Découverte du projet Everybody Is My Bob et de son créateur Antoine Smith

Par Clara Le Divenach | Publié le 13/07/2022 à 18:27 | Mis à jour le 14/07/2022 à 10:07
Photo : Antoine Smith © LPJ_Berlin - Emma Granier
Portrait d'Antoine Smith

Coiffer les gens d’un bob jaune aux lettres bleues et les prendre en photo : tel est le projet original d’Antoine Smith, artiste français auteur de EIMB (Everybody Is My Bob) et qui sillonne l'Europe dans le but d'interroger notre rapport au monde digital. Nous l'avons rencontré lors de son passage à Berlin.

 

Après un parcours éclectique comprenant une école de beaux-arts, de la musique, et des émissions audiovisuelles sur la représentation de la diversité, Antoine Smith a décidé de se pencher sur la question de la porosité entre le monde réel et le monde connecté.

 

Le projet EIMB est né du confinement « Je ne parlais plus qu’au travers des ordinateurs et des machines. Ce qui m’a aussi dérangé avec le confinement, c’est que le centre d’activité était uniquement cérébral : sur internet, tout n’est qu’infos, et il n’y a plus rien de l’ordre du ressenti. » nous explique-t-il.

Ce bob est donc devenu une excuse pour recréer du lien, aller parler aux gens dans la rue et entrer en contact direct avec eux, sans le biais des algorithmes. 

Je me suis rendu compte que c’était un réseau social du réel, et un outil de réhumanisation. 

Pour ce projet, Antoine Smith a décidé de voyager dans plusieurs pays d’Europe et de photographier le plus de personnes possibles avec le bob. Le but serait de voyager sur plusieurs continents : « Mon rêve c’est de faire le monde entier, de mettre des Touaregs à côté de diplomates de Washington. »

L’universalisme est d’ailleurs un des sous thèmes du projet :

 

La future exposition a pour but de réunir des gens qui n’ont rien à voir entre eux, nous confie-t-il, et de mettre les uns à côté des autres, des gens de toutes les classes sociales et qui sont exactement les mêmes avec le bob.

L’idée d’un bob en velours côtelé jaune avec de grandes lettres bleues est venue progressivement. Au départ, le chapeau était censé être une casquette, mais Antoine Smith trouvait qu’un bob était plus universel et plus sympathique. Aujourd’hui, ce bob a déjà coiffé plus de 2000 têtes, immortalisées sur son compte Instagram. Il n’est encore qu’au début de son périple de plus de trois mois, et doit encore traverser de nombreuses villes d’Europe comme Prague, Budapest, Belgrade, Athènes, Rome, Lisbonne ou encore Bilbao.

 

Page instagram - Every body is my bob

 

Antoine Smith envisage plusieurs prolongements pour la suite : une exposition avec les photos de toutes les personnes ayant posé avec le bob sur les lettrages géants du nom du projet, mais aussi un documentaire rapportant les discussions des personnes rencontrées en cours de route. Pour aller encore plus loin, il aimerait également faire des conférences autour de la digitalisation de la société, et également aider des associations à lutter contre les dangers du numérique.

 

Le bob aura également une seconde vie, l’un des autres thèmes du projet étant la mémoire des objets : une fois le projet terminé, le chapeau sera mis sous cloche pour conserver le souvenir de tous ceux qui l’auront porté.

 

Pour recevoir gratuitement notre newsletter du lundi au vendredi, inscrivez-vous !

Pour nous suivre sur FacebookTwitter et Instagram.

Clara le divenach

Clara Le Divenach

Etudiante en master de relations internationales, Clara fait partie de la rédaction berlinoise depuis juin 2022. Attirée par l'histoire et la culture berlinoise, elle aime vivre et partager de nouvelles expériences.
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Berlin !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Emma Granier

Rédactrice en chef de l'édition Berlin.

À lire sur votre édition locale