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TV5MONDE – Le tour du monde de la francophonie passe par Beyrouth

Par Hélène Boyé | Publié le 21/09/2017 à 18:31 | Mis à jour le 24/09/2017 à 18:02
Mohamed Kaci

La chaîne satellitaire française diffuse les 21 et 22 septembre une émission en direct de 25 heures en l’honneur de la francophonie. Beyrouth fait parmi les 25 villes où l’émission posera ses valises. Nous avons rencontré Mohamed Kaci et ses invités dans les locaux de L’Orient-Le Jour.

 

Quel est le concept de l’émission ?

On ne part pas en terre inconnue, mais en terrain connu. Lorsque TV5Monde m’a proposé ce projet, je me suis dit que c’était l’occasion de se faire plaisir.

Nous avons gardé le principe du nouveau journal que je présente « 64 minutes le Monde en français », dont Xavier Marquet, ancien rédacteur en chef de l’émission Maghreb Orient Express, est aujourd’hui rédacteur en chef. Cette émission met en avant la visibilité des femmes et les personnalités culturelles.

L’idée, c’est de sortir des sentiers battus. Lorsque l’on parle de cette région du monde, on évoque souvent les questions géopolitiques ou le conflit syrien. Il ne s’agit pas de mettre de côté ces sujets, mais nous voulons parler d’une certaine jeunesse qui bouscule un peu les codes et fait bouger les lignes. C’est un peu la ligne éditoriale de TV5Monde.

L’idée de l’émission, c’est aussi de parler de la langue française. Les invités vont parler de leur rapport au français.

 

Comment va-t-elle se dérouler ?

Cette émission, c’est 25 heures de direct et 23 destinations. Nous aurons une heure d’émission avec passage de témoin. Nous faisons partie du trio de fin avec Madagascar avant nous et Kinshasa après nous. On prend l’antenne à 13h08, heure locale et à 13h56, on passe l’antenne à Kinshasa et l’émission se termine par une chanson de Sae’lis. Les invités auront à peu près 6 minutes de parole. L’émission se déroulera en direct du toit de l’hôtel Le Gray, au centre-ville de Beyrouth. L’émission est organisée en partenariat avec l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et l’Alliance française.

Le projet peut apparaitre comme une grosse machine pour TV5Monde, mais il nous semble qu’il est important de nous unir. TV5Monde est l’opérateur de la francophonie.

 

Qui sont les invités ?

Nous avons fait le choix d’inviter des personnalités francophones du monde culturel dont nous avions déjà parlé pour leur donner un peu plus de visibilité.

Nous avons déjà eu l’artiste Raya Farhat en duplex. Le contre-ténor Matteo El Khodr, nous l’avons déjà eu en plateau et la chanteuse Sae Lis’, qui à chanté à l’ambassade de France au Liban pour la Semaine de la francophonie il y a 2 ans et participé aux Jeux de la francophonie, a déjà été en plateau à Paris. Nous avons également invité Sabine Choucair, artiste clown qui fait des spectacles pour les enfants réfugiés syriens et qui fait partie des « Terriennes », une des émissions de TV5Monde. Nous avons également invité Rima Tarabay pour la dimension écologique avec Ecotown et Bahr Loubnan.

Puis nous aurons Ziyad Makhoul, l’un des rédacteurs en chef de L’Orient-Le Jour. Nous aimons donner la parole à d’autres journaux qui proposent un point de vue différent du nôtre à Paris. C’est d’ailleurs l’une des missions de TV5Monde.

 

Pourquoi Beyrouth ?
Beyrouth et le Liban se sont imposés parce qu’ils sont le phare incontestable de la francophonie au Moyen-Orient. Le Liban a quelque chose de fascinant. Certes, tout n’est pas rose ; il y a deux mondes qui s’affrontent, celui des traditions et celui de la modernité. TV5Monde est fasciné par Beyrouth.

Je me souviens que le jour des attentats du Bataclan, nous avions été les seuls à annoncer à l’antenne le même jour les attentats de Bourj el-Barajneh. Et puis, pour faire un tour du monde, il nous fallait une ville par fuseau horaire.

 

Quelle est votre rapport à la langue française ?

Je n’ai pas besoin de poser la question du rapport à la francophonie à des Libanais, des Algériens ou des Ivoiriens parce que ça va de soi. Mais lorsque je pose la question au président équatorien Raphael Correa, marié à une Belge, il me répond que c’est la langue de l’amour. Il y a toujours des surprises. Certain me disent c’est une langue romantique. Parfois, c’est aussi une question pièges. Un philosophe africain m’a dit que c’est la langue de la domination. Au Liban, certains peuvent penser que la langue française est une langue élitiste.

La francophonie, ce n’est pas la langue de la France. Il n’y a pas qu’un Français, il y a plusieurs Français. Il ne s’agit pas de nier que l’anglais dans le monde est une langue forte mais moi, à l’antenne, je ne fais pas d’anglicisme.

 

 

 


Matteo El Khodr 

J’ai toujours été francophone, notamment car je suis né dans une famille francophone. J’ai vécu à Paris pendant 10 ans, à Genève pendant 2 ans, et j’ai décidé de revenir à Beyrouth par choix il y a plus d’un an.

Au Liban, certains m’ont critiqué, considérant que le Français faisait de moi un « efféminé ». Apparemment la langue française manque de masculinité.

Chez moi, c’est spontané : je réfléchis et pense en français. Partout où je vais, je parle en français. J’impose le respect de la langue française.


Sae’lis

Moi aussi, je suis aussi francophone de nature et d’éducation. Nous faisons partie d’une génération et d’un monde que l’anglais a envahi. Quand on est Libanais, on est trilingue par défaut.

Le Liban, tel qu’il a brillé dans l’histoire, est un pays francophone et c’est important de perpétuer cette image.

C’est bien qu’une chaine comme TV5Monde puisse accueillir sur ces plateaux des acteurs de la vie culturelle de notre génération


Raya Farhat 

J’étais au lycée français et mon père enseignait le droit à la Sorbonne, à Paris. Le trilinguisme fait partie de nous.


 

Retrouvez le programme ICI : http://www.tv5monde.com/cms/chaine-francophone/publications/p-33050-Le-Tour-du-monde-de-la-Francophonie-a-partir-du-21-septembre.htm

 

Hélène Boyé, directrice de la publication de LPJ Beyrouth

Hélène Boyé

Co-fondatrice et directrice de publication LPJ Beyrouth. Expatriée depuis plus de 17 ans au Liban, atteinte de « libanolose », mon seul désir, faire connaitre le Liban sous un autre regard.
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