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J'AI TESTÉ POUR VOUS - Une après-midi en trishaw à Dalah

Par Lepetitjournal Birmanie | Publié le 31/05/2017 à 22:00 | Mis à jour le 01/06/2017 à 09:30

Il est une petite ville à quelques minutes en bateau de Yangon qui vous coupe le temps d'une journée (ou ne serait-ce que d'une après-midi) de la folle agitation rangounaise. Dalah, de son petit nom, est encore préservée des longues rues embouteillées, des touristes et n'a donc rien à voir avec la capitale économique. Immersion de l'autre côté de la rive.

Quand on partait de bon matin? 
Bien décidée à occuper mon dimanche de manière originale, accompagnée d'une amie birmane, le petit village de Dalah me sembla une bonne option. Accessible en bateau depuis la jetée au bout de la rue Pansodan, un aller-retour pour les locaux ne coûtera que 100 Kyats. Mais pour les étrangers, c'est 4 000 Kyats. Face à un tel écart, un sentiment d'injustice m'envahit. Maigre consolation : une bouteille d'eau vous est offerte. Bien qu'il y ait des départs toutes les vingt minutes, le bateau est toujours complet. Votre pied à peine posé sur le pont du navire, le dépaysement peut commencer. Les passagers se répartissent sur deux étages, certains prennent place sur des sièges en plastique, qu'il vous faudra parfois payer 50 Kyats, d'autres se précipitent près des rambardes, pour s'offrir le plaisir de  nourrir les mouettes durant le trajet. Ça tombe bien : des enfants vendent des gâteaux apéros qui serviront de goûter aux volatiles. Elles sont des dizaines à longer la coque du bateau. Les tactiques varient, certaines s'approchent près des lanceurs de gourmandises tandis que d'autres longent l'eau pour récupérer ce qui n'a pas été attrapé en vol. Le manège est complété par des vendeurs ambulants qui vous proposent, en vrac, chapeaux, nourriture, journaux? Le bateau ne manque pas de ressources !

Quand on partait sur les chemins?
Sur le ponton, à notre arrivée à Dalah, un homme nous propose de prendre un trishaw, ces fameux tricycles de transport. Nous préférons cela au scooter et négocions le tarif. Ce sera 7 000 Kyats pour deux heures. Bien loin des prix proposés en ville où trente minutes de courses vous reviennent à 1000 Kyats, le vélo-porteur est un incontournable dans ce village, ce qui explique une telle différence. Décidément. D'ailleurs, lors de votre arrivée à bon port, ne soyez pas surpris d'être littéralement assailli par ces cyclistes-taxis.

À l'approche des côtes de Dalah, des hommes passent de l'autre côté des barrières en se tenant à la rambarde, bras tirés en arrière. Ce sera à celui qui posera le  premier le pied sur la rive. Les lois de la gravité sont mises à rude épreuve?
Nous attendons que la foule, visiblement impatiente, descende avant de rejoindre notre véhicule pour l'après-midi. Le conducteur nous laisse nous installer et nous prenons place sur les sièges disposés de façon latérale par rapport au vélo, de telle sorte que nous nous retrouvons dos à dos. Une fois en selle, l'homme aux mollets musclés me prête son chapeau, pour le folklore je présume. Nous voilà sur les routes de terre, bosselées. Branches, planches en bois, voire tuyaux d'arrosage, pimentent notre balade à coup de "attention obstacle", ça secoue. Rappelons que nous sommes quand même deux pour un même véhicule, la difficulté est double pour le conducteur.

À bicyclette
Notre ?il est attiré par la vie simple des habitants, bien loin du confort relatif de Yangon. De modestes maisons en bois bordent les routes. Il n'est pas rare que poules, chèvres ou chevaux vous coupent la route. Les jeunes hommes jouent au chilom, ce jeu de passes avec une balle en bambou, pratiquée à tous les coins de rue.  Pour l'histoire, la ville de Dalah, victime du typhon Nargis en 2008, n'a pas reçu d'aide gouvernementale pour se reconstruire. Ce qui explique en grande partie les habitations rustiques. Notre balade à trois roues nous conduit de pêcheurs en marchandes de viandes ou légumes. Assises sur leur plan de travail, les femmes éloignent les chiens qui traînent non loin, dans l'espoir d'être nourris. Les échanges de sourires et de salutations pleuvent. Cette éternelle gentillesse birmane? 

Nous nous arrêtons plus longuement près d'un kiosque fabriqué à partir de? bouteilles en plastiques et de pneus. À l'intérieur, on trouve en vente une multitude de petits portefeuilles, ceintures ou napperons réalisés à partir d'objets recyclés. La  maîtresse de ce temple du recyclage nous explique que ce sont les femmes du village qui confectionnent ces objets. Nous sommes impressionnées. En reprenant la route, n'y tenant plus, je me risque à demander à mon conducteur si je peux moi aussi être la reine de ce tri-porteur. Bref, si je peux le conduire. Il hésite puis finit par accepter, mais, hein, seulement sur une courte distance? Il se résout donc à prendre ma place. Et moi la sienne : ce n'est pas chose si facile, tant la selle est haute. Mais une fois au sommet, à ma grande surprise, l'engin est stable. Si le démarrage fut fluide, le vélo n'est tout de même pas très maniable. Sans parler de l'état des freins, à la fiabilité toute relative.

Une chose est sûre : nous avons beaucoup ri. Les habitants aussi. Cerise sur le gâteau de cette journée : nous croisons un cortège de villageois. En pleine saison des ordinations, hommes, femmes et enfants s'étaient rassemblés à pied ou à cheval pour accompagner les bhikkhus (les "renonçant") pour célébrer leur entrée dans la vie monastique. Un spectacle haut en couleurs.

 

 Pauline Autin (www.lepetitjournal.com/Birmanie) Jeudi 1er Juin 2017

 

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