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J'ai testé pour vous : une semaine sans écrans (1ère partie)

Par Anaïs Boquet | Publié le 20/07/2019 à 13:18 | Mis à jour le 20/07/2019 à 21:45
Photo : Photo by Sharon McCutcheon on Unsplash
digital detox

“Impossible de se connecter à Internet”. On a tous maudit cette petite phrase. Mais que se passerait-il si volontairement, on se déconnectait ? Trentenaire ayant connu la vie sans technologie et y étant maintenant relativement accro, j’ai voulu répondre à la question. Un dimanche soir, j’ai éteint smartphone, PC, tablette, télé. En route pour une semaine “dé-digitalisée”! Récit de mes cogitations hors connexion.

Régime zéro écrans

Je me suis réveillée lundi matin, enthousiasmée par ce défi et curieuse de voir comment j’allais réagir au concept. L'idée était facile puisqu’en vacances à ce moment-là, je pouvais me laisser porter par le cours de événements. Étonnamment, je me suis sentie soulagée, comme si je n'étais plus concernée par cette spirale digitale. Sans lumière bleue ou notifications, une partie de mon cerveau pouvait s’activer autrement. Pour garder une trace de mes aventures, j’ai repris la bonne vieille méthode papier-crayon. Mes yeux ont apprécié, ma main beaucoup moins ! Après avoir fait face au décès de ma paluche, une balade sous la pluie ne me faisait pas fantasmer alors j’ai couru à la bibliothèque chercher quelque chose à me mettre sous la dent. Tout y est passé: bande dessinée, guides de voyage, roman ... Mais triste constat : n'étant plus habituée à bouquiner autant, j’ai frôlé l’indigestion !

Outre l’aspect gastro-littéraire de ma pause digitale, j’ai vécu une reconnexion avec ma propre curiosité. Loin des moteurs de recherche qui ont immédiatement réponse à tout - Google ne serait-il pas qu’un premier de la classe agaçant ? -, dictionnaires et encyclopédies ont été mes compagnons de route. Mes trouvailles n’avaient pas la même valeur qu’une recherche web. J’apprenais différemment, en me passant de la parole sacrée de Wikipedia et je faisais davantage appel à mes connaissances personnelles. En témoigne mon goûteux fondant au chocolat aux proportions imaginaires, façon “trou de mémoire”.

 

digital detox
Photo by Janko Ferlič - @specialdaddy on Unsplash

 

Après mon hold-up à la bibliothèque, j’ai commencé un roman d’Agatha Christie et je me suis demandée ce que donnerait un de ses bouquins à l'ère du tout digital. Imaginez Hercule Poirot, googlant depuis l’Orient Express pour en savoir plus sur l’affaire du bébé disparu et démasquant le criminel entre deux matchs Tinder. Beaucoup moins impressionnant, le moustachu ! D’ailleurs grâce à Internet, source intarissable de connaissances, je me suis demandée si l’humain était devenu un investigateur compulsif avide de savoir. Pour 2018, le top 10 des recherches Google en France commençant par “Pourquoi...” est: ‘Griezmann joue en manche longue ; Agathe Auproux quitte « TPMP » ; les poilus ; Maître Gims enlève jamais ses lunettes ; la guerre 14-18 ; Manon quitte les anges 10 ; Snap bug ; pas de direct Koh Lanta ; la mer est salée ; Lloris ne joue pas ce soir’.

Ajoutons que parmi les 10 sites les plus visités au monde en 2018 (hors moteurs de recherche) on trouve Facebook, Youtube, Twitter, 2 sites porno et Wikipedia... Tous "super culturés" ? Pas si sûr... 

To let myself go...

Le mercredi, j’ai revu un ami d’enfance que j’avais presque oublié : l’ennui. Il ne m’avait pas particulièrement manqué mais je dois dire qu’il m’a ramené avec nostalgie à l'époque où je devais être créative pour occuper mes temps libres. J’ai apprécié de devoir me réhabituer à vivre en acceptant de ne pas contrôler mes activités comme d’habitude et de m’occuper différemment. Balades à vélo, lecture à la plage, shopping, 30 ans d’un ami, jeux de société... J’ai aussi jardiné, cuisiné les légumes du potager, bu du thé en jouant aux échecs, passé une soirée à lire dans le sofa... J’ai même failli craquer et acheter un magazine people. À quelques tâches ménagères et un collier de perles près, je me transformais en Bree Van De Kamp ! Finalement, j’ai décidé que mes questions sur la famille royale resteraient en suspens et j’ai opté pour le National Geographic. Donnez-moi une médaille !

Puisque ma nouvelle religion interdisait l’idée-même de regarder un film sous la couette, le week-end a été riche en action. Sorties et sport ont été ma salvation. Je n'ai jamais autant aimé suer et me farcir des montagnes à vélo parce que j’avais la pleine sensation d’utiliser mon corps et de n’avoir besoin de rien d’autre pour en profiter. Je me sentais beaucoup moins statique et coupable que si j’avais eu accès à mon PC. Vous savez, ce moment où il fait beau et que vous restez scotchée honteusement sur Netflix...
 

À suivre ... 

 

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Anaïs Boquet

Exploratrice par nature et amoureuse des mots, Anaïs prend plaisir à partager ses aventures et réflexions avec une touche d'humour.
1 Commentaire (s)Réagir
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Marie-Jo mar 23/07/2019 - 17:38

Super ton article Anaïs!! Je viens justement d'avoir une discussion avec mon mari. Il passe beaucoup trop de temps devant son ordinateur. Je reconnais qu'internet est utile, mais en cherchant une information, je me rends compte que je me laisse moi aussi happer par d'autres informations qui n'ont parfois rien à voir avec ma première recherche... J'ai hâte de connaître la suite. Mais est-ce qu'à mon tour je serai devenue une accro ? J'ai une excuse, si je suis devant mon écran c'est à cause de la canicule... Amitiés Marie-Jo

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