BOURSE DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS - Les débuts prometteurs d'un jeune avocat indonésien

 De haut de ses 22 ans, Bhirawa Arifi représente parfaitement cette jeunesse indonésienne « biberonnée » à la mondialisation avec néanmoins un sens patriotique aigu au point de vouloir à tout prix mettre ses compétences au service de son pays. Le futur avocat partage ses expériences, son parcours et ses vues très matures sur son pays, sa justice et même l’actualité politique. 

Bhirawa est jeune, trop jeune. Il devra patienter pour exercer le métier pour lequel il se sent une vraie vocation, celui d’avocat d’affaires : en Indonésie, les étudiants en droit peuvent passer le concours du barreau quand ils le souhaitent mais ne peuvent pas être assermentés avant l’âge de 25 ans. Donc le jeune apprenti-associé dans un des cabinets prestigieux et reconnus de Jakarta prépare son concours pour mai 2017 et sait qu’il devra ensuite attendre. Sans doute profitera-t-il de ce temps de latence pour présenter le concours du barreau de Paris. Car Bhirawa a fait une année d’études en France, où il a passé son LL.M en droit français et européen à la Sorbonne grâce à une bourse du Gouvernement français et surtout « le temps le plus merveilleux de ma vie jusqu’à maintenant ». Il y a rencontré de véritables mentors, qui ont déjà influencé ses choix professionnels et avec lesquels il communique par skype régulièrement.

Ses choix professionnels sont d’ailleurs très réfléchis et clairs. Bien que son père l’incitait à une carrière diplomatique comme la sienne, Bhirawa a très vite opté pour le droit. Il fait ses études en Indonésie, alors que ses parents sont en poste à Paris parce que « je veux pouvoir pratiquer mon métier dans mon pays et sans un premier cycle en Indonésie ce n’est pas possible ». Puis il part pour la France alors que ses parents font le mouvement inverse. Pourquoi la France ? Il évoque deux raisons : sa francophonie, il a effectué son collège au Sénégal dans une institution privée - ses parents étaient en poste au Sénégal et l’y ont finalement laissé pendant deux ans dans une famille d’accueil sénégalaise pour lui permettre de passer son Brevet des Collèges. La deuxième raison au choix des études en France est que Bhirawa veut exercer son métier dans le droit des affaires et en particulier dans le commerce international. Or des études de droit en France lui permettait d’avoir accès à la façon de penser des européens en matière juridique, « je suis fasciné par le droit européen », précise-t-il.

Un parcours déjà bien balisé, avec l'éthique comme point de repère 

Son parcours est donc déjà très construit, ce qui impressionne étant donné son âge. « Je veux créer une coopération juridique et stratégique entre l’Europe et l’Asie, entre l’Union Européenne et l’ASEAN » explique-t-il lorsqu’il dévoile ses plans pour l’avenir. Il aurait pu choisir l’autre côté de la « barrière » et servir de pont entre l’Indonésie et l’Europe depuis la France par exemple, répondre favorablement aux sollicitations qu’il a reçues et profiter d’une vie confortable d’expatrié. Mais son ambition il la place aussi au service de son pays : « Nous avons beaucoup de problème au niveau juridique en Indonésie et je veux participer à l’amélioration du système juridique qui est par trop déloyal, corrompu ». Le jeune étudiant, très impliqué dans les associations et les actions anti-corruption du temps de ses études en Indonésie, a aussi choisi le cabinet - Bahar & Partners Law Firm - où il est en train faire ses premières armes au département d’investissement, commerce et industrie dans cette perspective.

Bhirawa est également touchant par sa pondération et sa réserve toutes javanaises. Pas une once de cynisme, d’ironie dans ses propos. Il respecte encore les décisions de ses parents, comme celle de rester installé dans la grande maison familiale de Pasar Minggu alors que son souhait premier était de se trouver un petit appartement en centre-ville. « Nous avons été séparé longtemps et alors que j’étais encore très jeune, alors ma mère préfère m’avoir à ses côtés et comme ça on peut discuter, échanger car nous sommes tous les deux du côté de la Loi, ma mère étant cadre dans la police nationale».

Et bien entendu, le jeune Bhirawa a une conscience politique développée et précise : «  je suis musulman, mais bien sûr je soutiens Ahok. Ces années à l’étranger n’auraient servi à rien si je rejetais la candidature d’Ahok à cause de sa race ou de sa religion. Ce qui importe c’est le travail qui a été fait et ce qu’il compte faire pour Jakarta à l’avenir». 

Amélie Heim (www.lepetitjournal.com/jakarta) mercredi 9 août 2017

(Première diffusion lundi 6 février 2017)

 

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