Jakarta

ENTREPRISE - Un campus de recherche français au coeur de Jakarta

 

Oberthur Technologies (OT) le nom ne vous évoque peut être rien et pourtant vous utilisez très certainement un de ces produits quotidiennement. Il en va de ces objets très discrets qui renferment une grande technologie et qui nous facilitent la vie sans qu’on s’en aperçoive. O T est la plus grosse société de technologie française implantée en Indonésie. Nous avons rencontré le Directeur pays Eric Alzrai pour tenter de lever le voile et percer à  jour les secrets jalousement gardés dans les bureaux de la société où il est aussi difficile de rentrer que dans dans la salle des coffres de la Banque de France. 

Dès notre arrivée à la réception, Eric Alzrai nous dirige vers une petite vitrine qui renferme tout le savoir-faire de l’entreprise pour une séance de vulgarisation grand public. Y sont exposés des cartes de téléphones, des cartes bancaires ainsi que des papiers d’identité tels que des passeports. OT est l’ un des spécialistes mondiaux du logiciel embarqué. Ces minuscules puces électroniques bourrées d’ informations qui permettent à la fois de communiquer et de sécuriser.  

Les principaux clients en Indonesie sont les opérateurs téléphoniques pour les cartes SIM et les banques pour les cartes bancaires. OT leurs fournit des puces contenant un logiciel qui est spécifique pour chaque client. Le coeur du métier est d’apporter de la sécurité dans trois domaines : la connexion, l’identification et le paiement.

Oberthur compte 7000 employés à travers le monde dont 700 dédiés à la recherche et au développement (R&D). Le plus grand centre en dehors de la France est situé à Jakarta. Le bureau où nous nous trouvons est un centre régional ouvert en 2006 et qui emploie  aujourd’hui 300 personnes dont 250 rien que pour la R&D. “ Nous sommes une usine à produire du logiciel” nous explique Eric Alzrai. “ Nous traitons 200 projets par an. 10% sont développés pour l’ Indonésie et 50% sont des projets génériques ” ajoute-t-il. Il est en effet facile de travailler avec des développeurs installés dans d’autres pays pourtant tout ne s’ exporte pas. Les “ briques” de technologie puisque tel est leur nom qui concernent la sécurité des produits ne quittent pas l’ hexagone. Pour des raisons évidentes de protection de leur “produits” contre la copie certaines données telles que la cryptographie ne sont pas transférables. Un programme peut donc être constitué de briques développées indépendamment les unes des autres dans plusieurs centres de recherche. 

Les projets ne manquent pas pour les équipes d’ Eric Alzrai car l’ Indonésie est un vaste marché où 400 millions de cartes SIM sont vendues chaque année contre 50 millions en France.  En revanche ce qui préoccupe le plus notre interlocuteur c’est le recrutement et la gestion de son personnel. 

La difficile chasse aux talents

Il nous fait visiter avec une fierté légitime les nouveaux bureaux qui occupent deux étages près du ciel dans une haute tour du boulevard Sudirman et nous précise immédiatement qu’il ne faut plus appeler ces espaces des bureaux mais un campus de recherche et développement. Tout est pensé pour apporter un maximum de confort et de convivialité aux dizaines d’ employés aux yeux rivés sur leurs deux écrans d’ ordinateurs. Et oui un ordinateur contient les données sensibles qui ne doivent pas pouvoir être transférées mais seulement utilisées sur place. 

La moyenne d’âge est inférieur à 30 ans. OT embauche souvent ces jeunes recrus à la sortie des Instituts technologiques de Bandung ou de Malang puis les forme pendant 3 mois avec une période de stage en France. Pourtant malgré la vue imprenable sur la ville, les lieux de repos qui ressemblent à des cafés bobos, Eric Alzrai confesse que le turnover reste très élevé dans leur domaine d’activité et avoisine les 12%. Les jeunes se forment puis s’ envolent dans des startup où l’ emploi y est plus incertain mais souvent mieux payé, les startup cherchant à faire des coups et à se revendre rapidement et non à gérer une masse salariale sur le long terme. Pour fidéliser ces jeunes employés, il faut donc savoir s’adapter. En plus d’ un environnement privilégié l’entreprise a depuis peu mis en place un système d’ horaires souples.

Nous nous apprêtons à  passer à nouveau les sas de sécurité pour nous séparer quand Eric Alzrai nous dévoile la dernière technogie de Oberthur l’ OT Motion. Nous inspectons la carte de crédit qu’il nous tend, elle ressemble à toutes les cartes de paiement que nous connaissons et pourtant “enfouie” à l’ intérieur du plastique rigide se trouve une minuscule puce qui permet de modifier le cryptogramme toutes les heures. Ces 3 chiffres que nous gardons jalousement et que nous devons indiquer pour nos achats en ligne. Grâce à ce tour de “ passe -passe” plus de crainte qu’un quidam mal intentionné utilise nos données bancaires à notre insu. 

 Lucie Pech (www.lepetitjournal.com/jakarta) mercredi 14 juin 2017

Crédit photos : C. Kriegel
 
A la Une à Jakarta

AÏD EL-FITR : Jakarta vide comme jamais

Chaque année, à la fin du ramadan, un petit miracle s’accomplit : le centre de Jakarta découvre les joies d’un trafic fluide ! Jakarta Pusat se retrouve ainsi déserté et, pour ainsi dire, démacetisé. 
Une internationale

EXPATRIATION – 10 pays pour booster sa carrière

Etats-Unis, Royaume-Uni, Taïwan... Sur la base des réponses apportées par 14.000 personnes expatriées (de toutes nationalités), la dernière enquête publiée par InterNations compile les pays où il faut s’expatrier si l’on veut booster sa carrière. L'Europe est mal classée.
Actu internationale
En direct d'Asie Pacifique
Expat
Expat - Emploi

EXPATRIATION – 10 pays pour booster sa carrière

Etats-Unis, Royaume-Uni, Taïwan... Sur la base des réponses apportées par 14.000 personnes expatriées (de toutes nationalités), la dernière enquête publiée par InterNations compile les pays où il faut s’expatrier si l’on veut booster sa carrière. L'Europe est mal classée.

COACHING - Le sacrifice du conjoint suiveur

Selon une enquête récente auprès de la population francophone expatriée, 49% des conjoints suiveurs en recherche d’emploi auraient le sentiment d’avoir sacrifié leur carrière*. Ce chiffre m’a interpellée, car je trouve cela dommage de voir autant de personnes qui voient leur expatriation comme un sacrifice de leur carrière. 
Expat - Politique
Magazine