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Jean-Paul Cluzel : "Il y a une liberté de création naturelle au Liban"

Par Hélène Boyé | Publié le 26/04/2018 à 20:59 | Mis à jour le 27/04/2018 à 11:16
Photo : prise du compte Twitter de l'Institut français du Liban
Jean-Paul Cluzel IFCIC

Le président de l’Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles (IFCIC) a donné  mercredi à l’École Supérieure des Affaires une conférence sur le thème : « l’Économie de la culture dans un contexte mondialisé – financements et stratégies » à l’invitation de l’Institut français (IF) et avec le soutien de la Banque Européenne pour le Moyen Orient (BEMO).

 

lepetitjournal.com Beyrouth : Quel est le but d’une telle conférence au Liban ?
Jean-Paul Cluzel : L’IF m’a demandé de faire cette conférence parce que la culture est très importante au Liban. Avec une grande diversité d’expression liée au multilinguisme et au multiconfessionnalisme, le Liban est également basé sur un modèle économique très libéral.
La culture vit des revenus générés par les ventes et, pour l’Europe, des subventions de l’Etat ou des collectivités territoriales. Aux États-Unis, la culture vit du mécénat, c’est-à-dire des grandes fortunes privées.
Le but de cette conférence est de montrer qu’on ne peut pas avoir une culture d’une certaine exigence sans un certain soutien. C’est à la fois pour convaincre le gouvernement libanais et la municipalité de Beyrouth d’aider encore plus la culture, mais aussi pour consolider ce qui existe déjà, à savoir un appui de la société libanaise par le biais de ces familles dont chacun connait l’extrême importance. Sans ces familles, la culture au Liban aurait disparu. Le but est aussi de susciter de nouvelles vocations et de renforcer le réseau des entreprises.

 

Que représente le Liban pour vous ? Qu’est-ce que ce pays vous évoque ?
De 1995 à 2004, j’étais président de Radio France Internationale (RFI) et de Monte Carlo Doualiya. Je venais au minimum deux fois par an dans le cadre du partenariat que nous avions avec Radio Liban.
Ce pays m’évoque le rêve parce que c’est, dans la région, un pays avec une vraie originalité, celle de la liberté, des personnes et des idées. Au Liban, il y a une liberté de création culturelle naturelle.

 

Vous avez, tour à tour, dirigé RFI, l'Opéra de Paris, Radio France et la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais. Pensez-vous et comment avez-vous contribué, dans ces fonctions, au rayonnement de la France à l'étranger ?
Chaque institution a, de par sa mission, une manière de rayonner à l’international qui lui est propre.
Le ballet de l’Opéra de Paris, qui fait de nombreuses tournées à l’étranger, est l’un des symboles les plus importants de la culture française. RFI est, par définition, tournée vers l’extérieur. Pour Radio France, je citerais France Culture qui est une des radios les plus podcastées dans le monde. Enfin, à la Réunion des musées nationaux, nous avons contribué à beaucoup de projets dont le Louvre Abou Dhabi, ainsi que plusieurs expositions en Chine et à l’étranger.

 

Selon vous, quelle est la place que doit occuper la culture française, l'exception française, la "French Touch", dans le monde ?
La manière dont on peut promouvoir l’esprit français et la place de la francophonie dépend des formes de culture.  Je crois qu’il y deux sortes de cultures : il y a une culture savante pour laquelle il faut être réaliste. Sans soutien public ou mécénat, il sera difficile qu’elle trouve son public, tout simplement parce qu’elle coûte beaucoup d’argent. Pour créer le Louvre Abou Dhabi, il a fallu 100% d’argent public. Sans l’aide des Emirats arabes unis, il n’aurait pas pu voir le jour. Je pourrais également parler de l’acquisition du "Salvator mundi" de Léonard De Vinci par le prince héritier d’Arabie Saoudite.  Et puis, il y a d’autres cultures qui rencontrent un large public comme le cinéma, la chanson ou le livre français. La culture, l’un des vecteurs du rayonnement français, ne peut pas exister sans les finances publiques et le soutien des entreprises.

Hélène Boyé, directrice de la publication de LPJ Beyrouth

Hélène Boyé

Co-fondatrice et directrice de publication LPJ Beyrouth. Expatriée depuis plus de 17 ans au Liban, atteinte de « libanolose », mon seul désir, faire connaitre le Liban sous un autre regard.
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