BILAN POST-VISITE PRÉSIDENTIELLE – De l’euphorie, sans naïveté

Passée l’énergie du moment et après le départ de la caravane présidentielle, que reste-t-il d’une visite d’Etat ? Surtout lorsque la précédente remonte à 31 ans et que l’actuelle arrive à la toute fin d’un mandat dont on sait qu’il ne sera pas renouvelé. Quel impact réel, quelles retombées et quelles suites ? Ce sont les questions que nous avons posées à l’Ambassadeur de France en Indonésie et au chef du service économique, Messieurs Jean-Charles Berthonnet et Pascal Furth, les grands ordonnateurs de la journée-marathon de François Hollande à Jakarta avec tous les services de l’Ambassade de France.

 « Je ne suis pas naïf au point de croire que 260 millions d’Indonésiens rêvent jour et nuit de cette visite, mais on sait classiquement que ce genre de visite, lorsqu’elle se passe bien – ce qui est le cas de celle-ci -,  crée un climat euphorique sur lequel on peut s’appuyer pour essayer d’obtenir d’autres avancées ultérieures » indique d’emblée Jean-Charles Berthonnet. Avant des avancées possibles, les services de l’ambassade sont déjà à pied d’œuvre pour s’assurer que « l’intendance suive » selon l’expression employée par l’Ambassadeur. Il ne s’agit pas de remplacer les entreprises mais de vérifier que les administrations et les services indonésiens qui ont signé des contrats ou des MOU (Mémorandum of Understanding) respectent leurs engagements de façon opérationnelles : « nous allons nous assurer que les feuilles de route sont bien déclinées. Nous ne manquerons pas de travail à l’ambassade dans les mois qui viennent et nous en sommes ravis ». 

Le ton est donné et la France se réjouit de comparer également les retombées de la visite de François Hollande avec celle qui avait fait grand bruit quelques semaines avant en Indonésie, la visite d’Etat du Roi Salman d’Arabie Saoudite : « on a signé plus, nettement plus de contrats » s’enorgueillit l’Ambassadeur.

Mais quelle est la probabilité de réalisation de tous ces contrats ? Le service économique se refuse à établir des probabilités tout en soulignant que les 2,4 milliards de dollars annoncés seront concrétisés à 100% car ils concernent des contrats entre entreprises françaises et indonésiennes.  1,8 milliard de dollar sont par contre soumis à plus d’aléas potentiels car portant sur des contrats ou des MOU impliquant les autorités indonésiennes. On peut donc légitimement penser que cette dernière partie comporte une part de risque de non-réalisation plus importante. Et ce sera bien tout le travail de l’ambassade dans les prochains mois de s’assurer que la part de non-réalisation sera la plus faible possible. « Il faut surtout voir ces MOU signés devant le Président français comme une étape indispensable à leur concrétisation côté indonésien. Dans un pays très administré de ce côté-là, qui souhaite faire les choses dans les règles, ces signatures dans ce cadre représentent un passage obligé et qui permet ensuite d’impulser des discussions de partenariats » précise Pascal Furth. Certains de ces MOU vont déjà faire l’objet de concrétisations très rapide notamment pour le développement de la ville durable ou la fracture numérique.

Reste que la visite du Président de la République Française est intervenue dans la toute dernière ligne de son mandat. Quelle crédibilité lui donner dans ses conditions ? « Tout le monde était conscient de part et d’autre qu’après 30 ans, c’était une visite majeure, et qu’elle a comblé un déficit de dialogue au-delà du timing côté français. Par ailleurs, très clairement, Jokowi cherche à consolider son aura internationale. La visite d’Etat française en fait partie » indique l’Ambassadeur souhaitant que le dialogue restauré au plus haut niveau perdure, sans attendre à nouveau 30 ans, voire même 10 ans. L’ambassade se dit en tout cas prête – après de longues semaines de travail intensif – à préparer la prochaine visite « qui aura lieu dans l’autre sens vraisemblablement : ce serait logique qu’il y ait une éventuelle visite du Président Jokowi en retour, le moment venu », espère Jean-Charles Berthonnet, précisant même qu’elle pourrait avoir lieu à l’automne.

Amélie Heim (www.lepetitjournal.com/jakarta) mardi 11 avril 2017

Crédit Photos : Ambassade de France en Indonésie

 

 

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