Lundi 10 août 2020

BON À SAVOIR – Pourquoi le concept de « Ticket-Sharing-Tasche » est-il interdit à Berlin et en Allemagne ?

Par Lepetitjournal Berlin | Publié le 28/01/2015 à 23:00 | Mis à jour le 29/01/2015 à 03:00

Un étudiant de Nuremberg a eu l'idée de créer le « Ticket-Sharing-Tasche », une petite poche en papier suspendue au mur d'une station de métro et destinée à partager son ticket encore valable avec d'autres utilisateurs des transports en commun. À Berlin, avec des billets utilisables pendant deux heures et coûtant 2,70 euros, le concept peut paraître sympathique, mais est illégal. Le Petit Journal de Berlin vous explique les risques encourus pour les voyageurs qui seraient tentés par le « Karmaticket ».

Un ticket pour un aller simple, fourni par BVG (Berliner Verkehrsbetriebe), est valable pendant deux heures et coûte 2,70 euros. Cependant, rares sont les personnes à réellement avoir besoin de plus de 120 minutes pour effectuer leur trajet. Ni de 90 minutes, durée maximale autorisée à Nuremberg par la société de transport en commun VAG (Verkehrs-Aktiengesellschaft Nürnberg). Voilà pourquoi, Paul Blotzki, un étudiant de Nuremberg, a inventé la « Ticket-Sharing-Tasche ». Le concept est simple : quand les voyageurs n'ont plus besoin de leur ticket et qu'il reste du temps pour effectuer un trajet supplémentaire, ils peuvent le déposer dans une petite poche en papier suspendue à un mur de la station afin que quelqu'un d'autre puisse continuer à l'utiliser, sans avoir besoin d'en acheter un. Paul Blotzki appelle ce titre de transport, le « Karmaticket ». Cette « Ticket-Sharing-Tasche » est accessible sur Internet ; il est donc possible d'imprimer la feuille, de la plier pour en faire une petite poche et de la coller à un endroit visible de la station de métro concernée.

Un concept illégal
Or, même si certains adhérent à ce principe en ne jetant plus leur titre de transport à la poubelle, l'idée de Paul Blotzki n'est pas légale. Transmettre son ticket à quelqu'un d'autre est interdit à Berlin. Selon les conditions de transport prévues par BVG, la validité du ticket s'arrête dès que le voyageur a terminé son trajet et quitte le moyen de transport, qu'il s'agisse du tram, du train, du bus ou du métro. C'est la raison pour laquelle descendre du bus pour aller boire un café, par exemple, puis remonter pour continuer son voyage avec le même titre de transport, n'est pas permis non plus. Théoriquement, cet utilisateur des transports en commun est obligé d'acheter un nouveau ticket.

VAG a prévenu que ces poches bricolées seraient immédiatement enlevées de toutes les stations. Selon le point 5.1.1. de ses dispositions tarifaires, « les tickets pour un aller simple autorisent un trajet dans la direction de la destination finale du voyageur ». À Cologne, la KVB (Kölner Verkehrs Betriebe) est davantage explicite : « des tickets pour un aller simple ne peuvent être transférés ».

La raison principale de l'acharnement sur ces poches en papier ? Les entreprises craignent sans doute un préjudice financier considérable si ce « Karmaticket » devenait à la mode. À Berlin, la vente des billets simples qui ne sont valables qu'une seule fois, correspond environ au tiers du chiffre d'affaires de l'ensemble des ventes de billets. En 2013, ce dernier s'élevait à près de 600 millions d'euros. De plus, ces sociétés connaissent déjà une perte de chiffre d'affaires liée aux nombreux fraudeurs : en 2013, 500 000 personnes ont été contrôlées sans ticket.

Ce que l'on risque
Ni nom, ni photo ne figurent sur les tickets pour un aller simple. Les contrôleurs ne peuvent donc pas savoir si vous êtes bel et bien l'acquéreur du titre de transport que vous lui présentez ou si ce dernier a été utilisé plus d'une fois. Mais s'ils arrivent à repérer une personne, il s'agit de débourser 40 euros, tarif de l'amende appliqué pour ne pas être en possession d'un billet valable.

Si les employés de BVG prennent une personne en flagrant délit en train d'accrocher cette poche au mur d'une station, il peut y avoir des poursuites judiciaires.

J.W. (www.lepetitjournal.com/Berlin) jeudi 29 janvier 2015

Savoir plus :

Réglementation de la BVG :

http://www.bvg.de/de/Serviceseiten/Befoerderungsbedingungen

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