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PRENDRE FEMME - Hommage à l’actrice israélienne Ronit Elkabetz

Par Lepetitjournal Bucarest | Publié le 06/09/2017 à 22:00 | Mis à jour le 07/09/2017 à 06:37

Durant le mois de septembre, le cinéma Elvira Popescu propose un hommage à l'actrice israélienne Ronit Elkabetz décédée l'année passée à l'âge de 51 ans. Grégory Rateau vous recommande l'un de ses plus beaux rôles, un film qu'elle a aussi co-réalisé avec son frère, Prendre femme. Portrait de Viviane, femme au foyer, dont le désir de liberté se heurte aux traditions et à son fanatisme religieux.

 

Viviane est une sorte de Madame Bovary contemporaine, tiraillée entre un mari qu'elle n'aime plus, et son ancien amant qui est prêt à tout quitter pour refaire sa vie avec elle. Ce qui différencie ce film des nombreux drames sociaux sur un sujet similaire, c'est que son héroïne n'est pas simplement la victime des traditions et d'un mari tyrannique, elle est également elle-même en proie à son propre fanatisme religieux. Sa violence, son hystérie la rapprochent plus des héroïnes décalées d'un Pedro Almodovar, ces femmes qui éprouvent leur liberté en se cognant contre les murs de leur quotidien jusqu'à les faire reculer. Car il est bien question de cela ici, du décor étouffant du quotidien d'une femme au foyer, vivant dans un cadre exigu, celui d'un appartement où Viviane peine à respirer et trouver sa place. Elle est au bord de la rupture de nerfs, le chaos familial est à son apogée, les larmes ne tardent pas à se répandre dans l'encadrement d'une porte, avec toujours autour du couple, des murs qui veillent sur leurs solitudes respectives. Les cris, les injures se multiplient entre Viviane et son mari, entre elle et ses quatre enfants, deux langues se mélangent volontairement, le français et l'hébreu, deux voix irréconciliables, à l'image d'un pays divisé, et qui peine à déterminer ses frontières. Le film est empreint d'un certain cynisme car ses auteurs se contentent de capter les vibrations d'un enfer ordinaire sans jamais proposer la moindre issue. Ce qui n'empêche pas ce film de devenir l'un des plus beaux drames familiaux du paysage cinématographique contemporain et de faire de la regrettée Ronit Elkabetz, une actrice immortelle.

 

Date de sortie

 

26 janvier 2005 (1h 37min)

Date de reprise 2008 (1h 37min)

De Ronit Elkabetz, Shlomi Elkabetz

Avec Ronit Elkabetz, Simon Abkarian, Gilbert Melki plus

Genres Drame, Romance

Nationalités français, israélien

 

Séances:

 

Cinema Elvire Popesco, Bucure?ti

Vendredi, 08 Septembre 2017 / 20:00

 

Critiques:

 

Le Monde: « La puissance de Prendre femme est (...) d'abord dans la façon dont Ronit Elkabetz prend le pouvoir de l'image. Récompensée dans plusieurs festivals pour son rôle dans Mariage tardif, étonnante dans Alila d'Amos Gitaï, époustouflante en prostituée à la dérive dans Mon trésor, elle fait ici un numéro grandiose, (...) telle une Callas (à laquelle elle ressemble) ou une Anna Magnani. »

Libération: « Il suffit d'une séquence pour qu'un spectateur comprenne qu'un film a de fortes chances d'emporter le morceau. Merveille de Prendre femme : cette scène est la première du film. (...) Force d'une actrice d'exception : Ronit Elkabetz, qui fume des cigarettes comme personne (...), joue cette femme réchappée du cinéma de Cassavetes, essentiellement avec les yeux. »

Rolling Stone: « Ce portrait craché d'une féministe israélienne se double de la radiographie d'une époque et d'un pays. Et marque la naissance de deux réalisateurs (...) à suivre. »

 

Synopsis:

 

Haïfa, juin 1979 : l'histoire se déroule en Israël durant les 3 jours qui précèdent l'entrée du Shabbat. Une fois encore, Viviane est sur le point de quitter Eliahou, son époux. Une fois encore, ses frères réussissent à la persuader que sa place est auprès de son mari, ses enfants et sa famille. Fatiguée de cette existence qui dénie ses rêves et ses droits, lasse de cet époux qui privilégie les traditions au détriment de leur vie de couple, Viviane reste, mais elle est à bout. Au même moment, Albert, un homme qu'elle a aimé, ressurgit dans sa vie. Un homme ayant su, l'espace d'un trop bref moment, lui offrir ce que tous les autres hommes de sa vie lui avaient toujours refusé : la liberté d'être elle-même.

 

 

Grégory Rateau (www.lepetitjournal.com/Bucarest) - Jeudi 7 septembre 2017

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