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ANNE TROUSSEAU – "L’Accueil, un réseau social dès l’arrivée"

Par | Publié le 01/09/2015 à 19:00 | Mis à jour le 06/01/2018 à 07:30

Anne Trousseau est la Présidente de la Fédération Internationale des Accueils Français et francophones à l'Etranger (FIAFE) depuis mai 2014. Les expatriés étant de plus en plus jeunes et demandeurs d'accompagnement professionnel, elle explique comment les accueils ont dû s'adapter au changement de profil de ces derniers.

Lepetitjournal.com : Combien existe-t-il d'Accueils à l'étranger ? Quels sont les derniers accueils à avoir été ouverts ?

Anne Trousseau : Nous avons accueilli en 2014 des Accueils En Palestine,  à Chennai (Inde), Perth(Australie),  Panama mais aussi à Porto (Portugal), Pointe Noire(Congo), Cincinnati (USA). Nous accueillerons à notre prochaine AG qui a lieu dans quelques jours 6 nouveaux Accueils, ce qui porterait le nombre total à 220 accueils, répartis sur 90 pays. Nous allons nous implanter à Cape Town (Afrique du Sud), à Recife (Brésil),  à Vienne (Autriche), à Tamatave (Madagascar), à Calgary (Canada) mais également à Rangoun, en Birmanie. Ce dernier Accueil nous tient particulièrement à c?ur, car le pays vient tout juste de s'ouvrir sur le monde après de nombreuses années de troubles politiques. 

Quelles sont les activités proposées par la FIAFE ? 

Nos activités sont destinées à tous les âges. Nous développons des activités sportives, culturelles, mais aussi des visites et des rencontres. Nous avons par exemple créé les « cafés poussettes » qui permettent aux jeunes mamans d'échanger et de se créer rapidement un réseau social. Cela permet de bien démarrer son expatriation.

Nous constatons également, depuis quelques années une nouvelle tendance. Les expatriés sont plus jeunes et souhaitent mener une double carrière à l'international. Ils sont ainsi intéressés par des activités de networking, de coaching et par les clubs business. Nous avons alors adapté nos missions afin de leur proposer un accompagnement professionnel. Les accueils leur montrent l'état actuel du marché local dans lequel ils s'apprêtent à se lancer, leur apprennent les us et coutumes en termes de recrutement, proposent des bilans de compétences, etc.

Quelles sont selon vous les clés d'une expatriation réussie ?

Cela nécessite de faire des efforts au démarrage et de bien se préparer. Généralement, le départ, qui est vécu comme une aventure, est bien mieux préparé que le retour. Les gens sont curieux et ont à c?ur de s'y prendre correctement pour partir. Nous leur proposons de nombreux renseignements et conseils sur notre site internet, qui est d'ailleurs répertorié au MAEDI.

Pour bien s'intégrer nous leur conseillons tout naturellement de rejoindre l'Accueil qui leur permet d'aborder leur arrivée plus sereinement. Ils disposent ainsi d'un guide pratique avec une mine d'infos utiles dont le numéro de téléphone du médecin (indispensable quand ils ne maîtrisent pas la langue du pays d'accueil), mais également de techniciens et autres services. C'est en effet un gain de temps considérable, puisqu'ils sont guidés dès leur arrivée, et permet d'être plus disponibles pour leur famille. C'est également sécurisant. D'autant plus que les accueils proposent des activités conviviales, de quoi s'intégrer rapidement.

Conseillez-vous aux expats de longue date de se réinscrire à l'Accueil ?

Bien sûr. Non seulement parce que les Accueils évoluent et proposent des activités de plus en plus variées, mais également parce qu'en tant qu'expatriés sur place depuis plusieurs années ils peuvent faire bénéficier les nouveaux arrivants de leur expérience. Il faut savoir que toutes les personnes travaillant dans les Accueils sont des bénévoles. Ils font preuve d'un dévouement formidable et rendent un grand service aux nouveaux arrivants. Nous valorisons leur statut en reliant leurs compétences professionnelles sur les réseaux sociaux, que ce soit Facebook ou LinkedIn. Nous souhaitons qu'ils bénéficient du passeport bénévole, qui atteste de leur activité et valorise leur CV. Le rôle des réseaux sociaux est de leur permettre un retour avec tout un réseau professionnel qui soit conscient de leurs compétences.

Concernant la réinscription, nous observons qu'elle est plutôt effective, lorsque les Accueils développent de nouvelles activités  et innovent. Nous tenons également beaucoup à nos petits  accueils, souvent soumis aux aléas politiques et sociaux et qui se retrouvent dans des situations difficiles. Je pense notamment à Abidjan (Côte d'ivoire), ou encore Manille (Philippines)  Bamako (Mali), Tunis (Tunisie), Alger(Algérie). Qu'il s'agisse de troubles politiques, de problèmes de sécurité ou encore de problèmes de connexion internet, une solidarité se développe très rapidement et les Accueils arrivent à poursuivre certaines de leurs activités. Il est possible qu'un Accueil soit mis en sommeil, mais il finit par renaître grâce à l'action des bénévoles.

Pouvez-vous nous parler des relais-retours ? Comment fonctionnent-ils ?

Nous avons mis en place un groupe Relais-retour depuis 5 ans. Il s'agit d'accueillir les anciens membres lors de leur retour en France. Le retour est souvent une étape difficile et mal préparée. Les personnes qui rentrent subissent généralement ce qu'on appelle un choc culturel inversé. Ils pensent rentrer chez eux, or la notion de chez soi, après avoir vécu à l'étranger, n'est plus la même.

Nous n'avons pour l'instant développé les relais-retours que sur Paris. Leur évolution est rapide, puisque nous comptons déjà plus de 150 membres. Nous avons pour but de favoriser les échanges, autour de thèmes qui sont source d'angoisse, comme la scolarité, la recherche d'emploi, ou encore l'immobilier.

Quels sont les autres projets de la FIAFE ?

Notre priorité est de développer le réseau de la Fédération, en ouvrant de nouveaux points d'accueils. La création de nouveaux Accueils est souvent liée à l'implantation d'entreprises, ce qui favorise la venue d'expatriés. Nous souhaitons également poursuivre notre mission d'accompagnement, en adaptant nos activités aux demandes et besoins des membres. Il faut savoir que les personnes que nous accueillons sont aussi bien des Français, que des francophones et francophiles. Les Accueils rassemblent de nombreuses nationalités.

Enfin, nous voulons également développer notre notoriété et notre image, auprès du public comme auprès des entreprises. Notre but est de se rendre incontournable pour les expats. Nous bénéficions du soutien des autorités françaises, à savoir le Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International (MAEDI) et des élus représentant les Français de l'étranger. Ils sont très actifs et permettent de faire remonter les problèmes, ainsi que leurs éventuelles solutions.

Nous nous sommes ainsi investis dans plusieurs salons de la mobilité internationale, qui nous rendent plus visibles. Nous nous sommes rendu compte que les candidats au départ qui ont connaissance des Accueils sont rassurés par leur dynamisme et les activités qu'ils proposent. Nous leur donnons l'assurance de disposer d'un réseau social, tant professionnel que personnel dès leur arrivée.

Mélanie Volland (www.lepetitjournal.com) mardi 19 mai 2015, réédition

Retrouvez toutes les informations utiles pour votre départ sur le site internet de la FIAFE

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