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Retour sur la Folle journée Street Art

Par Caroline IRIGOIN | Publié le 02/10/2017 à 00:14 | Mis à jour le 08/10/2017 à 13:38
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Du 27 au 30 septembre, le festival annuel Folle journée Street Art, organisé par l’Institut Français (IF) a proposé une expérience immersive dans la culture hip hop libanaise, déclinant les cinq éléments structurants de cet art : le rap, la danse, le graffiti, le mixage et le « knowledge ».

 

Les graffitis qui colorent de part et d’autre la ville de Beyrouth depuis la fin de la guerre civile constituent une expression artistique encore jeune au Liban. La 5e édition du festival Les 5 éléments – Folle journée Street Art a été l’occasion pour les acteurs de la culture hip hop de s’exprimer sur leur art et de le faire découvrir.
 

Le festival a débuté avec un concert de rap, présenté par Hip Hop Essentials 101, dans le pub Radio Beirut, situé dans le quartier de Mar Mikhaël, à Beyrouth. Rappeurs, graffeurs et danseurs ont offert un spectacle déchaîné.  “Même pour dénoncer les pires choses de notre quotidien, il faut de la couleur. En musique ou en peinture, c’est pareil. Il faut que ça frappe mais sans douleur”, confie Kaalam, l’un des artistes s’étant produit.
 

Autre temps fort de la semaine hip-hop, le vernissage de l’exposition Al Asli de Bilal Tarabey dans les locaux de l’IF. Proposant une série de portraits en noir et blanc, le photographe et photojournaliste met en lumière avec finesse et authenticité - Al Asli signifie l’authentique - le portrait des artistes qui donnent vie aux murs de Beyrouth.

bilal tarabay
 

Le vernissage de l’exposition a été suivi par la projection du documentaire Graffiti men Beirut, réalisé par Sarah Claux et Nicolas Soldeville (Niksa prodution). Retraçant l’histoire du graffiti au Liban à travers le regard des artistes, ce film décrit avec justesse le graff comme expression artistique, moyen d’émancipation sociale et arme politique.

Le lendemain, une table ronde intitulée « D’Ouzaï à Ouzville » a été l’occasion pour l’entrepreneur Ayad Nasser, à l’origine du projet de rénovation urbaine dans ce quartier pauvre de la banlieue sud de Beyrouth,  de questionner l’impact de l’art sur les relations dans le quartier. « Par cette rénovation urbaine et le street art, on a changé la manière dont les gens ressentent leur pays. Ils deviennent plus responsables », affirme M.Nasser. « Il faut engager le street art dans une fabrique du social. Le street art a permis à Ouzai de créer un terreau fertile pour fédérer les énergies et les talents. Mais pour ce soit durable, il faut également impulser un mouvement organique, une énergie qui émane de l’intérieur », soutient l’architecte Farah Makki.
 

Des performances et de battle de danse hip-hop ont ensuite été proposées avant le spectacle dédié à la calligraffiti. La performance de calligraffiti digitale de Schriftzug, accompagnée par la musique de LØC, a permis au public de se familiariser avec cette récente pratique artistique qui combine calligraphie et graffiti.
 

Le festival s’est achevé avec la projection du documentaire Beyrouth Street : Hip-Hop au Liban, réalisé par Salim Saab. Donnant la parole à diverses figures de ce mouvement artistique, ce film montre le potentiel unificateur de la culture hip-hop.
 

 

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