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CULTURE - Les couleurs australiennes s'invitent au festival d'Avignon !

Le 71ème Festival d’Avignon vient de fermer ses portes. Jeanne Moreau vient de nous quitter. On dirait la fin d’un été ! Ce Festival a été incroyable ! 1480 spectacles présentés cette année dans le OFF et des spectacles dans le IN toujours aussi étranges, dérangeants, incompréhensibles parfois… Bref de l’art quoi !

 

En se baladant dans les rues d’Avignon, on ne peut s’empêcher d’éprouver un certain vertige à la vue des milliers d’affiches qui jonchent les rues, les trottoirs et les murs de la ville. C’est à qui trouvera le meilleur endroit, le plus original, le plus incroyable pour donner envie au passant de ne pas faire que "passer" mais de s’arrêter découvrir ce spectacle, cette pièce, ce seul en scène, présenté par les 1480 compagnies 2017.

Pour vous donner un ordre d’idée, il y a 10 ans, il y en avait 800 et tout le monde artistique de s’exclamer sur la stupidité d’en présenter autant et l’impossibilité d’être un festival "viable" parce que trop submergé d’informations

Le temps leur a donné tort et chaque année, le nombre de spectacles présentés augmente. Que faut-il en penser ?  Est-ce parce que la France produit de plus en plus d’auteurs, de metteurs en scènes, de comédiens…d’artistes quoi ? 

 

TSUNAMI CULTUREL

 Peut-être que oui, mais peut-être aussi que ce débordement de la création, comme un tsunami culturel, nous dévoile un monde plus en souffrance, une jeunesse plus en quête de reconnaissance…Et si cette déferlante n’était qu’un cri ? Le cri d’une humanité qui a besoin de rêver, d’imaginer, de croire, d’oublier un instant la dureté de ce monde… 

Le public est au rendez-vous. Cette année la plupart des salles affichent COMPLET mais il y a moins de monde dans les rues, dans les bars, les restaurants. On dépense moins pour le boire et le manger mais on décuple son budget pour aller voir des pièces, seul, entre amis, en famille, jeunes, anciens, il y en a pour tous les goûts !

Et puis il y a celles et ceux qui portent autour du cou, un ruban de couleur et un badge qui fait d’eux des "professionnels"… Ceux que l’on espère dans sa salle, ceux dont on attend le bonheur d’une date, d’une tournée, d’une production. Mais comment les atteindre, comment les "séduire", les faire venir ici plutôt que là ? Alors les artistes, les amis, les productions tractent. 

Tracter : verbe intransitif du 1er groupe qui signifie distribuer des tracts – Aux terrasses des bars et restaurants, sur les bancs, dans la rue, à la sortie des salles. Ce ballet incessant de jeunes gens souriant ou désabusés qui distribuent toute la journée à des spectateurs submergés. Des tracts en éventail (belle idée, il fait presque 40° !), en marque page (pas bête !) rond, carrés, petits, immenses, roses, jaunes… Chacun rivalise d’imagination pour susciter le "désir" de soi…  Puis il y a les parades musicales, en habit du XVIIIème, presque nus, en vélo, sur un piano ambulant, masqués…Déclamant ici et là pour le plus grand bonheur du spectateur assis, épuisé et assoiffé autant de boissons que de création à découvrir !

En me promenant, un matin de fraîcheur, je pensais à vous français d’Australie ou Australiens en France et je me demandais si un Australien venant au Festival trouverait son bonheur, en effet, la plupart des spectacles et pièces sont en français…. C’est là qu’au détour d’une rue, j’ai croisé la route d’un événement qui a fait frémir le Festival cette année. 3h45 de bonheur sous-titré en Français.

Un événement où l’Australie était, mais oui, au premier plan. Au détour d’une rue, une cour et dans la cour : "La maison de Verre"  d’Ibsen est posée là…

L’Australien Simon Stone a posé dans la Cour du lycée Saint Joseph d’Avignon une formidable maison de verre, grandeur nature, où se jouent les névroses de ce qu’on appellerait aujourd’hui "une famille dysfonctionnelle", "La Maison d’Ibsen".

Simon Stone est australien mais très européen culturellement. Il travaille régulièrement avec les formidables acteurs du Toneelgroep d’Amsterdam (la troupe d’Ivo Van Hove). Il a signé avec eux une "Médée" stupéfiante de modernité, donnée au Théâtre de l’Odéon, à Paris, en juin.

 

Sa « Maison d’Ibsen » déroule une mécanique de précision dont les morceaux se mettent en place comme dans un rubik’s cube. La pièce demande énormément de concentration au spectateur : le débit rapide des acteurs en néerlandais, la contrainte des sous-titres sur la durée (3h45) s’ajoutent à la construction en puzzle, dont on doit constamment ajuster les morceaux pour comprendre une histoire qui se déroule sur 50 ans.

Artiste associé au Théâtre de l’Odéon, Simon Stone y donnera du 10 novembre au 22 décembre  "Les Trois Sœurs"  d’après Tchekhov. 
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D’aucuns diront que ce 71ème Festival fut le meilleur, d’autres que franchement, ce n’était pas génial… Mais quoi qu’il en soit, nous savons que chacun en parlera encore longtemps, longtemps après que les artistes ont disparus !!! (Référence à  "L’Ame des poètes" de Charles Trenet) 

 

Pour toutes celles et ceux qui en veulent un peu plus,                                                                                                            pour revivre en 3’ certains moments du Festival d’Avignon 2017, c’est ici

 

    

Pauline, www.lepetitjournal.com/perth le 8 août 2017

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