de genre dans le domaine du travail.

 

 

Le Parlement roumain ne compte pas plus de 20% de femmes. Y aura-t-il des mesures qui seront mises en place pour pallier à cette sous-représentation des femmes dans la politique roumaine?

 

Il est évident que ce pourcentage de 20% de femmes dans le Parlement ne reflète pas le potentiel de leadership des femmes en Roumanie. Mais nous devons l’aborder comme un processus en développement. Ce pourcentage est le plus haut depuis les années 90 et a connu antérieurement des valeurs de 5%, 9% et 11%. On assiste donc à une tendance constante d’accroissement de la représentation des femmes dans le Forum législatif du pays, d’autant plus que les partis politiques aussi ont inscrit cette préoccupation dans leurs statuts.  

En outre, à présent, dans le Parlement roumain se trouvent deux initiatives législatives qui poursuivent l’introduction des quotas de genre dans les listes de candidats pour les élections parlementaires, ainsi que pour les élections locales. Ces initiatives qui prévoient un quota minimum de 30% tant pour les femmes que pour les hommes sont soutenues par le Gouvernement.

C’est un objectif qui exige des efforts soutenus pour changer les mentalités et éliminer les stéréotypes sociaux concernant les rôles et les responsabilités des hommes et des femmes dans la société roumaine.

 

 

Justement certains pays européens adoptent des quotas pour promouvoir la parité et permettre à plus de femmes d’accéder à des postes importants (dans la politique, les conseils d’administration des entreprises ou la fonction publique), or ces quotas sont vus par certains comme étant discriminatoires. Pensez-vous que l’adoption de quotas est une bonne solution pour lutter contre les inégalités hommes-femmes?

 

 

Alors qu’on peut constater des acquis importants dans la représentation des femmes dans la vie politique et dans la fonction publique, il existe encore des écarts significatifs par rapport aux hommes dans les conseils d’administrations des entreprises et des grandes compagnies listées aux bourses. Par exemple, en 2016 le poids des femmes dans les conseils d’administration des compagnies listées aux bourses était seulement de 10 % par rapport à la moyenne européenne de 24%.

Par conséquent, j’apprécie qu’il est vraiment nécessaire de promouvoir des mesures positives, ciblées sur des objectifs précis, afin de favoriser l’égalité réelle des chances pour les femmes, pour mettre en valeur leur talent, leur créativité et leur capacité de décision dont elles font preuve si souvent. La Loi sur l’égalité de chances susmentionnée prévoie clairement l’obligation des autorités publiques, des partis politiques, des entreprises économiques, des partenaires sociaux et du milieu associatif de promouvoir et soutenir, par des mesures adéquates, la participation équilibrée des femmes et des hommes à la direction et à la prise de décision.    

 

 


Le programme Femeia Manager, initiative de financement en faveur des femmes entrepreneurs, ne va plus subventionner cette année les projets de création d’entreprises mais plutôt offrir des subventions pour participer gratuitement à des conférences et à des ateliers. Croyez-vous que cela soit suffisant pour stimuler l’entrepreneuriat des femmes et quelles mesures vont être mises en place par le gouvernement pour le soutenir ?

 

Je me réjouis de vous informer que le Programme Femeia Manager (Femme manager) disposera en 2017 d’un budget d’environ 1 milliard de lei, représentant le double de celui de cette année. Comme vous l’avez mentionné, on a changé la philosophie du programme qui se concentrera à l’avenir sur les subventions offertes pour la participation gratuite des femmes aux conférences et ateliers de spécialité, donc sur leur formation professionnelle, afin de les aider à s’adapter aux nouvelles demandes de l’efficience et de la compétitivité. On prévoit de subventionner ce type de formation pour au moins 400 femmes, en 2017.

Par ailleurs, pour encourager l’entrepreneuriat féminin, d’autres mesures et programmes sont également prévus comprenant le soutien financier de l’Etat. Il est à noter à cet égard le Programme Start-up Nation qui prévoit une aide d’Etat importante pour la mise en place de 10.000 entreprises, pendant la période 2018-2019. Je souligne la participation équilibrée des femmes et des hommes qui se sont inscrit dans ce programme avec des projets d’affaires – à savoir 45,8% projets appartiennent aux femmes et 54,2% projets ont été promus par les hommes. Plus de moitié des participants au Programme Start-up Nation sont des jeunes jeans âgés de moins de 35 ans. Cela démontre le potentiel du programme de soutenir la jeune génération, tout en promouvant l’égalité des genres, comme important facteur de progrès et de développement du pays.  

 

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