Dimanche 16 décembre 2018
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

BUSINESS – Le papetier thaïlandais Double A se renforce en France

Par Lepetitjournal Bangkok | Publié le 19/12/2013 à 23:00 | Mis à jour le 09/02/2018 à 06:32

Le producteur thaïlandais de papier Double A a annoncé mardi qu’il renforçait sa présence en France en investissant à nouveau sur le site normand d’Alizay (Eure), près de Rouen, dont il a vanté la productivité.

Ce papetier spécialisé dans le papier de haute qualité, qui a l’ambition de jouer dans la cour des grands groupes mondiaux sur ce créneau, avait effectué sa première implantation hors de Thaïlande en rachetant le 23 janvier dernier l’usine de papier du site d’Alizay, une petite commune industrielle le long de la Seine, toute proche de Rouen.
Ce site, propriété auparavant de M-Real, avait été mis à rude épreuve en 2012 quand le géant finlandais avait décidé de fermer cette unité, laissant 330 salariés très qualifiés sans emploi.
Mais le personnel, le conseil général à majorité PS, la préfecture de l’Eure, la municipalité communiste entre autres, se sont mobilisés et ont facilité la tâche de l’investisseur thaïlandais.
Le conseil général a notamment choisi d’effectuer une "micro nationalisation", selon les termes du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, en rachetant le 23 janvier dernier le site complet à M-Real, vendeur réticent, pour 22 millions d’euros.
Il a ensuite revendu, dans la même journée, l’usine à papier à Double A pour 18 millions d’euros.
"Après avoir investi, nous avons trouvé que les employés étaient très professionnels, avec une productivité très élevée. Nous avons ainsi pu relancer très rapidement l’usine et atteindre rapidement une production complète", a expliqué à l’AFP Thirawit Leetavorn, vice-président exécutif du groupe.
Se félicitant du soutien des autorités françaises à tous les niveaux, y compris de l’ambassade de France à Bangkok qui lui a délivré son visa en un temps record, le groupe thaïlandais a décidé de renforcer sa présence sur le site en rachetant cette fois l’usine de pâte à papier, abandonnée par M-Real en 2009.
Double A, qui avait repris dans un premier temps 150 salariés dont 80% des anciens de M-Real, va embaucher une centaine de salariés supplémentaires, ce qui va porter les effectifs à 250 au total, selon le vice-président.

Du bois venu de Thaïlande
Le groupe devrait apporter un investissement supplémentaire de 50 millions d’euros, selon un communiqué d’Arnaud Montebourg qui s’est félicité qu’il ait fait "le choix de la France".
En conférence de presse sur le site, Thirawit Leetavorn s’est contenté de dire que le montant n’a pas encore été "finalisé".
Outre la qualification et la productivité du site d’Alizay, le groupe thaïlandais, dont la production normande va être en grande partie exportée vers l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et les Amériques, en apprécie sa localisation, proche du port de Rouen "d’où nous pouvons envoyer nos cargaisons vers l’Atlantique", a indiqué le vice-président.
Le département a gardé 4 des 50 hectares du site pour construite une plateforme portuaire sur la Seine qui permettra notamment l’acheminement par voie fluviale, via le port du Havre, du bois d’Eucalyptus que le groupe va faire venir de Thaïlande.
Ce bois d’élevage, qui pousse beaucoup plus vite que les espèces françaises, permet la production d’un papier de qualité supérieure.
Le groupe compte investir aussi dans une centrale de production d’énergie à base de biomasse dont il est propriétaire depuis janvier, et qui produira de l’électricité et de la vapeur en brûlant les résidus d’eucalyptus et d’autres espèces. L’énergie non utilisée pour les usines du site pourra être revendue.
L’installation d’une production intégrée de la part du Thaïlandais, de la fabrication de pâte jusqu’à l’élimination des résidus, a réjoui les autorités locales qui ont "oeuvré avec une mobilisation sans faille", selon un communiqué de M. Montebourg.
L’investissement thaïlandais "confirme le caractère exemplaire du processus de reprise d’activités sur le site d’Alizay, devenu emblématique des enjeux de réindustrialisation en France", a estimé le conseil général.
Quant au maire communiste, Gaëtan Levrite, il ne cachait pas sa joie. "Je suis le plus heureux des maires", a-t-il dit à l’AFP.
AFP () vendredi 20 décembre 2013

{loadposition 728-2_bangkok-article}

0 Commentaire (s)Réagir