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Un ex-chef de police s’explique sur un emprunt de 8 M€ à un proxénète

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 18/02/2018 à 00:00 | Mis à jour le 20/02/2018 à 00:52
Photo : Photo : LILLIAN SUWANRUMPHA/AFP - Une employée du Bureau des Enquêtes Spéciales présente des preuves collectées lors de la perquisition au salon de massage "Victoria Secret"
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Un ancien chef de la police thaïlandaise a été interrogé jeudi par rapport à des emprunts d’un total de 8 millions d’euros qu’il aurait obtenus d’un patron d’un lieu de prostitution en fuite contre lequel pèsent des accusations de proxénétisme. Une affaire qui offre une rare opportunité de d’entrevoir les liens étroits qu’il peut y avoir entre des policiers et l’industrie du sexe en Thailande.

Somyot Poompanmoung, qui aujourd’hui dirige l’Association Thaïlandaise de Football, a admis avoir reçu d’importantes sommes sous la forme de prêts de la part du patron du salon de massage "Victoria Secret", connu à Bangkok pour être un haut lieu de prostitution.

La police, avait effectué une descente le mois dernier au "Victoria Secret", dans la banlieue de Bangkok.

Les policiers y avaient trouvé plus de 100 travailleuses du sexe issues de Thailande, de Birmanie, du Laos et de Chine. Au moins 13 d’entre elles étaient manifestement des victimes de trafic humain, la plupart étant des mineures originaires de Birmanie qui avaient été contraintes de travailler là.

Un registre découvert pendant la perquisition mentionnait 20 officiels qui se seraient vu offrir nourriture, boissons et même des "massages". 

Parmi eux apparaissaient notamment un commissaire et cinq policiers, mais aussi un agent de la lutte contre le trafic humain dont le nom n’a pas été révélé ainsi qu’un agent du fisc.

L’établissement fait partie d’une myriade d’immenses et très voyants salons de massage ("massage parlour") ayant pignon sur rue à Bangkok et qui proposent dans des chambres privées équipées de grandes baignoires des services sexuels illégaux mais néanmoins vendus ouvertement.

Les descentes dans ce genre d’endroits sont rares et se produisent généralement lorsque la police pense que des filles mineures y travaillent. 

Jeudi, l’ancien policier, connu pour son franc-parler s’est présenté au Bureau des Enquêtes Spéciales (DSI) pour y être interrogé sur ses liens avec Kampol Wirathepsuporn, propriétaire supposé du Victoria Secret et d’autres salons de massage.

"Je suis venu ici en tant que témoin pour apporter des informations. Je ne peux pas donner de détails," a indiqué Somyot Poompanmoung aux journalistes.

Le directeur du DSI, Supat Thamthanarug, a confirmé que l’ancien policier ne faisait l’objet d’aucun chef d’accusation.

Tandis que la police détient sept proxénètes et intermédiaires liés au Victoria Secret, Kampol Wirathepsuporn et son épouse restent introuvables.

"Un emprunt est un emprunt"

Les autorités disent être toujours en train d’enquêter pour déterminer lesquels des officiels mentionnés dans le registre de comptes figurent parmi les patrons du salon de massage.

Somyot Poompanmoung a indiqué aux journalistes la semaine derniere que Kampol Wirathepsuporn était un ami de longue date qui l’avait aidé financièrement durant des périodes difficiles.

Il a dit que les transactions avaient été effectuées légalement et déclarées comme il se doit auprès de l’agence anti-corruption en 2015, alors qu’il était le chef de la police nationale.  

"Un emprunt est un emprunt, une aide est une aide et l’argent a été ensuite remboursé," a-t-il insisté la semaine dernière en réponse à des accusations de méfaits répréhensibles, ajoutant qu’il n’avait pas demandé à son ami d’où venait l’argent.

Néanmoins, les liens étroits entre un haut responsable de la police et le propriétaire d’un haut lieu de prostitution ont attiré l'attention en Thaïlande, où se succèdent les scandales mettant en évidence une corruption qui protège les riches et les mieux connectés du royaume.

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