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Elections en Thaïlande: Les campagnes autorisées et la date confirmée

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 12/12/2018 à 00:00 | Mis à jour le 12/12/2018 à 00:55
Photo : Pierre QUEFFELEC
Election Thailande

La junte thaïlandaise a levé mardi l’interdiction de faire campagne, confirmant dans le même temps la date des élections au 24 février. Néanmoins, les militaires sont loin d’avoir tout déverrouillé 

La junte militaire au pouvoir depuis plus de quatre ans en Thaïlande a levé ce mardi l’interdiction de mener des campagnes politiques à l’approche d’élections promises pour début 2019, amenant Thaksin Shinawatra - le milliardaire en exil au cœur de la division politique du royaume - à saluer un "nouvel espoir" pour la nation.

L'une des premières mesures prises par l'armée après le coup d’Etat de mai 2014 a été de bannir toute activité politique, muselant l'opposition dans un pays connu pour sa politique de la rue tapageuse - et souvent meurtrière.

Mais l'interdiction a été officiellement levée mardi, ce qui a amené la commission électorale à confirmer la date prévue du scrutin, le 24 février.
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"Les partis politiques devraient être en mesure de faire campagne pour présenter leurs politiques", selon un ordre signé par le chef de la junte Prayuth Chan-O-Cha et publié dans la Gazette Royale, l’équivalent du journal officiel.

La junte "a décidé de modifier ou d'abolir les lois" qui pourraient réfréner les campagnes électorales avant les élections, dit le document.
Les hommes au pouvoir avaient commencé à assouplir les restrictions en septembre, autorisant les partis politiques à recruter de nouveaux membres et élire leurs dirigeants. Mais les campagnes et les manifestations de rue restaient interdites.

L’ordonnance de mardi ouvre la voix à un retour possible à cette politique tumultueuse de la rue qui a fait tant parler de la Thaïlande ces douze dernières années avec ses grands rassemblements de masse.

A cette époque, la politique thaïlandaise était fortement polarisée entre les partisans du puissant clan Shinawatra – particulièrement populaire dans le nord et le nord-est - et l'élite royaliste et conservatrice, centrée sur Bangkok avec d’importants bastions dans le sud, et soutenue par l'armée.

Une grande partie de l’élite militaire déteste Thaksin, cet ancien flic devenu un magnat des télécommunications qui avait remporté des élections haut la main en 2001 et l’armée entend bien empêcher à tout prix le clan Shinawatra de revenir au pouvoir.

Une nouvelle Constitution a inscrit dans le marbre la politique du gouvernement pour les 20 prochaines années, dilue le nombre d’élus au Parlement, instaure une chambre haute dont les membres sont nommés et ouvre la possibilité d’avoir Premier ministre qui ne soit pas un élu.

"Je tiens à féliciter le peuple thaïlandais, car aujourd'hui marque le début d'un nouvel espoir de retour de la liberté et de l'égalité", a déclaré Thaksin dans un rare message posté sur Facebook, après la levée de l'interdiction de faire campagne.

Il a également demandé que la constitution soit modifiée dans un message accompagné d'une photo de lui faisant le fameux salut à trois doigts de la série de films "The Hunger Games", un emblème non officiel de l’opposition au régime de la junte au pouvoir en Thaïlande.

- Il est temps de voter –

En attendant, Prayuth, le chef de la junte, ne fait quasiment plus mystère de son intention de faire acte de candidature au poste de Premier ministre après les élections, lui qui affirme depuis quatre ans avoir été contraint par devoir de prendre le pouvoir.

Alors que l'interdiction politique muselait les factions rivales, lui parcourait le pays pour distribuer des opportunités économiques, se rendre disponible pour la photo et nouer des alliances avec les politiciens locaux.

Un parti politique affilié à l'armée a construit de larges alliances, allant même jusqu'à dissimuler des transfuges de partis rivaux, parmi lesquels Puea Thai, le parti soutenu par les Shinawatra évincé du pouvoir lors du coup d'État de 2014.

Mardi, un Prayuth tout sourire posait pour des selfies avec les candidats de Miss Univers en visite à Bangkok pour la finale du concours.

Néanmoins, des juristes rappellent que malgré la levée de l'interdiction de campagne, la junte conserve toujours des outils pour faire taire ses détracteurs, notamment la détention arbitraire.

"Il reste encore à voir dans quelle mesure les autorités laisseront la population se rassembler dans certains lieux "d’accès restreints", comme la Maison du Gouvernement ou près du palais", souligne Anon Chawalawan, du groupe de surveillance juridique iLaw.
 

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