Lundi 24 septembre 2018
Birmanie
Birmanie
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

PRATIQUE - Comment bien naviguer à Yangon en taxi ?

Par Lepetitjournal Birmanie | Publié le 19/10/2016 à 22:00 | Mis à jour le 20/10/2016 à 14:53

L'un des meilleurs moyens de se déplacer à Yangon, à part la marche à pied, le fameux et pittoresque "side-car" (le célèbre vélo à passager), l'infernal autobus, ou votre propre véhicule, reste encore le taxi. Encore faut-il toutefois, connaître quelques règles de base?

En pays étranger, vous êtes très rapidement identifiable comme étant susceptible de payer votre course plus cher que le client local. Et pourtant, ce n'est pas systématique, une fois qu'on a assimilé quelques étapes.

Les incontournables
D'abord, vos qualités de négociateur seront rapidement mises à l'épreuve : à Yangon, les taxis n'ont pas de compteur et n'affichent donc aucun tarif à la fin de la course. Tout se joue donc au départ, au terme d'une négociation brève, mais cruciale, entre vous et le chauffeur. Forcément, ça peut donner lieu à des points de vue divergents.
Si d'aventure vous entrez dans le taxi sans avoir négocié, ni vous être mis d'accord, sur un prix, alors, une fois la destination atteinte, la fin de course peut se révéler agitée? Et le prix dépasser largement ce à quoi vous pouviez vous attendre au départ.

Bref, c'est un peu comme si vous aviez fait un chèque en blanc au chauffeur en entrant dans son véhicule sans conditions. Comme si vous aviez oublié de mettre de côté vos bonnes vieilles habitudes, prises sous d'autres cieux, en entrant dans un taxi et en ne donnant que la destination. Pas ici.

Une destination, et en réponse un prix
Rien que pour la destination, pourtant, il y a déjà du travail : s'assurer que le chauffeur, qui ne parle pas Anglais et encore moins Français, comprend votre prononciation approximative? Ou tout simplement que même la prononciation mise hors de cause, il sache où ça se trouve et comment s'y rendre.
Beaucoup de chauffeurs chevronnés vous le diront, en le regrettant : de nombreux taxis de Yangon ne sont pas originaires de cette ville, ce sont pour beaucoup des nouveaux venus. Il n'est donc pas rare de voir, une fois dans le taxi, le chauffeur (celui-là même qui vous avait d'abord fièrement assuré qu'il connaissait le chemin) téléphoner (plus ou moins discrètement) à un ami "fiable" pour se faire expliquer le chemin. Un jour de chance, cet ami du téléphone, ce téléguideur-GPS invisible, est fiable? D'autres jours il peut être moins inspiré? Vous en jugerez vous-même lorsque vous serez passé trois fois devant le même monument.

D'où l'importance pour vous de fournir des indications précises, les plus détaillées possibles, comme des points de repère très connus, des intersections incontournables. Ou alors de montrer une (Google) carte sur votre téléphone mobile avec, cerise sur le gâteau, un itinéraire du point A au point B.
Sans oublier des ressources utiles comme le numéro de téléphone d'une personne birmane à appeler en cas d'errance un peu trop prolongée. Une personne (par exemple à la réception de l'hôtel où vous allez, ou l'employé de l'entreprise à laquelle vous allez rendre visite) qui pourra avantageusement prendre le relais, à la fois du chauffeur et de son éventuel ami-télécommande défectueux.

Dans la phase de négociation (qui commence très vite), si vous ne voulez pas être pris d'emblée pour l'étranger de base, pour ne pas dire novice blanc-bec, alors il vous faudra absolument et généreusement faire étalage de toutes vos (même maigres) connaissance de la langue birmane, ? quitte à en faire un peu trop.

En lançant un tonitruant « Migalaba ! », par exemple, puis en enchaînant par un « ni kaun la ? » (comment ça va ?), avant d'annoncer votre destination
Effet n°1 : si c'est pas trop mal fait, le chauffeur se dira qu'il a affaire à un étranger, certes, mais qui connaît un minimum la langue du cru et à qui "on ne la fait pas".
Et même si, dans le pire des cas, votre accent est loin, très loin, d'être parfait, il pourrait quand même avoir un peu d'estime, voire de sympathie,  pour quelqu'un qui a ce genre d'égard envers la langue et la culture locales.

Effet n°2 : votre course en sa compagnie pourrait rapidement aussi se transformer en un agréable cours de Birman, plus ou moins long en fonction de la taille des embouteillages. Ou alors à une série de considérations sur "France, ? Zidane, World cup", ? la Birmanie étant aussi un pays où le football est roi.
Par contre, si vous sortez fièrement votre meilleur Anglais d'Oxford, voire même un accent américain attrapé à New York, la facture pourrait rapidement augmenter.

Ce sera soit le prix de l'incommunicabilité, ? Ou bien, si ce chauffeur maîtrise suffisamment la langue de Shakespeare, il se sentira obligé, que vous le vouliez ou non, de vous faire une charmante conversation tout au long de la course? Mais au prix fort.

