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«J’ai décidé de quitter mon job et réaliser mon rêve de partir en NZ»

Par Anaïs Boquet | Publié le 26/04/2019 à 05:23 | Mis à jour le 28/04/2019 à 21:44
vivre en nz

L’année de mes 30 ans, ma vie a pris un virage à 180 degrés. J’ai décidé de quitter mon job, mon appart’ et j’ai réalisé mon rêve de partir en Nouvelle-Zélande. Les premiers mois, j’ai eu la chance de passer pas mal de temps chez deux familles Kiwis et donc de pratiquer l’anglais in real life, avec des natifs. Comme tout le monde, j’avais appris l’anglais à l'école et même brièvement à la fac mais la grammaire et les vieux poètes anglais ne m’avaient pas conquise. Moi et l’anglais, on était un peu en froid et je me retrouvais 10 ans après avec l’impression d’avoir tout oublié et une petite appréhension sur ma capacité à me débrouiller à l’autre bout du monde. L’heure était donc venue pour moi de me jeter à l’eau et de vivre une drôle d’aventure !

 

Brainstorming : tempête sous un crâne

En immersion totale dans un pays étranger, ton cerveau n’a pas d’autre choix que de faire face à tous ces nouveaux sons et accents parmi lesquels tu baignes. Même la plus simple des tâches t’oblige à te concentrer à fond et c’est comme ça toute la journée. Ton cerveau bouillonne pour une question toute bête car tu t’efforces de mettre tous les mots dans le bon ordre et de les prononcer avec un accent pas trop moche. Si tu obtiens une réponse cohérente, alors là, tu te sens comme une version 2.0 de toi-même ! Des mises à jour quotidiennes qui faisaient fumer mon cerveau chaque soir. Je dormais la bouche grande ouverte, comme un gosse. Un sommeil lourd et réparateur… jusqu'à 5h du mat’, jetlag oblige.

En parlant de bouche bée, j’ai fait des sacrées têtes quand je ne comprenais pas ce qu’on me racontait : yeux en points d’interrogation, lèvre supérieure comme prise dans un hameçon… Du poisson sidéré au hibou curieux, sans oublier le poulet scandalisé, je suis passée par tous les animaux de la Création ! Mais outre le fait que tu deviens un parc zoologique à toi tout seul, pratiquer l’anglais c’est génial parce que c’est avant tout un langage qui fait appel à ta créativité. Par exemple, si le vocabulaire te manque, tu peux bricoler un mot à la mords-moi-le-nœud et être compris quand même. C’est ainsi qu’en disant “Cat’s hole”, littéralement “Trou du chat” pour “Chatière” sans déclencher un fou rire général que j’ai compris à quel point les Kiwis sont flexibles avec les étrangers et font un effort pour communiquer ! Vous auriez gardé votre sérieux, vous, à leur place ?

 

To eat or not to eat ?

Les dîners en famille prennent une autre tournure quand tu patauges dans l’anglais 24h/24. C’est l’occasion de partager ce que tu as fait dans la journée mais c’est aussi le moment pour ta matière grise de faire le plein d'énergie. Tu n’es donc pas vraiment au top de ce que tu peux donner, Englishment parlant. 

Comme au début, mon cerveau n'était pas habitué à l’anglais, le simple fait de mâcher m'empêchait de comprendre les conversations. Petit tuyau si vous ne voulez pas socialiser le matin : mangez des corn flakes ! Tout ça pour dire qu’en bonne gloutonne Française que je suis, j’aurais pu choisir la facilité et me jeter sur la bouffe - d’autant plus que j’avais droit tous les soirs à un plat traditionnel différent. Mais comme on ne parle pas la bouche pleine, j’ai dû développer une stratégie pour rester socialement active et pouvoir l’ouvrir pendant les repas. C’est ainsi que j’ai commencé à prendre des encas en tous genres. Une solution diététiquement contestable mais qui faisait le bonheur de mon cerveau affamé et m'évitait de me transformer en ogre asocial au dîner. J’ai depuis un grand respect pour nos ancêtres des cavernes qui piquaient des sprints après les mammouths en ayant l’estomac dans les talons ! Mais pas de panique, on ne reste pas longtemps accro aux 17 goûters par jour, une béquille parmi d’autres, pour prendre ses marques au niveau de la langue.

 

vivre en nz

 

Keep calm and enjoy NZ

Moins on est crispé, mieux on apprend. Ça tombe bien car l’état d’esprit en Nouvelle-Zélande est très différent de la France. Ici, le mot d’ordre est de ne pas se prendre la tête. On entend “no worries”,littéralement “pas de soucis” environ… tout le temps et il n’est pas rare de croiser des Kiwis pieds nus au supermarché. Donc à la longue, c’est un peu comme la méthode Coué, on finit par vraiment se détendre. Certes, on continue d’apprendre chaque jour donc il y aura forcément des moments poisson-hibou-poulet mais je vous assure qu’au bout de quelques semaines, la version 3.0 de vous-même mangera des crackers dans la cuisine en comprenant ce qui se dit dans le salon !

Alors si vous n’avez pas peur de dépasser la faim, les migraines et les nuits courtes, venez faire un tour en Nouvelle-Zélande. Au-delà d’un accueil merveilleux, vous vivrez une expérience unique : celle de passer par tous les stades de la vie d’un humain en une seule journée. Vous dormirez comme un bébé, ferez des phrases dignes d’un enfant de 3 ans, aurez la réaction d’un ado euphorique quand on vous comprend avant de vous sentir comme un octogénaire dur de la feuille. Benjamin Button peut aller se rhabiller ! Et même si la grand-mère qui est en moi dirait que mon front est un peu plus marqué qu’avant, que mes pattes d’oies sont plus visibles, peu importe, c’est une vraie richesse d’apprendre à s’exprimer en deux langues et de pouvoir dire“je suis ridée”… en anglais !

 

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Anaïs Boquet

Exploratrice par nature et amoureuse des mots, Anaïs prend plaisir à partager ses aventures et réflexions avec une touche d'humour.
2 Commentaire (s)Réagir
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Francois dim 28/04/2019 - 22:12

ha ha, c'est tellement vrai! Ca fait 3 ans que j'y suis et je pense que je vis toujours la meme galere... plus ou moins bien sur. Mais c'est surtout dû a l'accent francais, trop prononcé :)

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Laurence Pastor-Pasi sam 27/04/2019 - 10:20

Merci tout plein Anaïs pour ton récit dans lequel je me suis pas mal reconnue ! Moi aussi j'étais arrivée l'année de mes 30 ans, sans anglais ou très peu, comme toi. Je devais rester 9 mois, une année de dispo de l'éducation nationale, au final je resterais 6 ans ! Je suis ensuite partie passer 2 mois de vacances à Tonga et je suis restée 2 ans avant de rentrer en France, à Cergy-Pontoise !!!, avec un mari tongien et un bébé. Après m'être assurée du bon démarrage de notre petite merveille, nous sommes allés en Calédonie (mes parents s'y trouvent) où je suis restée en poste 13 ans et nous voilà à nouveau en NZ depuis 2 ans. Mon rêve d'élever mes enfants en NZ, si jamais un jour j'en avais, s'est enfin réalisé. Nos 2 enfants s'épanouissent tellement mieux dans ce système scolaire et nous tous dans cette belle société ! Alors vive la Nouvelle Zélande !

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