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J'ai testé pour vous : une semaine sans écrans (2ème partie)

Par Anaïs Boquet | Publié le 26/07/2019 à 06:45 | Mis à jour le 26/07/2019 à 07:26
Photo : by Sharon McCutcheon on Unsplash
Vivre sans écrans

“Impossible de se connecter à Internet”. On a tous maudit cette petite phrase. Mais que se passerait-il si volontairement, on se déconnectait ? Trentenaire ayant connu la vie sans technologie et y étant maintenant relativement accro, j’ai voulu répondre à la question. Un dimanche soir, j’ai éteint smartphone, PC, tablette, télé. En route pour une semaine “dé-digitalisée”! Récit de mes cogitations hors connexion.

(Suite)...J’avais la bougeotte mais paradoxalement je me suis aussi sentie en perte de vitesse. Comme une sensation d’en faire plus mais au ralenti. Blanche Gardin dit: “Je marchais dans la rue et je réfléchissais, je captais pas la 3G”. Et effectivement, en étant totalement déconnecté, tu te retrouves à déambuler seul avec tes pensées qui restent en place et ne sont pas dispersées par du virtuel zappant. Tu as donc intérêt à être à l’aise avec ce qui se trame sous ta caboche! Un cauchemar pour certains mais j’ai vraiment aimé cette constante slow motion, occasion de voir où allait mon attention en l’absence d’objets digitaux. J’ai beaucoup plus interagi avec mon environnement, j’observais différemment les gens dans la rue, les animaux... Et même si certains m’ont trouvée louche - oui, j’aurais pu m’abstenir de caresser un arbre à la sortie d’une école - intérieurement, j’avais l’impression d'être une vieille dame pleine de sagesse qui posait un regard bienveillant et distancié sur le monde.

 

Sans écrans

 

Désintoxication digitale, une utopie?

Durant cette semaine ‘screen free’, j’ai aimé me sentir reconnectée à mon rythme d’enfance, ne pas tout maîtriser et apprécier un bon moment quand il se présentait. Cependant, j’ai eu la sensation d'être comme déconnectée du ‘réel’, de mes habitudes, d'être un peu exclue de quelque part. Comme si la ‘vraie vie’ était ailleurs et que le monde tournait sans moi, ce qui est contradictoire car j'étais par définition plus ancrée dans le réel physique que d’habitude puisque ‘zéro virtuel’.

Ce qui m’a conduite à des questions assez flippantes. Le monde, que nous ressentons comme vrai serait-il maintenant le monde virtuel? Au-delà de nos egos flattés de notifications, qu’est donc devenu le monde physique? Nos cerveaux, outils d'interprétation de signaux électriques, qu’ils proviennent d’un corps matériel ou d’un objet digital, font-ils encore la différence? À terme, l’avenir de l’Homme serait-il de troquer ce corps encombrant contre un avatar flottant dans les rues et traversant sans regarder? C’est d’ailleurs ce qu’on fait déjà, en se mettant de plus en plus en danger sur les passages piétons .

On est passé en 20 ans du Nokia 3310, outil révolutionnaire de connexion ultra-domestique - qui surpassait littéralement les frontières de la maison et du téléphone fixe avec le slogan “connecting people” - au smartphone, tyran du virtuel. Quand on sait que “connecter” veut aussi dire en latin: “attacher, enchaîner, nouer”, les gars de chez Nokia doivent rire jaune!

 

Sans écrans

 

Nos écrans sont des fenêtres sur le monde mais n’oublions pas qu’il y en a d’autres, au risque de négliger notre environnement et d’être esclave d’un objet unique qui polarise nos besoins et contrôle notre vie (sociale, professionnelle, amoureuse, sexuelle, nos loisirs, nos déplacements, notre sommeil, nos repas...). Notre problème c’est que, comme avec le réchauffement climatique, on peut plus revenir en arrière. On a atteint un point de non retour et de la même manière qu’on met des pansements à la Terre, on navigue maintenant entre vie réelle et virtuelle.

Mais avec l’utilisation grandissante qu’on a des écrans, avec la modifications des relations physiques que ça entraîne, est-ce qu’on peut encore miser sur un bonheur qui soit palpable? Au Japon, plus de 40 % des jeunes n'ont jamais fait l’amour alors que l’industrie du sexe (pornographie, mangas, robots sexuels) est le 2ème secteur économique du pays. Alors, sommes-nous en train de basculer dans un monde à la Ready Player One? Je pose la question depuis mon clavier et la partage sur Internet...

 

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Anaïs Boquet

Exploratrice par nature et amoureuse des mots, Anaïs prend plaisir à partager ses aventures et réflexions avec une touche d'humour.
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