Samedi 31 octobre 2020

J’AI TESTÉ POUR VOUS - Le Snack Criquet

Par Lepetitjournal Birmanie | Publié le 14/09/2016 à 22:00 | Mis à jour le 15/09/2016 à 05:34

Allez, c'est parti !
Fini de décevoir mes amis, qui ne cessaient de me rabâcher que « je n'ai pas encore mangé un truc trop bizarre dans mon pays exotique ». Car oui, fins gourmets que nous sommes au Pays de la bonne chère, la question des bizarreries culinaires est récurrente.

Bien plus importante que des questions a priori sympathiques comme « Et sinon, ça va la vie au quotidien ? », ou encore « Alors, tu te plais la bas ? ». Bref, maintenant, je peux répondre, l'air de rien : « Ah, ça? Oh oui, rien de spécial, un criquet ou deux de temps en temps, c'est pas mauvais ». Ensuite, bien sûr, je peux savourer le silence, l'effarement et la curiosité qui suivent immanquablement. Je peux alors, l'air détaché, raconter mon expérience de « l'encas criquet »? en enjolivant bien sûr la quantité et la fréquence de ma consommation.

L'heure de l'initiation
Pour commencer, direction le quartier Chinois de Yangon. Plus précisément la 19ème rue et ses innombrables stands de « street food ». L'ambiance est toujours au rendez-vous : foule de Birmans attablés sur les deux tiers de la rue, chaises et tables en plastique, bière locale en main, fried rice et brochettes en tous genres aux stands de barbecue, avec options légumes, b?uf, poulet, et poisson? Le tout, évidemment, garanti « frais » et entier? 

S'il y a les bruits, il y a aussi les odeurs
Les odeurs et puis ces manières de terrasses remplies, quelques touristes égarés, intrigués mais somme toute courageux, et des vendeurs ambulants, qui arpentent la rue en criant au maïs, à l'ananas, à la papaye, ou bien encore? aux criquets.
« Pa yit !», clame l'un d'eux en birman. « Criquets ! » C'est le signal. Le moment pour moi d'aller choisir, mi-amusée, mi-inquiète, les fameuses friandises. Mine de rien, une foule locale se presse déjà : je fais donc la queue. Et voilà, ça y est, c'est déjà mon tour. Sous l'?il poliment amusé du couple qui se tient près de moi, je me lance pour commander 1 ou 2 criquets.

Je ne peux plus reculer
Le vendeur me sourit, narquois : je comprends alors que ça ne se vend pas à l'unité? Par chance (enfin je crois), la jeune fille à côté de moi m'explique en anglais que je dois en prendre minimum dix. Et, sourire en coin, elle rajoute un petit conseil que je n'oublierai jamais : « Prends les femelles enceintes, avec les ?ufs c'est meilleur, ça a plus de goût ». Soucieuse de sauver la face, je la remercie poliment? du fond de mon estomac serré.

Entre-temps, je réussis à négocier une réduction de peine et j'obtiens du vendeur de ne prendre que cinq criquets. Ces cinq-là, je les montre soigneusement du doigt et je choisis bien sûr les plus petits. Immédiatement, il balance les insectes élus dans sa poêle chaude et huileuse. Un peu d'ail, un peu de sel et deux minutes plus tard, me voilà, petit sachet plastique en main, avec mes criquets tout chauds,  prêts à déguster.

Je reviens à ma table avec un sourire confiant, histoire de ne pas trop effrayer mes camarades que j'ai embarqué dans cette expérience. Un ange passe. Mais tout le monde veut pouvoir dire « je l'ai fait ». Chacun, tour à tour, face à l'épreuve, pour donner le change, y va de son petit commentaire. « Mets-le en entier, mâche et avale », « Pince-toi le nez », « Je peux enlever la tête quand même ? », « Oh, mais ça sent bon l'ail ! »? Je trouve que finalement, l'odeur n'est pas si désagréable.

La « mise en bouche »?
J'essaie aussi de persuader mes sens que je vais manger une petite pomme de terre à l'ail... Une petite pomme de terre à laquelle on aurait enlevé les pattes... et les ailes ! Une fois le tout décortiqué, façon crevette, il n'y a plus qu'à !
Et finalement, ce n'est pas si mauvais ! Certes, j'ai enlevé pattes, tête et ailes. Mais « je l'ai fait ». Maintenant, c'est à vous d'essayer. Histoire de vous faire votre opinion : alors, hein, quelle version de criquet préférerez- vous ? 
Lea Paoli (www.lepetitjournal.com/Birmanie) Jeudi 15 Septembre 2016

 

 

lepetitjournal.com birmanie

Lepetitjournal Birmanie

Lepetitjournal.com Birmanie est le média gratuit des Français, des francophones et des francophiles en Birmanie
0 Commentaire (s)Réagir

Expat Mag

Un garde du consulat de France à Djeddah attaqué au couteau

A Djeddah, en Arabie Saoudite, un garde du consulat de France a été blessé par un assaillant. Selon la télévision saoudienne, l’agresseur saoudien a été interpellé.

Sur le même sujet