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LECTURE - Un Goncourt sur scène

Par Lepetitjournal Berlin | Publié le 22/10/2012 à 00:00 | Mis à jour le 21/11/2012 à 14:16

Marie N'Diaye, couronnée du Goncourt en 2009, est l'’un des écrivains français les plus doués de sa génération. Ce soir à Francfort, dans le cadre des Journées culturelles de la BCE, elle lit un de ses textes inspiré de Berlin où elle vit, accompagné de musique et vidéos orchestrées par Denis Cointe. Pour cette première allemande, elle a répondu aux questions du Petitjournal.com


Marie N'diaye lit son oeuvre sur fond de vidéos et de musique (©Desmesure)

Romancière atypique, féministe et engagée, Marie N'Diaye surprend par l'étrangeté de ses récits. Récompensée par le Prix Fémina 2001 pour "Rosie Carpe" et par le Goncourt 2009 pour "Trois femmes puissantes", elle est aussi la seule écrivaine à voir de son vivant l'une de ses oeuvres inscrites au répertoire de la Comédie Française, "Papa doit manger".
Marie N'Diaye est ce soir à Francfort pour un spectacle pluridisciplinaire créé avec le vidéaste Denis Cointe dans le cadre des Journées culturelles européennes de la BCE et à l'invitation de l'Institut Français. Sur la scène du Schaupiel, elle lira, pour la première fois en Allemagne, un long poème en prose qu'elle a écrit sur Berlin, la mémoire et la transmission, "Y penser sans cesse", traduit par "die Dichte" en allemand (soit épaisseur ou densité). Une lecture sur fond d'images d'anonymes tournées par Denis Cointe projetées en fond de scène et accompagnés par la création musicale de Frédéric Cazaux (claviers, ordinateurs) et Sébastien Capazza (guitare basse). Elle a accepté de répondre à quelques questions du petitjournal.com par mail.

Comment est née "Die Dichte"? Y a-t-il eu d'abord la naissance de votre texte puis la rencontre avec Denis Cointe ou tout a tout de suite été pensé ensemble?
Marie N'Diaye : Le texte est né d'une commande que m'a passée Denis Cointe : il souhaitait réaliser un spectacle qui marierait musique, vidéo et mots. Je n'avais qu'une contrainte de format. Nous avons travaillé chacun de son côté, lui ignorant que j'écrivais sur Berlin et moi, de même, ne sachant pas qu'il tournerait sa vidéo depuis le Ring-Bahn.

Berlin est au coeur de "die Dichte". Pourquoi cette ville et l'Allemagne?
Je connais Berlin depuis longtemps, y ayant séjourné à de nombreuses reprises à partir de 1988. Lorsque le choix d'une ville s'est posé, l'idée de Berlin est venue tout naturellement.

Vous vous y êtes installée en 2007 en grande partie en raison de l'ambiance en France sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Avec l'alternance politique en France êtes-vous prête à rentrer ? Ou bien est-ce important d'offrir une double culture à vos enfants ou, encore, ressentez-vous cette sensation comme beaucoup d'expatriés d'être devenue étrangère en France ?
Je ne me sens pas du tout étrangère en France, peut-être parce que je ne suis expatriée que depuis cinq ans et demi. C'est en Allemagne que je me sens étrangère, car je maîtrise encore mal la langue. Mais c'est une sensation que j'aime beaucoup, de me sentir étrangère quelque part. J'ai quitté la France aussi parce que je m'y sentais trop chez moi, que tout m'y semblait excessivement familier. Je suis fière et contente que mes enfants soient bilingues et qu'ils étudient ici. Il n'est pas question, pour le moment, de "rentrer" en France, ne serait-ce que parce que nous nous sommes fait à Berlin une vie à laquelle nous sommes attachés- nous y avons des amis chers, un quartier que nous aimons, tout un tas d'habitudes quotidiennes qu'il nous attristerait de quitter.

Propos recueillis par Anne Le Troquer (www.lepetitjournal.com/francfort) Lundi 22 octobre 2012{jcomments on}

"Die Dichte", le 22 octobre à 20h00 au Schauspiel Frankfurt, Neue Mainzer Straße 17. Entrée: 12 à 20 euros. Il reste encore quelques places (résa sur www.schauspielfrankfurt.de ou 069-13445555 entre 10h et 14h). En français, sous-titré allemand.

Autres représentations :

Le 23 octobre à 19h00 au Staatstheater de Stuttgart (Königstraße 1B)
Le 24 octobre à 20h00 au Theater d'Heidelberg (Theaterstraße 10)


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