A la Une

ÉVÈNEMENT - Charles Aznavour de retour en Australie après plus de 40 ans d'absence !

La scène, c’est sa vie ! Alors, pourquoi s’en passerait-il ?
D’autant qu’il n'était pas revenu en Australie depuis 40 ans. Le temps d'une tournée exceptionnelle, ce grand artiste français foulera le territoire australien en commençant par une date à Perth le 1er octobre sur la scène du HBF Stadium. La venue de ce monument de la chanson française à Perth, Sydney, Melbourne est un évènement à ne pas manquer pour tous les amoureux de la chanson française intemporelle. Votre édition de Perth, conjointement avec celle de Nouvelle-Calédonie a eu l'honneur de rencontrer cette figure de la chanson française pour une interview passionnée et sincère qui vous aidera à patienter jusqu'à la date du concert ! 

 

Carole de Kermoysan (édition Nouméa) : A vos débuts, vous chantiez avec conviction « Je m'voyais déjà »...  Vous avez eu raison : votre persévérance et votre foi ont payé. En 1957, c'était le triomphe, à l'Alhambra, puis à l'Olympia. Selon vous, qu’est-ce qui vous a propulsé en haut de l’affiche, le destin, ou la volonté ?
Charles Aznavour : D’abord j’aimerais dire que « Je m’voyais » n’est pas une chanson autobiographique. Je l’avais offerte à Yves Montand, qui l’a mise de côté arguant que les chansons qui parlent de notre métier de chanteur ne marchent jamais ! C’est d’autant plus ironique que cette chanson fut le morceau marquant le début de mon succès. Ayant eu à en découdre au début de ma carrière, je dirais que la persévérance, la volonté, et sans doute un peu la chance, ont joué !


Laetitia Blondel (édition Perth) : 
Quel est votre plus beau souvenir d’artiste ?
Il y en a tant ! Ma première scène à L’Alhambra, à L’Olympia, au Carnegie, à Madison Square, au Royal Albert hall; travailler avec Minelli, Sinatra, Sammy Davis, François Truffaut, Jean Cocteau; ma première de « She » au Royaume-Uni, ma collaboration avec mon beau-frère, l’écrivain George Garvarentz…

Carole de Kermoysan :  Au début des années 2000, vos fans ont cru vivre la dernière tournée, la « der des ders », disait-on. En juillet 2009, si je ne me trompe pas, vous aviez aussi dit que vous chantiez pour la dernière fois, sur la scène du festival de Carthage, en Tunisie, dans une interview accordée à la presse locale. Il y eu bien d'autres concerts , des centaines, et, maintenant, cette tournée dans le Pacifique Sud, dont nous nous réjouissons, d’ailleurs. 93 ans et toujours sur scène ! Dans votre chanson « J’abdiquerai », vous qualifiez la mort de « pute immonde ». Est-ce pour conjurer la mort que vous avez autant travaillé et que vous ne quittez pas la scène ?
Ce que j’ai dit, à l’époque, c’est que je ne ferai plus de longues tournées à 150 à 200 concerts comme je l’ai fait par le passé. Ce rythme-là, c’est terminé ! Je fais toujours quelques gros concerts à travers le monde et de petites tournées de 5 à 6 dates maximum.  Non, je ne joue pas avec la mort. Je veux vivre aussi longtemps que possible. Je ne rêve pas de mourir sur scène, comme Molière.
Néanmoins, la scène, c’est ma vie !
La retraite, selon moi, c’est l’antichambre de la mort. Le retraite pour faire quoi ? Jouer au golf ou au tennis à longueur de journée ? Cela ne me ressemble pas.

 

Source AP Images  

 

Laetitia Blondel : Combien de concerts avez-vous assurés dans votre carrière ? Dans combien de pays différents?
Des milliers. J’ai chanté dans 104 pays ! J’aime retourner aux endroits que j’ai aimés et découvrir de nouvelles contrées. Après mes concerts australiens de Perth, Sydney et Melbourne, en octobre, je vais chanter pour la première fois de ma carrière à Nouméa et à Tahiti. Je suis déjà allé à Tahiti en touriste, mais jamais en tant qu’artiste. Vous voyez, il n’est jamais trop tard ! 

