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Amélie Hurford, un parcours de vie comme un pied de nez

Par Lepetitjournal Brisbane | Publié le 12/08/2018 à 08:38 | Mis à jour le 14/08/2018 à 05:21
D’origine française et mariée à un anglais, Amélie Hurford est installée à Brisbane depuis 10 ans maintenant et y a ouvert l'école de français French Lessons Australia

D’origine française et mariée à un anglais, Amélie Hurford est installée à Brisbane depuis 10 ans maintenant et y a ouvert une école de français alors que rien ne l’y prédestinait. Depuis quelques temps, elle publie sur l’édition de Brisbane. Elle a accepté de répondre à nos questions, en toute intimité.

 
Sur le chemin de la vie, chaque destin chemine vers son élévation ou vers son déclin - Nanan-Akassimandou
 

Lepetitjournal.com Brisbane : Quelle citation fait écho à votre parcours ?

Amélie Hurford : Depuis toujours, j'essaie de prendre mon destin en main, de frayer mon chemin entre les méandres parfois tumultueux de la vie. Je pense avoir aujourd'hui cheminé vers l'élévation de mon destin.
 

LPJB : Si vous deviez définir votre enfance ?

AH : Elle fut belle. J'ai grandi dans un petit village à côté de Paris. J'étais une enfant joyeuse et pleine de vie. Toujours assoiffée de nouvelles connaissances, j'étais de nature très curieuse et questionnais sans cesse le monde qui m'entourait. J'imagine, toutefois, que cela pouvait parfois agacer les adultes autour de moi. Tant pis ! C'était tellement fascinant d'essayer de comprendre le monde et tous ses mystères ! D'ailleurs, aujourd'hui encore, je poursuis cette merveilleuse quête !
 

LPJB : L’adolescence peut parfois être douloureuse. Comment fut la vôtre ?

AH : Cette période fut plus compliquée à gérer. L'insouciance de mes jeunes années s'était quelque peu envolée et ma vie quotidienne s'était corsée...
Pourquoi ? Eh bien, tout d'abord, probablement, parce que, comme une grande majorité des adolescents, j'étais extrêmement mal dans ma peau. Je ne parvenais pas à m'épanouir parmi mes paires. Mon esprit critique m'obligeait à remettre en cause beaucoup de choses. Trop de choses, sans doute... Malgré tout, je me forçais à être comme tous les jeunes de mon âge. Enfin… J'essayais d'être comme tous les jeunes de mon âge, nuance. Avec le recul, il est évident que je n'y suis jamais parvenue. Quelle tristesse et désarroi ma manière différente de penser m'a causée !
A cette époque, mon rapport à l'école et à l'enseignement de manière plus générale a également grandement évolué. Le système scolaire ne me convenait plus du tout. Tous ces apprentissages tellement théoriques et magistraux ne correspondaient en rien à mes attentes. Je voulais du concret, de l'authentique, des connaissances utiles. Pas tous ces bla, bla qui ne servent à rien ! A quoi bon s'acharner à engranger des notions inutiles ?  « Pour accroître ta culture générale », me disait-on. Je voulais apprendre sur les points de la vie qui m'intéressaient, ceux-la même qui égayaient mes sens et me faisaient me creuser la cervelle!
Mes professeurs ne me comprenaient pas. Ils se moquaient de moi. Criaient. Ou pire encore, m'ignoraient...
Par la suite, mes études de linguistique appliquée à Paris ne furent pas très épanouissantes (même si le diplôme l'était, la façon d'enseigner ne me plaisait en rien).
 

LPJB : Quel choix de vie avez-vous pris à la fin de vos études linguistiques ?

AH : A 20 ans, j’ai décidé d'immigrer Outre-Manche. England, here I came !
J'y ai poursuivi mes études. Aucune mauvaise expérience scolaire n'aurait pu éteindre la vive flamme de mon insatiable désir d'apprendre !
Je suis entrée à la prestigieuse université de Cambridge où je me suis inscrite en cours de langues vivantes étrangères. Ma passion pour les langues m'a conduite à participer à une multitude d'échanges linguistiques. Je suis partie en Espagne, aux États-Unis et en Irlande !
Toutes ces expériences furent extrêmement riches et m'ont permis de découvrir des cultures différentes. J'ai pu m'ouvrir au monde, accepter les différences et m'en enrichir. J'espère avoir autant apporté aux locaux qu'ils m'ont donné.
Après avoir vécu dix ans à Bath, je voulais voguer vers de nouveaux horizons. L'Australie fut ma alors ma destination, mon prochain pied à terre.
 

LPJB : Que vous a apporté votre expatriation en Australie ?

AH : Je peux dire que j’y ai concrétisé mon destin ! Débarquer sur une nouvelle terre d'accueil signifie parfois recommencer à zéro. Ce fut mon cas.
L'importance de l'enseignement du français n'est plus à prouver. La mondialisation, l'ouverture des frontières, l'expansion de la francophonie et le besoin grandissant d'être compétitif sur le marché du travail en sont la preuve.
C'est pourquoi, j'ai décidé d'ouvrir ma propre école de français et surtout de changer le système scolaire et sa manière d'enseigner qui m'a tant fait souffrir !
J'ai choisi de proposer à mes étudiants tout ce à quoi je n'avais pas eu le droit. Je me suis refusée à cantonner mon enseignement à des sujets ennuyeux ne servant à rien dans la vie de tous les jours.
Je veux que mes étudiants aient soif d'apprendre, qu'ils soient insatiables, qu'ils en redemandent  toujours davantage!
Je veux qu'ils prennent du plaisir à venir à mes cours et à apprendre ma langue maternelle.
Je veux leur transmettre ma passion pour l'enrichissement personnel et pour les langues vivantes !
C'est cette passion et cet amour pour le français qui m'ont conduite à créer French Lessons Australia.
Quelle belle revanche sur la vie !

 

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