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J’AI TÉSTÉ POUR VOUS – La rue en mode éco

Par Lepetitjournal Birmanie | Publié le 12/10/2016 à 22:00 | Mis à jour le 13/10/2016 à 15:38

A première vue, l'idée de marcher pour le plaisir dans les rues de Yangon peut paraître assez saugrenue ; il y fait chaud, c'est bruyant, et je ne fais pas encore référence aux incessants coups de klaxons des voitures, bus (filant à toute allure) et des sonnettes de vélo, non. 

Je vous parle des bruits de la rue, des gens, des chiens, des poules, des générateurs, des trucs qui cassent, coulent, crissent, rampent, tombent, décollent, poussent, démarrent, sont en train de frire, freinent et cetera... L'espace piéton y est restreint puisque tout cela se passe dans la rue ; sur l'asphalte comme sur les côtés, je n'ose utiliser le mot 'trottoir' même si, parfois, il y en a. Mais la frontière entre voie piétonne et voie de circulation des véhicules  n'est jamais vraiment claire. L'espace libre de toute boutique, restaurant ou arbre est certainement ainsi pour permettre à une voiture ou un vélo de se garer, ce n'est absolument pas pour permettre à des personnes de marcher tranquillement. Pour ça, malgré ce que veulent nous faire croire les conducteurs, il y a la route.

De toute façon, le sol est jonché d'embûches, truffé de pièges et de trous de largeurs et profondeurs sans cesse renouvelées, les dalles protectrices des canalisations sont très souvent cassées, mouvantes ou parties en vacances...

Et à tout cela s'ajoute donc l'incontournable klaxon, celui pour dire "salut", celui pour dire "je suis là", celui pour dire "bouge de là", celui pour dire  "juste par habitude", celui pour dire "regarde moi", celui pour dire "j'avais la main dessus quand j'ai roulé sur un nid de poule" et l'énigmatique klaxon qui a priori ne veut rien dire mais existe pourtant bel et bien. Ensuite viennent les vélos qui font comme les voitures mais en moins vite et avec un peu plus d'humilité... Donc ça part dans tous les sens et c'est toujours mieux en chanson. 

Et quand il ne fait pas chaud, c'est qu'il pleut averse et que votre parapluie est devenu aussi utile qu'un cure-dent pour couper un steak. Donc les températures, les intempéries, le trafic, le bruit... Toutes ces nuisances et dangers qui y rôdent... 

Alors pourquoi donc marcher dans les rues de Yangon ? 
Certes, ce n'est pas de tout repos mais les rues ne le sont jamais vraiment, éventuellement à Naypyidaw, et encore... Non; marcher, outre le plaisir de se dégourdir les jambes transpirantes, donne le temps de voir, sentir et découvrir. Voir les boutiques, les décors, les détails de la vie quotidienne ; sentir les odeurs, bonnes et mauvaises, des cuisines, des marchés, des fumants bâtons d'encens, de la vie humaine et animal qui s'agite ; découvrir Yangon, tout simplement, ses mille recoins, son rythme saccadé, ses gens... Parlons-en des gens, ils vous regardent, vous épient, vous fixent, certains vous sourient, certains vous parlent, une poignée de mains (parfois trop insistante...), un selfie, rien de transcendant, dans un sens comme dans l'autre mais c'est une connexion qui s'établit et c'est toujours sympa. Combien de fois ai-je entendu un « hello » venant de nulle part et, tournant les yeux, découvert un radieux sourire qui, disons-le, fait toujours plaisir (j'avoue qu'il m'arrive aussi de faire la sourde oreille... Je marche beaucoup...). En somme, quand on marche, on s'expose. Et c'est bien le meilleur moyen d'en apprendre plus sur... oui oui soi-même certes mais plus important sur l'endroit où l'on est ! 

Prendre le temps?
Quand on marche, on prend le temps. Et Yangon, c'est souvent d'un extrême à l'autre ; c'est soit la beauté ostentatoire d'une pagode ou alors la maison coloniale abandonnée, cachée derrière béton, barbelés, arbres et les effets du temps. Il est donc important de prendre son temps, pour regarder les détails des temples et pagodes mais également et surtout, pour percer du regard ces protections "naturelles" et découvrir un passé bien trop souvent en voie de décomposition logé entre deux blocs de béton, dans une rue à priori sans attrait esthétique ou des arbres aux pieds desquels trônent des détritus. A pied, on va là où les voitures ne roulent pas, l'?il s'arrête là où les phares n'éclairent pas, l'esprit contemple là où la voiture passe. 

Bien sûr, on n'a pas toujours le temps. C'est là qu'intervient le vélo, alternative (humide) attrayante quand on est fatigué d'être bloqué dans un taxi depuis 15 minutes alors qu'on est toujours à moins de 100 mètres de son point de départ et qu'on réalise qu'on va être en retard, encore une fois, à un rendez-vous.

Mais ce sera pour une prochaine fois. Aujourd'hui, je prends mon temps !
Sébastien Lafont-Frugier (www.lepetitjournal.com/Birmanie) Jeudi 13 Octobre 2016

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