Carole de Kermoysan : J'ai eu la chance de rencontrer des Arméniens, à Los Angeles et à Jérusalem. J'ai un souvenir de ces personnes à la fois graves et sages, j'ai senti en elles quelque chose d'inébranlable. Est-ce un des aspects de l'âme arménienne ? Etes-vous un sage inébranlable ? 
Notre histoire, notre destin font que nous avons le sens de la survie, quelles que soient les circonstances. Que nos parents se soient retrouvés en France, aux Etats-Unis, ou en Australie, ils étaient tellement reconnaissants envers ces pays qui nous ont donné un toit qu’ils sont devenus partie intégrante de la société. Le fait que beaucoup d’entre eux aient atteint des sommets est dû, je suppose, à leur travail acharné et à leur intelligence. Quand la souffrance est transcendée en succès, les leçons que vous apprenez en cours de route vous font voir la vie depuis une perspective plus sage.

Carole de Kermoysan : Vous êtes né à Paris, mais votre âme est arménienne. En 2008, vous avez également reçu la citoyenneté arménienne des mains du chef de l'Etat arménien Serge Sarkissian. Un génocide, un tremblement de terre faisant 55 000 morts… Et toujours cette force de Vie… Quel est le secret de l'Arménie ?
Les Arméniens sont des survivants ! En 1915, l’empire ottoman pensait pouvoir balayer les Arméniens de la surface du monde. Cela n’a pas marché. Nous aidons l’Arménie à sortir des années de communisme. Vous n’avez pas idée des talents qu’ils ont là-bas, dans les domaines de la recherche, de la médecine … Le tourisme est aussi en plein essor. Mais ces talents doivent rester pour assurer la prospérité de ce pays !

Laetitia Blondel : C’est votre premier concert à Perth. Combien de fois vous êtes vous déjà produit en Australie ?
Je suis venu en Australie en 1975 ou 1976 ? Je ne sais plus trop, mais j’ai adoré. C’est une vraie joie de retourner en Australie après tant d’années ! 

Carole de Kermoysan : Il est encore tôt pour faire le bilan. Pour autant, que ressentez-vous au sujet de cette vie ? de votre carrière ? Ont-elles fait de Charles Aznavour un homme heureux ? Votre album de 2015, « Encores », réflète t-il de la nostalgie, de la gratitude ?
 Je suis un homme heureux ! Quand je songe aux débuts : on disait de moi que je n’avais pas de voix, que j’écrivais des chansons déprimantes, que je ferais mieux d’arrêter de chanter… Un journaliste avait même écrit à l’époque à mon sujet que les handicapés ne devraient pas être admis sur scène…J’imagine que j’ai réussi à prouver qu’ils avaient tort…
Au final, j’ai vécu la carrière internationale la plus longue qui soit ! Mais je ne vis pas dans le passé, toujours dans le futur : nouveaux défis, nouveaux horizons. Je garde de bons souvenirs du passé, mais je regarde toujours devant. 

Laetitia Blondel : A votre avis, est-ce plus ou moins difficile de se lancer dans une carrière de chanteur aujourd'hui plutôt qu'il y a 50 ans ? Quels sont les points positifs et négatifs, aujourd’hui, par rapport à l'époque où vous vous êtes produit pour la première fois ?
Je détesterais débuter aujourd’hui ! Certes, cela n’a pas été facile pour moi au début, mais le métier était complètement différent, plus humain. Les gens faisaient des kilomètres pour dénicher des talents. Imaginez des types comme Brel, Bob Dylan, Léonard Cohen ou moi, aucun d’entre nous n’aurait une minute de répit. Aujourd’hui, faut que ça soit rentable, et tout de suite !
Les jeunes sont également très impatients, capricieux, et pas trop fidèles. Les émissions de télé sont des machines à sous pour les producteurs. Après dix semaines, les perdants retournent à leur vie ordinaire; certains ne le supportent pas et terminent en dépression nerveuse. C’est très cruel.
Les carrières comme celles de Mc Cartney, les Stones, Elton John, Tom Jones, Rod Stewart, Stevie Wonder, Sting, ou la mienne, c’est terminé ! Les carrières durent cinq à dix ans maximum pour les plus chanceux !


