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SANTÉ – Le préservatif en Thaïlande, un problème de taille

Par Lepetitjournal Bangkok | Publié le 14/07/2013 à 22:00 | Mis à jour le 08/02/2018 à 14:02

Le ministère de la Santé compte acquérir un stock de préservatifs plus larges pour s’adapter au changement morphologique des jeunes Thaïlandais, et lutter plus efficacement contre le Sida. Dans le passé, le ministère a mené plusieurs campagnes, dont une surprenante, pour démocratiser ce moyen contraceptif.

Selon Pornthep Siriwanarangsun, un responsable du Département du contrôle et de prévention des maladies, rattaché au ministère de la Santé, la largeur moyenne du sexe des Thaïlandais de moins de 30 ans est plus importante que celle constatée chez les générations précédentes. “La plupart des hommes en Thaïlande mesurent plus de 1,70 mètre et pèsent plus de 70 kg. Ils ne peuvent plus utiliser des préservatifs dont la largeur varie entre 49 et 52 millimètres de diamètre ”, a indiqué Pornthep au Bangkok Post (12 juillet). Le ministère de la Santé envisage donc d’acquérir un stock de préservatifs d’une largeur de 54 mm. Objectif : satisfaire les besoins des jeunes Thaïlandais, plus exposés que les autres tranches d’âge au virus du Sida. “Les Thaïlandais ne se sentent pas à leur aise avec des préservatifs trop petits et peuvent avoir la tentation de ne pas les utiliser”, explique le responsable.

Les projections statistiques officielles indiquent que 43.000 personnes devraient être infectées par le virus entre 2012 et 2016. Le nombre de personnes ayant contracté l’infection du VIH a augmenté de 11% entre 1987 et 2012, et celui-ci progresse toujours. Environ 230 millions de préservatifs sont vendus chaque année en Thaïlande, mais le ministère, faute de moyens financiers, ne peut en fournir que 40 millions annuellement.

Les pouvoirs publics thaïlandais ont déjà mené par le passé plusieurs campagnes “chocs” pour lutter contre la propagation des maladies sexuellement transmissibles. En février 2012, pour la fête de la Saint-Valentin, le ministère de la Santé avait distribué gratuitement 60 millions de préservatifs, notamment aux populations à risques. D’après une étude citée à l’époque par le Bangkok Post, Saint-Valentin rime avec jour coquin pour les jeunes Thaïlandais : 15,4% des 16-18 ans, 12,5% des 19-22 ans et 16% des 23-29 ans projetaient de perdre leur virginité le 14 février. Le quotidien anglophone rapportait aussi cette année-là que les prostituées n’avaient droit qu’à 16 capotes gratuites par an de la part des autorités sanitaires du pays.

En octobre 2011, alors que la Thaïlande était touchée par des inondations record. Certaines zones en provinces étaient inaccessibles par voie terrestre. Le ministère de la Santé avait fait parachuter par hélicoptères des colis de préservatifs dans les régions reculées du royaume. Les autorités craignaient en effet que, désœuvrés, les villageois ne fassent trop de galipettes sans moyens contraceptifs, entrainant une avalanche de grossesses intempestives. Un problème d’autant plus sensible en Thaïlande que l’avortement y est interdit, sauf si la grossesse met en danger la santé de la mère, fait suite à un viol ou à un rapport incestueux.
LB () lundi 15 juillet 2013
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