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MADEAW - Une mode inspirée des objets de la campagne pour combattre les préjugés

Par Lepetitjournal Alger | Publié le 30/11/2015 à 23:00 | Mis à jour le 30/11/2015 à 11:34

Jupes en cage à coqs de combat, chapeau en panier pour faire cuire le riz... Un jeune créateur thaïlandais révélé par les réseaux sociaux réinvente les objets du quotidien des paysans de sa région pour combattre les préjugés des élites de Bangkok.

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Défilé organisé à l'Alliance française vendredi 27 novembre (Photos Landry DUNANT)

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Apichet Atilattana, plus connu sous le surnom de Madeaw, est un lycéen de 16 ans de la petite ville de Khon Kaen, en plein coeur de l'Issan, région rizicole de l'est de la Thaïlande.

C'est aussi un foyer de contestation étudiante réputé pour sa scène artistique. C'est de là que vient le réalisateur Apichatpong Weerasethakul, Palme d'Or à Cannes en 2010 avec "Oncle Boonmee".

Madeaw a fait sensation sur Facebook avec ses photos d'objets de la vie paysanne détournés en robes et accessoires de mode, au point d'être invité à réaliser son premier défilé vendredi soir, lors d'un festival international de photographie.

"Je veux montrer aux gens de Bangkok que les habitants de l'Issan peuvent être créatifs", explique le lycéen à l'AFP.

D'où l'idée de "faire de la mode à partir de choses que les gens pensent sans valeur", comme les cages à poules (des dômes en bambou en Thaïlande, forme parfaite pour une robe à crinoline) ou feuilles de bananiers tressées de façon à imiter un tissu lamé, explique-t-il, portant lui-même une robe de soie faite à la main par des tisserands de sa région.

"Les gens de Bangkok pensent que les choses de l'Issan, ce n'est pas cool, que c'est démodé", confirme Panithi Cholitgul, jeune médecin de Bangkok venue assister au défilé organisé à l'Alliance française.

Des démarches comme celle de Madeaw peuvent "combler l'écart entre les différentes factions du pays", dit-elle espérer.

La scission entre les élites conservatrices et les aspirations des campagnes de l'Issan, fief des Chemises rouges, mouvement proche de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, est en effet profonde.

L'arrivée au pouvoir d'une junte militaire depuis le coup d'Etat de mai 2014 n'a fait qu'empirer le phénomène, même si les Chemises rouges font profil bas, dans un contexte de grande limitation de la liberté d'expression.

Myrtille Tibayrenc, de la galerie Toot Yung de Bangkok, qui a invité le jeune Issanais à réaliser son défilé comme une performance, salue "la dimension sociale évidente", protestataire, de ses créations, qui laissent néanmoins libre court à la spontanéité et à l'humour.
AFP () mardi 1er décembre 2015
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