Laetitia Blondel :
Avez-vous une chanson préférée ?
Non !

Carole de Kermoysan : Auriez-vous pu imaginer une vie sans voyages ?  Que vous ont apporté, au fond, tous ces voyages à travers le monde ?  Quelle idée vous faites-vous de la Nouvelle-Calédonie ?
J’adore voyager, rencontrer de nouvelles personnes, voir de nouveaux pays, faire la connaissance d’autres cultures. Non, je n’aurais pas pu imaginer une vie sans voyages. J’ai vraiment hâte de chanter à Nouméa. C’est formidable de rencontrer un nouveau public.

Carole de Kermoysan : Avez-vous de l'humour ? Est-ce important dans la vie ? 
Oui, c’est très important ! J’ai grandi dans une famille au sein de laquelle l’humour était essentiel. Nous n’étions pas riches mais partagions tout ce que nous possédions et l’humour et le rire étaient omniprésents. Encore aujourd’hui, toute mon équipe a le sens de l’humour. Le rire est un bon remontant !

Carole de Kermoysan : A quoi reconnaissez-vous une belle voix ?
A l’émotion, à sa couleur… 


Laetitia Blondel :
Quel message voudriez-vous laisser aux jeunes générations ?
Mettez de la passion et de la persévérance dans votre vie. Si vous y croyez vraiment, vous pouvez y arriver ! 

 

 

Laetitia, www.lepetitjournal.com/perth et Carole de Kermoysan http://www.lepetitjournal.com/nouvelle-caledonie, le 25 juillet 2017

Pour en savoir plus et pour réserver...  

Si vous êtes à Sydney...

Si vous êtes à Melbourne... 

Et pour ne rien rater, inscrivez-vous gratuitement à la newsletter du journal et suivez-nous sur Facebook et Twitter!
 

VOUS AVEZ AIME CET ARTICLE? PARTAGEZ-LE!!

 
Perth
Actualité Australie

PARTENARIAT FRANCO-AUSTRALIEN – Découvrez l’association AMD

Crée au début des années 2000 dans le cadre de leur engagement au travers d'un appel à projet, le groupement d'entreprise travaillant dans différents domaines de la maintenance, AMD a pour ambition de favoriser le développement économique de la Nouvelle Calédonie. C’est à l’occasion de la conférence "Austmine", groupement auquel ils sont adhérant, que l’édition de Perth, en collaboration avec lepetitjournal.com de Nouméa, est allé à leur rencontre.
Une internationale

EXPATRIATION – Gérer des vacances “obligatoires”

Passer du temps en famille pendant les vacances en France ? Obligé ! Faire des centaines de kilomètres en quelques jours pour arriver à apercevoir tout le monde ? Obligé ! Frôler la crise de foie ? Obligé ! Vous rêviez de repos, de changer d’itinéraire, de rentrer incognito ? Ce sera pour une autre fois ! Les expatriés sont attendus (au tournant ?) lors de leur passage en France.
Actu internationale
En direct d'Asie Pacifique
Expat
Expat - Emploi

Un pâtissier français détenu en Chine depuis cinq mois

Un pâtissier français, employé à Shanghaï d'une chaîne de boulangeries fermée pour raisons sanitaires, est en détention depuis cinq mois en Chine, a révélé sa famille qui a lancé une pétition pour sa libération, une situation que le Quai d'Orsay suit "avec la plus grande attention".
Expat - Politique

GESTION DE CRISE – Les consuls face à l’exceptionnel

Peu importe l’endroit ou le pays dans lequel vous pouvez vous trouver dans le monde : en situation de crise, la France par le biais de ses consuls protège ses concitoyens. Cette année, 89 consuls et consuls généraux exercent leurs missions à travers le monde. Mais attention, ils ne doivent pas être confondus avec les ambassadeurs… Petit tour d’horizon de leurs missions et des actions qu’ils peuvent mener en cas de crise. 
Magazine