Samedi 8 août 2020

BACKPACKER – L’Australie dépense plus de 10 millions $ pour attirer les PVT européens

Par Lepetitjournal Brisbane | Publié le 26/10/2016 à 10:07 | Mis à jour le 26/10/2016 à 12:22

Après la proposition d'augmentation de 32,5% de la taxation des backapackers, leur nombre a drastiquement diminué et le gouvernement s'en est mordu les doigts. Aujourd'hui, le temps du mea culpa est arrivé.

Quand on fait une bêtise, on se fait grondé et on demande pardon. Quand c'est un Etat, on fait marche arrière et on finance des millions de dollars de campagne publicitaire pour faire comprendre à tout le monde que nos positions passées étaient en réalité des blagues !

C'est un peu ce qui s'est passé en Australie durant cette année (un peu plus en fait) riche en rebondissements politiques sur la question des backpackers. L'envie d'en faire un résumé ne manque pas mais cela ne servirait pas le propos.

En accéléré : au sein du gouvernement fédéral le débat a fait rage entre les partisans d'une taxe à 32,5% au premier dollar sur les backpackers, contre ceux qui souhaitaient soit une augmentation plus progressive, soit pas d'augmentation du tout.

Finalement, c'est la deuxième alternative qui a fait loi, non pas par bonté d'âme, mais parce que l'annonce de l'augmentation avait suffi à faire baisser de façon dramatique le nombre de WHV, alors même que la taxe n'avait été qu'annoncé et qu'elle n'était pas effective.

Un peu de chiffre : entre 2012 et 2013, le nombre de backpackers toutes nationalités confondues était de 260,000. Entre 2015 et 2016 ce nombre était descendu à 214,000. La leçon à retenir : la rumeur d'un changement brutal est parfois toute aussi dangereuse que le changement lui-même.

Toujours est-il que le mois dernier, le gouvernement de Malcolm Turnbull (fraichement réélu), annonçait avoir abandonné les 32,5% au profit d'une taxe plus progressive à 19% entre 0$ gagnés et 37,000$.

Mais le mal était fait puisque les presque 50,000 WHV étaient déjà partis. Quel problème me direz-vous pour le gouvernement puisque les backpackers ne payaient pas d'impôts en grande majorité et que leur présence ne rapportait pas un centime à l'Australie dans le cadre des taxes sur le revenu ?

Et bien en réalité, les problèmes étaient multiples : par exemple, les backpackers sont une main-d'?uvre bon marché utilisé dans les fermes d'Australie (jusqu'à 85% de la main-d'?uvre dans le Northern Territory).

De plus, si les PVTistes gagnaient en moyenne 15,000$ sur une année de Working Holiday (sans impôts), ils en réinjectaient 13,500$ dans l'économie, et souvent dans l'économie locale, loin des grandes villes. Alors le calcul est simple 13,500$ multiplié par les presque 50,000 backpackers perdus : 675 millions de dollars de manque à gagner sur une année pour l'économie Aussie, de quoi financer l'investissement complémentaire qui se fera pour l'éducation entre 2018 et 2020 (1,2 milliard). Et encore, si la taxe était passée, le nombre aurait encore chuté davantage.

Back

Moral de l'histoire, si l'on touche au porte-monnaie il faut réagir. C'est ce qu'a fait le gouvernement à travers son Ministre du Tourisme et de l'Investissement, Steven Ciobo. En effet, une campagne de 10 millions de dollars à destination de tous les pays du monde mais particulièrement des pays d'Europe (Royaume-Unis, Irlande, France, Allemagne, Italie) a été lancée pour inciter les jeunes à revenir en Australie.

Première cible, le Royaume-Unis, premier pourvoyeur de WHV, mais aussi l'hexagone et ses 20,000 compatriotes qui viennent sur les terres Oz. C'est en grande pompe en plein gare Victoria à Londres que le top départ de la campagne de trois ans a été faite.

La « Masterpiece », une plage éphémère et de faux maîtres-nageurs sauveteurs (même pas australien). Le but : faire la publicité des changements sur le visa Working Holiday.

-       L'augmentation de la limite d'âge du WHV de 30 à 35 ans  

-       La réduction des frais de visa de 50$ pour le faire passer à 390$ (274?)

-       Permettre aux PVTistes de travailler une année complète pour le même employeur à condition de changer de région.

Interrogé par « The Australian », le Ministre n'a pas voulu avoué si cette campagne répondait à la perte d'attractivité de l'Australie. Toujours est-il que c'est la preuve d'une sacrée fausse note pour le gouvernement.

MP (lepetitjournal.com/brisbane), mercredi 26 octobre 2016.

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