EVENEMENT – Le don d'organe en vedette à Bangkok

Par Lepetitjournal Bangkok | Publié le 27/08/2007 à 02:00 | Mis à jour le 13/11/2012 à 11:09

Bangkok accueille cette semaine les 16e Jeux mondiaux des Transplantés. Un événement sportif destiné à sensibiliser le public au don d'organe et où chaque performance est avant tout un hommage à la vie. Lepetitjournal.com a rencontré l'équipe de France

Les membres de l'équipe de France des transplantés étaient réunis vendredi soir à l'hôtel Princeton lors d'une cérémonie d'accueil organisée par l'Ambassade de France en Thaïlande en présence de l'Ambassadeur Laurent Bili et du Président de la WTGF, Olivier Coustère. (Photo LPJ Bangkok.com)

Lorsque l'on rencontre l'équipe de France des transplantés, trois mots viennent tout de suite à l'esprit : joie de vivre, énergie et reconnaissance. Le contact facile, la parole enjouée, ces hommes et ces femmes pratiquent tous plusieurs sports et semblent mener une vie pour le moins active. Il faut dire que le point commun de ces 33 sportifs débordant de vitalité est d'avoir déjà gagné un âpre combat contre la maladie. Une lutte souvent longue et douloureuse, dont l'issue victorieuse, grâce au don d'organe, les a transcendés, mentalement et physiquement.

Mordre la vie à pleines dents
"Après ce que beaucoup d'entre nous ont vécu, on a envie de se surpasser", explique Marie-Jo Ardevol, transplantée du rein et médaillée d'or au 3000 mètres marche active en 2005. C'est pour la même raison que Benjamin Macor, quatre fois greffé du foie en 2 ans, s'est remis au cyclisme après 28 ans d'inactivité sportive, à presque 60 ans. "J'ai parcouru 6500 kilomètres en 6 mois pour me préparer à ces jeux", nous confie-t-il.
A 73 ans, Jean-Claude Le Bourhis fait partie des aînés de l'équipe et va concourir en cyclisme, en natation et dans le 5000 mètres marche. "Après 11 ans de maladie, j'étais devenu un vrai légume, se souvient-il. Je me voyais mourir lorsqu'on m'a greffé un coeur. Maintenant, je pète le feu, et je tiens pour cela à remercier les donneurs."
Parmi les plus jeunes, le cadet de l'équipe a seulement 17 ans. Transplanté du foie à 15 ans, Simon Fleureau souffrait depuis sa naissance d'une cirrhose dont l'aggravation lui avait interdit les activités sportives. Adepte aujourd'hui de plusieurs sports, le jeune homme a choisi pas moins de quatre disciplines d'athlétisme et le tennis de table pour défendre les couleurs de la France à Bangkok.

Une épreuve individuelle, une victoire collective
Cette victoire sur la maladie, tous sont bien conscients qu'ils la doivent au geste solidaire d'une personne que, le plus souvent, la mort n'a pas épargnée. Cette gratitude, que la plupart ne pourront jamais formuler de vive voix à l'intéressé, ils ne manquent pas une occasion de l'exprimer dans les moments forts de leur vie retrouvée.
"Ce qui nous unit dans ces jeux, c'est la greffe et le sport, souligne Christophe Goirre, transplanté du c?ur. A chaque fois que l'on monte sur le podium, ou que l'on défile lors de la cérémonie d'ouverture, l'émotion est intense. Et dans ces moments, je pense toujours très fort à la personne qui m'a légué son c?ur", conclut le sportif breton, tandis que ses co-équipiers acquiescent.
Au-delà du simple événement sportif, ces Jeux mondiaux des transplantés apparaissent donc comme un véritable hymne à la vie. La compétition permet aux transplantés de vivre intensément cette vitalité arrachée à la mort, tout en rendant hommage aux donneurs. Elle offre également aux scientifiques un terrain d'étude pour faire avancer la recherche. Et enfin, elle promeut la transplantation et le don d'organes pour venir en aide aux milliers de malades en sursis chaque année. Lire aussi notre encadré 
Pierre QUEFFÉLEC. (
www.lepetitjournal.com - Bangkok) lundi 27 août 2007

En savoir plus sur les 16e Jeux mondiaux des transplantés www.16thworldtransplantgame.com
En savoir plus sur le don d'organe avec l'association ADOT
http://www.france-adot.org
La Fédération des Jeux mondiaux des transplantés
www.wtgf.org
L'association Trans-Forme : www.trans-forme.org

Les 16e Jeux en quelques chiffres
Lancés en 1978 sous l'égide de la World Transplant Games Federation (WTGF), les Jeux mondiaux des Transplantés ont lieu tous les deux ans. Cette année, les 16e Jeux ont lieu à Bangkok du 26 août au 2 septembre et rassemblent 1100 compétiteurs de 48 pays. La compétition porte sur 14 disciplines sportives : athlétisme, natation, tennis, course à pied, cyclisme, badminton, tir au pistolet, tir à l'arc, golf, squash, ping-pong, pétanque, bowling et volley-ball. La France est représentée cette année par trente-trois compétiteurs greffés du c?ur (8), du rein (16), du foie (7), du rein et du foie (1) ou encore la moelle osseuse (1). En 2005 lors des derniers jeux qui s'étaient tenus au Canada, les Français avaient décroché 45 médailles dont 12 en or.

L'activité de greffe en France en bref
Selon l'Association ADOT (Association pour le Don d'Organe et de Tissus humains), l'activité de prélèvement et de greffe en France en 2006 est en augmentation significative. En 2006, le taux de prélèvement aurait été d'environ 23 prélèvements par million d'habitants et, avec 4 426 greffes réalisées en 2006, l'activité de greffe affiche une augmentation de 38 % depuis 2000. Néanmoins, l'association souligne sur son site Internet que la situation de pénurie persiste : en 2006, en France, près de 12 400 personnes auraient eu besoin d'une greffe d'organes et 229 patients seraient décédés faute de greffon. Chaque année, le nombre de personnes inscrites en liste d'attente est plus élevé (+ 4 % en 2006) et le décalage entre le nombre de nouveaux inscrits (5 433 en 2006) et le nombre de greffes réalisées reste important, toujours selon le site Internet de l'Association. « Il y a seulement 37% d'acceptation de don d'organe en France, souligne Monique Coustère, la mère du Président de la WTGF et fondateur de l'association Trans-Forme, Olivier Coustère. Le don d'organe est récent et n'est pas encore encré dans les mentalités, poursuit-elle, c'est pourquoi il y a un important travail à faire pour sensibiliser le public à la signification de ce geste. »

{loadposition 728-2_bangkok-article}

0 Commentaire (s) Réagir
À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale