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L’enfant des rues devenu No1 thaïlandais de skate est prêt pour les JO

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 30/08/2018 à 00:00 | Mis à jour le 30/08/2018 à 09:07
Photo : Mohd RASFAN / AFP - Attiwat "Oat" Rueangsri s'entraine lors des Jeux Asiatiques à Palembang en Indonésie
Champion thailandais de skate

Le numéro un thaïlandais de skateboard, Attiwat "Oat" Rueangsri, a manqué de peu la médaille aux Jeux Asiatiques, mais il vise déjà les JO de Tokyo 2020 qui verront ce sport faire ses débuts olympiques. 

Du petit gosse des rues qui mangeait dans une boite de conserve au champion thaïlandais de skateboard, "Oat" Athiwat est un diplômé de l’école de la vie à la dure.

Mais ce jeune de 24 ans, abandonné par ses parents et battu par ses proches, ose se prendre a rêver des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 après une très prometteuse quatrième place aux Jeux Asiatiques de Jakarta. 

Oat n’a jamais connu sa mère, et son père l’a abandonné pour devenir bonze et s’engager dans la vie monastique. A l’âge de huit ans, il était balloté d’un membre de sa famille à l'autre dans la ville de Suphanburi, à quelques heures de voiture de Bangkok. Souvent victime de violences de la part de ceux qui veillaient sur lui, il dormait dans la rue, sans cesse la faim au ventre et personne vers qui se tourner. "Je mangeais ce que je trouvais, même du chewing-gum au sol ou des restes que je dégotais dans une poubelle," explique Oat, la voix étranglée, en essuyant une larme sur sa joue. "Je n’avais aucun ami."

L’issue qui permit à Oat de s’extraire de la pauvreté se présenta le jour où un étudiant lui montra quelques figures de skateboard. Il fut instantanément séduit. "Je sentais que je pouvais devenir un vrai skateboarder," dit-il. "Lorsque je parvenais à maitriser de nouvelles figures, j’allais dormir en faisant de beaux rêves."

Par un heureux coup du destin il se trouve que l’équipe nationale de skateboard s’entraine de temps en temps à Suphanburi. Impressionnés par l’engouement du garçon, ils lui apportèrent un skateboard lors de leur visite suivante dans le cadre de leur campagne de sensibilisation. "Lorsque nous voyageons à travers la Thaïlande, nous voyons des garçons comme lui tout le temps," dit Apichat Rutnin de l’Association thaïlandaise de Sports Extrêmes. "C’est un rêve d’enfant de s'en aller avec le cirque."

Vagabond skateur 

A l’âge de 11 ans, le jeune vagabond skateur se cacha dans un bus en direction de la capitale, trouva son chemin jusqu’au terrain d’entrainement de l’équipe. "Nous avons été beaucoup ému par son histoire et nous l’avons pris avec nous," dit Apichat. "Normalement, un gars qui intègre notre équipe doit se prévaloir d’un certain niveau, mais nous avons pensé que nous devions lui donner sa chance."

Oat n’était pas le skateur le plus habile, selon Apichat. Mais il était sûr de lui, déterminé et discipliné. "Il ne regardait pas la TV et ne jouait pas aux jeux vidéo comme les autres gamins," dit-il. "Il était toujours le premier arrivé et le dernier parti."

Oat passa à côté de sa première compétition, finissant dernier, mais cela n’a fait que renforcer sa détermination. A 14 ans, il était premier du classement amateur et arrivait au haut niveau. Deux ans plus tard, il était le premier skateur de Thaïlande, une place qu’il tient depuis huit ans.

Arborant un large sourire, Apichat décrit le pari d’intégrer Oat comme une "très bonne décision".

"Un vrai sport"

Au Jeux Asiatiques, Oat a manqué de peu la médaille dans la catégorie "street", avec de nombreuses figures sur les rails, marches et rampes. Mais il a déjà les yeux rivés sur Tokyo 2020 qui va voir les débuts olympiques du skateboard.

Le gouvernement thaïlandais a payé pour permettre à l’équipe de s’entrainer en Californie, où Oat "a atteint un autre niveau", selon l’entraineur Eric Kirkwood.

Les skateurs aux Etats-Unis et ailleurs en occident ont pu faire carrière grâce à des contrats de sponsors, jusqu’à récemment résister à des ouvertures pour rejoindre les Jeux olympiques. Ce n’est pas le cas pour la plupart des skateurs en Asie, qui ont peu de marques de skate avec de l’argent à dépenser. 

Mais s’entrainer pour un sport olympique ajoute un degré de légitimité –pour les ministères et les parents concernés. "Les mêmes gars qui aurait dû arrêter (le skateboard) sont désormais soutenus pour le gouvernement," explique Kirkwood. "

Oat est revenu plusieurs fois à Suphanburi pour s’entrainer. Un jour, il est passé devant la maison de sa tante, et lorsque sa famille a su qu’il était dans l’équipe nationale, ils l’ont serré dans leur bras pour la première fois. Le temps où ils lui reprochaient de "trainer avec des drogués" au skate park est révolu. "Ce ne sont pas des drogués," il leur rétorquerait aujourd’hui. "Ce sont des athlètes, et c’est un vrai sport !"
 

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