UNE ETUDIANTE LILLOISE A JAVA - 24h dans la peau d'une Indonésienne

 

Quand Chloé accepte de suivre Pipin et Punta, deux étudiants indonésiens de son université d’accueil, dans leur ville natale près de Yogyakarta, elle est loin d’imaginer la richesse de la culture qu’elle s’apprête à découvrir. Une escapade touristique qui se transforme vite en excursion au sein de la réalité des habitants du pays. Récit d’une journée à l’indonésienne, vécue par une étudiante française nouvellement arrivée à Jakarta.

Au petit-déjeuner, c’est riz… au déjeuner et au dîner aussi. « Si le repas ne contient pas de riz, alors ce n’est pas un repas » dit un vieil adage indonésien. En ce qui concerne le petit déjeuner de l’hôtel local, pas de chocolat chaud ni de toast au Nutella, mais du riz, une cuisse de poulet et des légumes. Tous les aliments sont soigneusement répartis dans de petits compartiments. Légumes, féculents, protéines… en voilà un petit déjeuner bien équilibré !

A la mode de chez nous

Consciente des coutumes vestimentaires indonésiennes, je délaisse mon mini short au profit d’un pantalon de toile et enfile un gilet fin au-dessus de mon débardeur. Punta arrive, vêtu d’un pantalon et d’un sweetshirt. Je n’imaginais pas les indonésiens frileux au point de mettre un pull sous 30° ! Mais en voyant la sueur perler sur le front de mon ami, je m’aperçus que son choix vestimentaire relevait d’une tout autre raison : « Il ne faut pas que je bronze, finit-il par m’avouer. C’est très mal vu. »

Comme une star de cinéma

Si en France, j’avais un faciès plutôt ordinaire, mes cheveux châtains, ma peau claire et ma taille largement supérieure à la moyenne indonésienne ne manquent pas d’attirer l’œil des locaux. Certains, plus intrépides, me demandent gentiment s’ils peuvent se faire prendre en photos avec moi. « On a même entendu dire que tu ressemblais à une princesse ! » S’exclament mes compagnons, fiers de se promener aux côtés d’une telle célébrité.

A chacun sa moto

Le grand frère de Pipin vient nous chercher à la gare en voiture. Je cherche la ceinture de sécurité, en vain. Sur la route, on me demande si j’ai mon permis. C’est le cas, mais je doute que je puisse conduire dans ce pays où la loi du plus fort semble faire office de code de la route. « Il faudrait peut-être que tu passes le tien d’ailleurs » lance ma voisine au conducteur ! J’avais bien remarqué que les indonésiens avaient quelques difficultés avec le respect des règles de conduite en les voyant griller les feux rouges, mais les gens qui conduisent sans permis, ça dépasse toutes mes attentes ! « Mais que se passe-t-il si tu te fais prendre par la police ? » « Aucun problème, tu leur glisses 50000 Rp (3.5€) et ils te laissent tranquille. »

Juste avant d’arriver chez Pipin, nous croisons le petit dernier de la famille à moto. Il a 12 ans et l’engin fait deux fois sa taille. Une grande majorité des indonésiens possède une moto et les enfants apprennent à piloter ces machines aux alentours de 10 ans, c’est presque culturel.

« tamu adalah raja » : Les invités sont rois

Toute la famille de Pipin est rassemblée dans la maison de sa grand-mère. Une seule personne manque à l’appel : la maman qui est actuellement à la maternité. Dans cette culture transcendée par la confiance et l’honnêteté, je suis accueillie à bras ouverts. J’étais une étrangère mais à présent, je suis un membre de la famille.

Devant la maison, un petit monceau de terre éclairé attire mon attention. Punta m’explique qu’en Indonésie, quand la famille s’agrandit, on enterre le placenta à l’entrée de la maison, pour porter bonheur.

La douche écologique

Nous sommes arrivés depuis une heure et Pipin commence à me regarder bizarrement. « Tu ne vas pas prendre ton bain ? » Pour les indonésiens, se laver à 16h n’a rien d’étonnant. La « salle d’eau » est une petite pièce sans fenêtre avec des toilettes à la turque et une grande bassine d’eau. Pas la moindre trace d’un pommeau de douche. Il faut effectuer une « toilette de chat » ; cela me rappelle mon enfance.

Un repas à 0.25€

Dans ce petit village, pas de soirée dansante le samedi soir. Nous allons dîner chez le voisin qui tient un mini restaurant. Sa spécialité ? Le nasi kucing, littéralement « riz pour le chat ». 8 plats et 4 boissons nous coûtent moins d’un euro. « Tu vois, c’est pour cela qu’on ne voulait pas quitter Yogyakarta ! » plaisantent mes amis, avant de me quitter pour un repos bien mérité.

Merci à Pipin et Punta de m’avoir ouvert leur porte pour me faire découvrir cet univers inconnu. Et même si nos cultures et coutumes sont différentes, j’aime vos sourires, votre accueil, votre simplicité et votre bienveillance. Je n’oublierai pas ces moments partagés et souhaite à tout le monde de pouvoir vivre une telle expérience !

Chloé Glorieux (www.lepetitjournal.com/jakarta) vendredi 21 juillet 2017

(première diffusion le mercredi 18 janvier 2017)

 

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