Édition internationale

BILLET ECO - Un G " vain " d'apparence

Écrit par Lepetitjournal Berlin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 février 2013

 

La réunion du G20, du week-end dernier, à Moscou s'est terminée, comme toutes ces réunions internationales, par un communiqué qui ne fâche personne. En clair, il fut acté que "la guerre des monnaies" n'était qu'un mirage, et les ministres des Finances et banquiers centraux, ont remis à plus tard l'adoption de nouveaux objectifs de réduction de la dette, car dans un moment de lucidité, ils ont compris que cela ne mènerait nulle part, alors que les économies restent extrêmement fragiles ! Les Grecs, les Espagnols. les Portugais et les Italiens apprécieront de s'être sacrifiés depuis 3 ans, et pour rien !

Voeux pieux
" Nous nous abstiendrons de procéder à des dévaluations compétitives ", dit le communiqué, alors que depuis 6 semaines, sur le marché des changes c'est la guerre ! A une nuance près tout de même : quand Shinzo Abe, Premier ministre du Japon, évoque la baisse des exportations japonaises, les marchés font immédiatemment baisser le Yen. Quand Tim Geithner, l'ancien secrétaire au Trésor américain, évoque la croissance de son pays, les marchés font baisser le dollar, mais quand F.Hollande se plaint d'un euro trop fort, et que A.Merkel trouve la monnaie unique à son juste niveau, les marchés font monter l'euro ! Cherchez l'erreur...

La croissance en ligne de mire
Bien entendu, les hiatus habituels sur "les réformes structurelles dans tous les pays" pour relancer à terme la croissance ont fleuri ici et là, mais il semblerait que l'Europe - sauf l'Allemagne - ait pris acte que les politiques d'austérité ont vécu, et qu'il faut ouvrir une autre voie. Les Américains et les Anglais ont abandonné toute réforme bancaire par exemple, considérant qu'il n'est pas le moment de changer les règles du jeu, alors que le système vacille encore, et qu'on se trouve au beau milieu d'une récession.

Chypre, nouveau casse tête européen
Et pendant ce temps, Chypre est menacé de banqueroute. Avec une économie dix fois plus petite que celle de la Grèce, le pays risque la mise en faillite pure et simple, avec une dette de 17 milliards. Les Allemands sont excédés, et Mario Draghi, gouverneneur de la BCE,  dénonce la légèreté des équipes d'Angela Merkel, car une faillite du pays serait dévastatrice pour la zone euro. Alors que faire? Le FMI propose une restructuration de la dette chypriote, à la hache, c'est à dire une dépréciation brutale des créances privées, ce qui veut dire que ce sont les déposants chypriotes qui perdraient une partie de leurs avoirs. La Russie, étant le premier créancier de l'île, va devoir mettre la main à la poche. Mais ce dossier, géré de manière très discrète pour l'heure, va empoisonner sans doute encore plus, les relations entre l'Allemagne et ses voisins. Dieu qu'il est difficile de cohabiter !

Amine Cassim (www.lepetitjournal.com/Berlin) jeudi 21 février 2013

A relire :

http://www.lepetitjournal.com/berlin/accueil/actualite/140301-billet-eco-la-guerre-des-monnaies-aura-lieu

http://www.lepetitjournal.com/berlin/economie/139568-billet-eco-tout-ca-pour-ca

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Publié le 21 février 2013, mis à jour le 21 février 2013
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