Comment réagir si vous sentez clairement que le prix annoncé est bien trop élevé ?
Vous pouvez ostensiblement exprimer votre surprise, avec la gestuelle des acteurs de films muets, ou alors partir en fou rire, là aussi bien affiché. Et tout de suite enchaîner, plus sérieusement, sur le prix que vous considérez comme le bon. En fait, en bon négociateur, vous l'aurez encore un peu réduit, pour laisser une marge à votre interlocuteur. Il peut ensuite s'esclaffer à son tour, "remonter"» un peu en guise de contre-offre et là, peut-être, vous tomberez d'accord.

En cas de désaccord, si personne ne veut plus lâcher de terrain, la conversation peut quand même se terminer en esclaffements simultanés? C'est toujours ça de pris.

 Au cours de ces deux dernières années, le prix-plancher semble avoir évolué : on ne parle plus désormais de petits trajets (un kilomètre ou moins) à 1.000, voire 500 kyats. A minima, pour une petite course, il vaut mieux s'attendre à 1.500 kyats.
Au vu de la pratique, ensuite, logiquement, plus la course s'allonge, plus le prix augmente, typiquement de l'ordre de 500 kyats par kilomètre supplémentaire.
Astuce : sur des petites distances, pour des sauts de puce, il reste aussi l'option "side-car", qui peut se révéler à la fois agréable, aventureuse et diablement efficace?

Les pièges à éviter 
Si vous ne voulez pas être pris pour un touriste fraîchement débarqué, il y a quelques pièges à éviter. 
Comme, par exemple, arrêter un taxi juste devant un lieu clairement identifié pour les touristes, comme un hôtel ou un restaurant/bar réputé pour être plutôt fréquenté par des étrangers. Certains taxis, postés à l'affût, se spécialisent dans la pêche à ces clients présumés fortunés.
Essayez ! Vous serez surpris des prix qu'on vous annonce? Et de celui que vous trouverez finalement, à deux pas de là, mais suffisamment loin de l'établissement-phare.

Les excuses-bidon pour faire augmenter le prix
Elles sont bien connues et reviennent invariablement : "traffic", vous dira le chauffeur. Certes, mais s'il y a bien une chose qui ne change pas à Yangon, ce sont justement les embouteillages? 
En Anglais sommaire, l'une des réponses possibles, toujours accompagnée d'un grand sourire, peut être : "traffic today, traffic yesterday, traffic tomorrow? Tutube !" (bouchons aujourd'hui, bouchons hier, bouchons demain. C'est pareil !).

Lorsqu'il pleut, il vous dira aussi que c'est plus cher. Ah bon ? Au pays de la mousson ? Ou alors on vous fera le coup de la climatisation, en expliquant que ça consomme plus d'essence. Vous pouvez alors expliquer que vous n'en avez pas forcément besoin, à moins que lui l'ait déjà mise en marche, de toute manière. À moins que vous soyez en situation d'urgence, si vous prenez le temps de "passer" sur un tarif jugé trop élevé, celui du ou des taxi(s) suivant(s) pourra probablement faire l'affaire.

Et puis, au vu de tout cela, au cours de vos pérégrinations automobiles, si vous tombez sur un chauffeur avec lequel le courant passe bien, qui semble honnête, qui maîtrise un minimum d'Anglais, alors gardez cette perle rare. Prenez son numéro de portable, appelez-le en direct, en lui donnant votre prénom pour lui faire identifier votre numéro et rappelez-le la fois d'après. Il se souviendra sûrement de vous et cette fois-ci, il pourra peut-être même venir vous chercher directement chez vous. Et, au fil du temps, il saura vous conduire à vos destinations habituelles sans que vous ayez besoin de lui expliquer où ça se trouve, attendre un peu (moyennant un petit supplément) et vous ramener à votre domicile, vous emmener sur des distances plus longues, en-dehors de Yangon.
Et même, en cas de visites de vos amis, être un précieux relais pour organiser des excursions plus lointaines hors des sentiers battus. C'est une économie d'énergie et de temps non négligeable. Et c'est un peu, aussi, un judicieux intermédiaire entre un chauffeur à plein temps et l'achat d'un véhicule que vous pourriez conduire vous-même, mais au prix de tellement de stress?

*** Ressource :  Un hôtel a eu la judicieuse idée de faire une carte montrant l'évolution des prix "normaux" d'une course de taxi, en fonction des distances. Même si cette carte a pour point de départ cet établissement en particulier, elle demeure néanmoins utile pour se faire une idée indicative des tarifs pratiqués. Sauvegardez-là sur votre téléphone mobile pour consultations fréquentes.
Patrick Antoine Decloitre (www.lepetitjournal.com/Birmanie) Jeudi 20 Octobre 2016

 

lepetitjournal.com birmanie

Lepetitjournal Birmanie

Lepetitjournal.com Birmanie est le média gratuit des Français, des francophones et des francophiles en Birmanie
0 Commentaire (s)Réagir

Communauté

PORTRAIT

Rencontre avec Patrick Périé, le nouveau chef du Strand

Depuis mars 2018, le restaurant du mythique hôtel Strand de Yangon accueille un nouveau chef. Il s’appelle Patrick Périé, est Français et a plus de 40 ans d’expérience dans de grands hôtels...

Vivre en Birmanie

SOCIÉTÉ

La boulangerie française à Yangon!

Yangon est une ville très cosmopolite. Nous y rencontrons des gens qui viennent des quatre coins du monde. Ainsi, il est notamment possible de croiser le chemin d’anglais, d’allemands, d’australiens..

Sur le même sujet