Elimination de la violence à l'égard des femmes, le Maharashtra pilote

Par lepetitjournal.com Bombay | Publié le 25/11/2019 à 20:54 | Mis à jour le 29/11/2019 à 13:03
Photo : Extrait de l'infographie « Violence à l'égard des femmes ». Source : ONU Femmes
Violences femmes professionnels santé

La Déclaration sur l’élimination de la violence envers les femmes, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1993, définit la violence à l'égard des femmes comme “tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée.”

 

Selon l’ONU, la violence à l’égard des femmes continue d’être un obstacle à la réalisation de l’égalité, au développement, à la paix et à la réalisation des droits fondamentaux des femmes et des filles. Au total, la promesse des objectifs de développement durable (ODD) - ne laisser personne de côté - ne peut être remplie sans mettre fin à la violence à l'égard des femmes et des filles.

 

Le thème de la campagne 2019 choisi par l’ONU est : Orangez le monde : La “Génération Égalité” s'oppose au viol. Comme pour les éditions précédentes, cette date marque aussi le début de 16 jours d’activisme pour mettre fin à la violence faite aux femmes, qui se termineront le 10 décembre 2019, date de la Journée des droits de l’homme.

 

Tweet de l’ONU Femmes sur le 25 novembre

 

A l’occasion de cette journée, le site des Nations Unies a publié un reportage sur la mise en place d’une formation du personnel de santé pour la prise en charge des femmes victimes de violences dans trois hôpitaux pilotes du Maharashtra. 


Violence à l'égard des femmes : le Maharashtra, site pilote

 

Selon les données de l’ONU, une femme sur trois est victime de violence de la part de son partenaire ou de violences sexuelles durant sa vie. Mais, jusqu'à présent, les victimes qui se présentaient dans un hôpital en Inde étaient uniquement soignées si nécessaire et ensuite renvoyées chez elles sans soins ni suivis additionnels. Le personnel de santé des hôpitaux pilotes du Maharashtra a été récemment formé afin de pouvoir prévenir, déterminer et prendre en compte au quotidien la violence à l'égard des femmes.

 

Dr Nisha Jha, un médecin de l'hôpital d’Aurangabad, un des trois hôpitaux appliquant les nouvelles méthodes, a déclaré :

Je me souviens avoir eu affaire à une femme qui subissait les coups de son conjoint et tout ce que je pouvais faire, c'était la renvoyer chez elle. Plus tard, la même nuit, j’ai écrit un poème sur le sujet et j’aurais voulu pouvoir l’aider à s'échapper.

 

C'était encore pire pour les victimes d’une attaque sexuelle qui étaient emmenées à l'hôpital par Ia police pour un examen approfondi et une salve de questions qui ne faisaient qu’amplifier leur traumatisme.

 

“Le personnel se plaignait  : encore une, elles font ce qu’ils veulent et après elles viennent nous voir. Aussitôt qu’une femme se présentait, on faisait le test des “deux doigts” puis on lui demandait : tu l’as fait combien de fois ? Tu as senti quelque chose ?” affirme le Dr Shrinivas Gaddappa, Chef du service Obstétrique et Gynécologie de l'hôpital d’Aurangabad. 

Mais, depuis la formation, nous avons changé de comportement et aujourd'hui, nous les traitons avec dignité.

 

Une formation axée sur la prise en charge de la femme

Le personnel de santé est souvent le premier point de contact pour les survivants d’attaques sexuelles. Depuis 2013, l’Organisation Mondiale de la Santé a mis en place des lignes directrices pour aider le personnel de santé à répondre aux besoins de ces victimes. L’objectif est de faire prendre conscience des violences subies et d’aider à identifier les victimes puis de pouvoir leur fournir un soutien psychologique et mental en plus des soins physiques.

 

Dans le Maharashtra, 25 formateurs, chefs de département et gestionnaires de trois hôpitaux - Aurangabad, Miraj et Sangli - ont partagé leurs connaissances avec les 220 médecins, infirmières et assistants sociaux travaillant avec eux.

 

“Nous avons sélectionné trois départements - obstétrique et gynécologie, médecine générale et urgences - c’est souvent là que les femmes se rendent en premier,” dit Sanjida Arora de CEHAT - le Centre for Enquiry into Health and Allied Themes - une organisation non gouvernementale qui suit l’impact des formations.

 

Des améliorations sensibles

“La violence domestique a toujours existé,” dit le Dr Pallavi Sapale, le doyen du Miraj Medical College and Hospital,

Avant, nous ne nous occupions que de celles ou ceux qui avaient des marques d’agression visibles, aujourd'hui, nous pouvons parfois détecter les victimes qui ne se présentent pas comme telles ou qui n’expliquent pas la provenance de leurs blessures.

 

Le premier sondage effectué après la mise en place de la formation a permis d’identifier une amélioration sensible de la connaissance, des attitudes et des compétences du personnel de santé confronté à la violence à l'égard des femmes.

 

“Je me sens beaucoup plus utile,” affirme Bhushani Deep, un employé des services sociaux du Sangli Hospital.

Ma vision des femmes qui viennent à l'hôpital a changé et je me sens plus capable de les aider.

 

La formation insiste sur la sécurité, la discrétion et la compassion pour construire une relation de confiance avec la victime et poursuivre la prise en charge au delà des soins. Les trois hôpitaux ont réaménagé leurs locaux pour améliorer l'intimité des patients.

 

Les personnes se présentant à l'hôpital reçoivent aussi une information sur les sources de soutien après les soins. Les victimes faisant confiance à l'hôpital incitent ensuite les autres à faire de même.

 

“Les chiffres ne cessent de croître,” dit Arora  de CEHAT.

En seulement neuf mois, nous avons identifié et soutenu plus de 500 victimes. 

 

 

 

 

Les résultats de la mise en place des lignes de conduite de l’OMS dans le Maharashtra seront partagés avec les partenaires du gouvernement, de la société civile et des organismes de professionnels de la santé dans toute l’Inde afin ensuite d'étendre la formation au niveau national.



 


Des chiffres alarmants :

  • 1 femme sur 3 dans le monde a subi des violences physiques et/ou sexuelles à un moment donné dans sa vie, le plus souvent de la part d’un partenaire intime.
  • Seulement 52% des femmes mariées ou en union prennent librement leurs propres décisions concernant les relations sexuelles, l'utilisation de contraceptifs et les soins de santé.
  • Près de 750 millions de femmes et de filles dans le monde étaient mariées avant leur 18e anniversaire. Plus de 200 millions de femmes et de filles ont subi une mutilation génitale féminine
  • 1 femme sur 2 tuée dans le monde a été assassinée par son partenaire ou sa famille en 2017, tandis que seulement 1 homme sur 20 a été tué dans des circonstances similaires.
  • 71 % de toutes les victimes de la traite des êtres humains dans le monde sont des femmes et des filles, trois quarts d'entre elles sont exploitées sexuellement.

Source ONU


 

 

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