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Dr Barny Lucas : La Birmanie, comme par hasard

Par Marie-Sophie Villin | Publié le 25/03/2018 à 20:00 | Mis à jour le 25/03/2018 à 20:00
Barny Lucas

L’intérieur est épuré : quelques plantes vertes, un grand bureau en bois sur lequel reposent un ordinateur et des dossiers, et une table chiropratique qui trône au milieu de la pièce. Le cabinet du Dr Barny Lucas détonne avec la très animée Dhammazedi Road, à quelques pas à peine de là. Depuis maintenant 9 mois, il s’y est installé comme chiropracteur.

Citoyen anglais, c’est en Asie qu’il a grandi, à Brunei plus précisément, où son père travaillait dans une compagnie pétrolière. Nul doute que cette enfance lui a donné le virus du voyage, même si à l’époque il ne s’en rendait pas compte : "Quand on est enfant, on n’apprécie pas vraiment la diversité culturelle à sa juste valeur, parce que c’est juste comme ça qu’est la vie. On ne connait rien d’autre", explique-t-il. Il étudie pendant 5 ans la chiropraxie à Bournemouth dans le sud de l’Angleterre, avant de commencer à pratiquer à Leeds, pendant deux ans. C’est finalement à Londres qu’il ouvre son premier cabinet, avec un associé. Ils y restent 8 ans, avant que Barny ne parte et ne revende ses parts à son associé.

C’est en novembre 2016 qu’il découvre la Birmanie pour la première fois. Pourtant, ce pays ne lui était pas totalement inconnu… Son arrière-grand-mère était en effet Birmane, de l’Etat Shan. Sa grand-mère, anglo-birmane, a grandi en Birmanie avant d’être envoyée dans un internat au Royaume-Uni. "La dernière fois qu’elle est revenue en Birmanie, elle avait 8, 9 ans. Elle a 95 ans maintenant. Mon frère a été ici, mon père est venu ici dans les années 70". Le lien avec le pays est évident, prégnant, même si lointain. Il ne lui restait plus qu’à le découvrir par lui-même. Il en ressort enchanté. Au retour, il prend un vol pour Kuala Lumpur, afin d’y rendre visite à son parrain. "J’ai rencontré une fille dans l’avion, une américaine, avocate et passionnée des droits de l’Homme, qui vit ici. J’ai déménagé ici pour être avec elle."

De la plus imprévue des façons, il s’est donc installé à Yangon. "C’est le dernier endroit où j’aurais imaginé finir, vivre et travailler, mais parfois la vie vous réserve des surprises, et il faut juste la suivre." S’il s’est préparé à son installation professionnelle ici ? "Pas du tout." En revenant de Londres, où il y a beaucoup de compétition, il a trouvé plutôt facile de s’installer à Yangon. A Londres, "on s’est installé dans un endroit très compétitif, et ça a plutôt bien marché, donc en venant ici je n’avais pas trop d’inquiétudes quant à savoir si je pouvais le faire. C’est plutôt au sujet de l’installation sociale qu’il a eût l’air de s’inquiéter. Du haut de ses 34 ans, il raconte : "Je n’ai jamais eu à me faire des amis depuis mes 18 ans. C’était quelque chose de venir ici sans connaitre personne, sans réseau, sans savoir comment le travail allait se passer, comment on allait s’intégrer. Ça m’a pris quelques mois pour me rendre compte de comment ça marche ici, pour me faire des amis." A ses débuts fin juillet dernier, il se déplaçait lui-même dans toute la ville pour rencontrer ses patients. Il a continué à ce rythme pendant 6 mois, transportant son équipement à droite et à gauche avant de trouver, par une relation, les locaux qu’il occupe actuellement. Il a réaménagé entièrement l’espace, et est fier du résultat actuel.

Il parle de son travail avec passion, sans s’arrêter : "La chiropraxie aide le corps à faire ce pour quoi il est naturellement conçu. Le corps est naturellement fait pour s’auto-soigner. J’analyse le corps. Je cherche où les articulations sont coincées, où le corps ne peut pas se corriger. Tout ce que je fais, c’est donner une petite pression, un petit ajustement, pour déplacer le corps dans une meilleure position." Là où le travail du physiothérapeute est plus médical, le chiropracteur s’intéresse au mode de vie, aux exercices que fait le corps, à la nourriture qu’il absorbe. "C’est moins traiter quelque chose qui ne va pas, que promouvoir la santé, construire la santé." Et les patients sont au rendez-vous. "Il y a assez d’américains, et d’européens ici, qui savent plus ou moins ce qu’est la chiropraxie. C’est en fait un très bon endroit pour travailler." Barny parle de ses patients avec tout autant d’enthousiasme que pour son travail : "Tout le monde est intéressant. Ce n’est pas un endroit des plus simples pour vivre, donc chacun ici est ouvert d’esprit." Il cite notamment de nombreux professeurs, des membres d’ONG, des défenseurs des droits de l’Homme…  À 85%, ce sont des expats, et le reste est composé de repats, des birmans qui ont vécu ou étudié à l’étranger, et sont anglophones.

A l’entendre parler avec autant d’entrain, on pourrait croire qu’il souhaiterait s’installer définitivement ici. Mais malgré tous les points positifs, il parle aussi d’inconvénients, en citant surtout le manque de nature. "J’aime prendre mon vélo et me promener longuement dans la nature. Ce n’est pas possible ici", explique-t-il, justifiant le fait qu’il ne se voit donc pas vivre en Birmanie ne serait-ce que pour les 20 prochaines années. Il se projette toutefois à Yangon au moins jusqu’à la fin de l’année prochaine mais comme il le dit lui-même: "On est très flexibles, ouverts à toute opportunité."

2 Commentaire (s)Réagir
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Tommy lun 26/03/2018 - 05:33

Intéressant! Comment contacter Barny?

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Commentaire avatar

birmanie@lepetitjournal.com jeu 29/03/2018 - 06:41

Vous pouvez le contacter par email: barnylucasdc@gmail.com ou par téléphone +95 9964 569 332.

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