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Symbole de la coopération américano-thaïlandaise, Cobra Gold a perdu de son mordant

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 21/02/2022 à 00:00 | Mis à jour le 21/02/2022 à 05:22
Photo : REUTERS/Soe Zeya Tun (archives)
Cobra-Gold-Thailande-2022

Les exercices militaires conjoints annuels entre États-Uniens et Thaïlandais ont débuté dimanche dans un format réduit consacré largement aux manœuvres humanitaires, sans les jeux de guerre habituels.

Lancées en Thaïlande en 1982, les manœuvres conjointes Cobra Gold étaient les tout premiers exercices militaires multinationaux au monde. Ce grand rendez-vous annuel, généralement marqué par d’impressionnants déploiements de troupes dans des jeux de guerre grandeur nature, constitue pour les États-Unis un élément clé de consolidation de l’alliance américaine en Asie face à l’influence croissante de la Chine.

Mais après le coup d’Etat de 2014 mené par l’actuel Premier ministre Prayuth Chan-O-Cha, Cobra Gold a perdu de son lustre, la Thaïlande qui avait jusque-là le statut d’allié majeur des Etats-Unis en Asie hors-OTAN ayant commencé à prendre des distances, mécontente des critiques occidentales, et à se rapprocher de la Chine.

En 2015, la junte thaïlandaise et les Etats-Unis d’Obama ont en effet réduit leur participation mutuelle aux manœuvres. La Thaïlande a également demandé à l’US Navy de retirer ses forces de l’île de Phuket, note en 2016 le Centre d’Etudes Stratégique de la Marine française (CESM), ajoutant que le royaume souhaitait concentrer ses activités sur la lutte anti-sous-marine - avec notamment l’achat de sous-marins chinois.

En novembre de la même année, la Thaïlande a accueilli ses premiers exercices conjoints avec la Chine, ce qui a clairement été interprété comme un basculement de la junte vers Pékin.

Effectifs réduits

Alors qu’en 2010, près de 9.000 soldats américains avaient pris part à Cobra Gold, il n’était plus que 3.600 en 2016 et en 2017. En 2018, les chiffres remontent avec environ 6.800 soldats américains, mais en 2019, ils ne sont plus que 4.500. En 2020, avec la pandemie de Covid-19, ils étaient seulement 106 et l'an dernier 600.

L’édition 2022 de Cobra Gold, qui a débuté dimanche pour deux semaines avec environ 2.000 soldats thaïlandais et 1.200 américains, sera essentiellement consacrée à simuler un théâtre humanitaire, sans les jeux de guerre habituels impliquant habituellement des exercices de tir réel, des débarquements de véhicules amphibies et de vastes opérations d'évacuation.

La Chine participera également, ainsi que l’Inde, l’Indonésie et les alliés des États-Unis, la Corée du Sud et l'Australie.

"Mécanisme essentiel pour la coopération militaire"

Malgré leur échelle réduite, la Thaïlande considère ces exercices comme un mécanisme essentiel pour renforcer la coopération militaire, a déclaré le porte-parole de son ministère de la Défense, Kongcheep Tantravanich.

La Birmanie, qui avait auparavant le statut de pays observateur de Cobra Gold, ne participera pas pour la deuxième année consécutive, mais selon Kongcheep Tantravanich, cela n’a rien à voir avec la prise de pouvoir par l'armée l'année dernière.

Il n’empêche que les États-Unis ont condamné le putsch des militaires birmans, avec lesquels l'armée thaïlandaise entretient historiquement de bonnes relations.

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