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Auckland : bulle multiculturelle et inspirante à l'autre bout du monde

Par Anaïs Boquet | Publié le 29/06/2019 à 03:25 | Mis à jour le 29/06/2019 à 14:06
Photo : Photo by Henry McIntosh on Unsplash
expatriation auckland

Française fraîchement trentenaire et exploratrice depuis toujours, j’ai bouclé mes chaussures de rando et mon sac à dos pour aller voir comment vivaient les gens de l’autre côté de la Terre. Après des hébergements chez l’habitant à travers toute la Nouvelle-Zélande puis une sédentarisation de quelques mois à Auckland, je peux dire qu'à l'exact opposé de l'Europe, on vit également à l’occidentale mais qu’on se démarque au niveau du lien social. La Nouvelle-Zélande : une bulle multiculturelle et inspirante qui sait faire rimer liberté avec fraternité.

Free hugs, with love...

De retour à mon bercail finistérien après 6 mois de voyage chez des kiwis câlino-expressifs, j’ai dû me réhabituer à vivre avec 99.9% de bretons. Un peuple qui a un cœur en or mais dont l’aversion pour le contact physique frise parfois le trouble autistique. Se « réhabituer » n’est donc pas un vain mot puisque passée l’étreinte maternelle aussi plaisante qu’un vrai bout de fromage avec du vrai pain – odeur non soumise à comparaison – j’ai dû me retenir de sauter dans les bras de mes potes ou de leur lécher le visage en signe de satisfaction. Quelle déception !

Faut dire que j’avais pris le pli d’être un Bisounours®, moi. En cette terre de tendresse, on se sourit systématiquement dans la rue – allez faire pareil à Paris –, on appelle les médecins par leur prénom et on se retournerait presque d’étonnement quand un conducteur klaxonne. Il n’est pas rare de recevoir un adorable « Hello my dear ! » de la part de ta patronne et il peut même t’arriver de te faire héberger à l’improviste chez un couple de retraités à qui, sans plan B, tu quémandais un bout de jardin pour planter ta tente. L’esprit d’entraide insulaire et l’ouverture d’esprit des kiwis n’est vraiment pas qu’une façade. Ils savent prendre soin les uns des autres et leur maillage social est performant.

Lors de l’attentat de Christchurch, le supermarché de mon quartier a observé une minute de silence en hommage aux victimes. C’est donc mon sac de courses à la main que je me suis jointe au vigile du magasin et à une clientèle recueillie, soutenant du regard l’une des caissières en pleurs. Un épisode marquant et non isolé, à l’image de cet homme du public au théâtre, le soir-même de la tragédie, qui prenait spontanément la parole et proposait une minute de silence, immédiatement suivi par l’assistance.

Autant de faits qui montrent que la Nouvelle-Zélande a une culture de la fraternité profondément ancrée qui s’infuse au quotidien, à petite ou grande échelle. Pas étonnant que les visiteurs et étudiants internationaux y trouvent leur compte au point de vouloir s’y installer.

Un tour du monde au bout du monde

Auckland, première ville de Nouvelle-Zélande en terme de population, compte 100 ethnies différentes et plus de 150 langues parlées. Après l’Anglais, le Māori est la langue la plus représentée, suivie du Samoan, de l’Hindi et du Chinois1. Vivre pendant quelques mois à Auckland a donc été l’occasion de se frotter avec joie à un melting pot européo-pacifico-asiatique. Que ce soit en coloc, dans la rue ou au travail, tes oreilles bourdonnent de consonances étrangères. Et comme la Nouvelle-Zélande ne fait pas semblant quand elle parle d’intégration, le Māori est diffusé dans les annonces des transports en commun, inscrit sur les panneaux de signalisation et donne même aux offres d’emploi un côté hiéroglyphique : il n’est pas rare de voir du Māori mélangé à l’anglais au sein d’une même phrase. De quoi passer de chômeur à enquêteur-traducteur rien qu’en postulant ! Fun fact : on retrouve dans beaucoup de toilettes un pictogramme demandant de ne pas se tenir accroupi sur la cuvette mais bien assis ! On n’ouvrira pas le débat sur le meilleur moyen de répondre à l’appel de Dame Nature mais on se bien rend compte qu’en Aotearoa, les différences ne sont pas rejetées mais prises en compte, pour le bien-être de tous.

 

expatriation auckland
Photo by Kirsten Drew on Unsplash

 

Auckland est aussi une Tour de Babel des saveurs où fish & chips croustillants, traditionnels Hangis2 savoureux et currys à se rouler par terre côtoient de copieuses assiettes de sushis à $10. Sans oublier les fruits, légumes et vins locaux qui raviront votre palais. Pour les amateurs de viande, sachez que la viande de bœuf free range de Nouvelle-Zélande est un incontournable. Vous trouverez aussi un agneau au goût incomparable et au prix du porc en France. Et pour les vegans, pas de souci car la majorité des restos proposent plusieurs plats alternatifs qui sont loin d’être la cinquième roue du carrosse. Pas question de « juste retirer la viande » et de se retrouver avec un champignon baveux se battant en duel avec une tomate à la retraite. On vous propose des protéines végétales qui valent le détour et des accompagnements créatifs et savoureux. Idem pour les gluten free et les paléo-gourmands. De quoi réveiller vos papilles et étoffer votre gamme alimentaire, que vous soyez Cro-Magnon, grainophile ou flexi-curieux.

Enfin, il faut dire qu’avec deux océans pour faire trempette, son climat océanique et sa nature luxuriante à quelques kilomètres du centre, Auckland est une bonne hôte pour ses voyageurs. En plus de ses nombreux vols intérieurs quotidiens, la ville aux 40 mini-volcans sait s’inviter à l’étranger avec des lignes aériennes directes vers plus de 15 pays dont les Etats-Unis, l’Amérique du Sud ou la Chine. D’un saut de kangourou, débarquez en Australie ou retrouvez-vous à nager avec les baleines des îles Tonga sans même avoir eu le temps de dire « plouf » (3h de vol). Comptez 2h30 pour aller vous dorer la perle à Nouméa et 8h30 pour arborer votre chemise Hawaiienne (sans honte) dans son pays d’origine.

Le seul bémol avec la Nouvelle-Zélande, c’est que lorsqu’elle vous pique, elle vous reste dans le sang. Alors, au volant de ma petite voiture, sur les routes de campagne bretonne, je laisse traverser les vaches en comptant les jours avant de reposer le pied en Aotearoa...

 

1 Source: Education Review Office, Responding to language diversity in Auckland, 2018. 2 Plat traditionnel Maori: viande et légumes cuits dans un four creusé dans le sol.

 

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Anaïs Boquet

Exploratrice par nature et amoureuse des mots, Anaïs prend plaisir à partager ses aventures et réflexions avec une touche d'humour.
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